Une femme licenciée pour avoir travaillé à distance depuis la France perd son appel
Qu’arrive-t-il à vos droits du travail au Royaume-Uni si vous déménagez en France
Une femme a perdu un procès devant le tribunal du travail pour licenciement abusif après que l’entreprise britannique pour laquelle elle travaillait l’a licenciée après avoir déménagé en France et continué à travailler à distance depuis son domicile français.
Iryna Malyk a travaillé chez Teleperformance Contact Ltd en tant que partenaire financier régional (Europe) de mai 2022 jusqu’à son licenciement en août 2024.
Son contrat décrivait son lieu de travail principal comme étant son « bureau à domicile ». Le bureau de Bristol de l’entreprise a fermé ses portes en septembre 2022, après quoi elle a travaillé entièrement à domicile.
Puis, en juin 2024, Mme Malyk a déclaré à son manager que son mari avait trouvé du travail en France et qu’elle souhaitait s’y installer. Elle a demandé si elle pouvait continuer à travailler depuis la France ou passer à un contrat français.
Cependant, son manager lui a dit qu’elle ne pouvait pas travailler de façon permanente depuis la France dans le cadre de son contrat britannique et qu’il n’y avait pas de poste qui lui convenait en France.
L’entreprise a déclaré que l’embaucher depuis la France créerait des problèmes juridiques et fiscaux et qu’il n’était pas financièrement viable de la faire passer à un contrat français.
Mme Malyk a néanmoins déménagé en France en juillet 2024 et a continué à y travailler. L’entreprise lui a dit qu’elle devait travailler depuis le Royaume-Uni, mais qu’elle a continué à travailler depuis la France.
Elle a ensuite fait l’objet d’une enquête avant d’être licenciée en août 2024.
Mme Malyk a contesté le licenciement, arguant que son contrat lui permettait de travailler à domicile et ne précisait pas expressément que son domicile devait être au Royaume-Uni.
Qu’a décidé le tribunal ?
Le tribunal du travail a estimé que le licenciement était équitable et que le contrat de Mme Malyk ne lui donnait pas le droit de travailler n’importe où dans le monde.
Bien que le contrat ne précise pas spécifiquement qu’elle devait travailler au Royaume-Uni, il indiquait que l’adresse de son domicile était Bristol, décrivait son lieu de travail principal comme son « bureau à domicile » et contenait des références à la loi britannique et à son éligibilité à travailler au Royaume-Uni.
L’entreprise l’a licenciée pour ce que le droit du travail appelle « une autre raison substantielle », un motif de licenciement potentiellement juste en vertu de la loi britannique sur les droits en matière d’emploi de 1996.
Le tribunal accepta la préoccupation de l’employeur selon laquelle il ne pouvait pas continuer à employer Mme Malyk de manière permanente en France dans le cadre de son contrat britannique en raison des conséquences juridiques potentielles en France.
Le tribunal a toutefois déclaré qu’il aurait été utile que l’entreprise fournisse à Mme Malyk des informations plus précises sur les risques juridiques à un stade précoce.
Pourquoi le télétravail depuis la France est-il différent ?
Cette affaire ne signifie pas qu’un employé britannique ne pourra jamais travailler à distance depuis la France.
Cela montre cependant qu’un employé autorisé à travailler à domicile ne peut pas supposer qu’il peut déménager dans un autre pays sans l’accord de son employeur.
Il peut également y avoir des conséquences fiscales et sociales lorsqu’un salarié commence à travailler de manière permanente en France pour un employeur étranger.
L’Urssaf précise que lorsqu’une entreprise étrangère n’a pas d’établissement en France mais emploie un travailleur relevant du système de sécurité sociale français, elle doit déclarer le salarié et payer les cotisations sociales correspondantes en France.
La fiscalité peut également être affectée. Personne qui s’installe définitivement en France et y réside pendant plus de 183 jours par an sera généralement considéré comme un résident fiscal français et devra normalement payer des impôts en France sur ses revenus, sous réserve des règles de la convention fiscale entre le Royaume-Uni et la France.
