Lutte contre les moustiques en pleine épidémie de Chikungunya dans le sud-ouest de la France

Des opérations de lutte contre les moustiques sont en cours dans certaines parties du sud-ouest de la France suite à une épidémie de plus de 20 cas de chikungunya acquis localement dans la région.

La maladie est généralement associée aux régions tropicales et subtropicales mais la propagation du moustique tigre asiatique en France métropolitaine fait que les populations peuvent désormais contracter le chikungunya sans voyager à l’étranger.

Depuis le 1er mai, 105 cas importés de chikungunya, 295 de dengue et 10 de Zika ont été enregistrés, selon Santé publique France.

Au 10 août, 17 cas de chikungunya contractés localement avaient été signalés, dont deux récemment dans le Tarn. Johanna Fite, experte en lutte anti-vectorielle à l’Anses, a qualifié la situation de « bombe à retardement de santé publique », rapporte Franceinfo.

En 2026, Santé publique France (l’agence nationale de santé publique française) a déclaré que le moustique tigre était désormais implanté dans 83 départements de métropolemême si ses effectifs varient d’un département à l’autre.

Depuis la publication de ses chiffres, de nouveaux cas de chikungunya ont été identifiés, portant à plus de 20 le nombre de cas contractés localement.

Pour le moment, les foyers sont principalement concentrés en Gironde et dans le Tarn, avec des cas également signalés autour de Toulouse, au nord de Bordeaux.

16 cas dans un village de Gironde

Seize des cas sont concentrés sur la commune de Prignac-et-Marcamps, au nord de Bordeaux. Un cas se trouve à Saint-Médard-en-Jalles.

Prignac-et-Marcamps compte environ 1 500 habitants et se situe sur la rive droite de la rivière Dordogne, traversée par le ruisseau Moron qui traverse sa rive ouest. La commune comprend également de nombreuses zones humides.

Cette forte présence d’eau pourrait offrir davantage de possibilités de collecte d’eau stagnante, là où les moustiques tigres se reproduisent, même s’il n’est pas clair si la géographie locale est le seul facteur contribuant au nombre inhabituellement élevé de cas.

Depuis lors, opérations de lutte contre les moustiques ont été réalisées. A Prignac-et-Marcamps, les activités sportives de plein air dans l’enceinte de la commune, notamment le stade, le terrain de football et le court de tennis, ont également été interdites par arrêté municipal.

Le maire a également demandé aux habitants de coopérer avec les équipes de lutte contre les moustiques. Il a précisé que suite à la détection de plusieurs cas de chikungunya, des « opérations de surveillance et de traitement » étaient en cours pour limiter la propagation du moustique tigre.

Deux opérations de traitement avaient déjà eu lieu dans des zones identifiées par l’autorité régionale de santé mais des interventions supplémentaires à travers la commune ont été jugées nécessaires « pour limiter autant que possible le risque de propagation ».

À partir du 17 août, des spécialistes de la lutte contre les moustiques travaillant avec les autorités sanitaires devaient effectuer des visites porte-à-porte. Leur travail consiste notamment à identifier les sites potentiels de reproduction des moustiques et à préparer ou réaliser un traitement approprié.

Résidents il a également été demandé d’éliminer l’eau stagnante où les moustiques peuvent se reproduire. La municipalité conseille de mettre à couvert les seaux, arrosoirs, jouets d’enfants et autres objets pouvant recueillir l’eau, de vider les soucoupes de plantes et autres petits récipients au moins une fois par semaine et de couvrir les récupérateurs d’eau de pluie.

Par ailleurs, la région parisienne d’Aulnay-sous-Bois a annoncé et mené une nouvelle opération de lutte contre les moustiques le 18 août après l’apparition de gîtes larvaires de moustiques tigres potentiellement porteurs de maladies vectorielles.

Il a été demandé aux habitants des rues concernées de protéger les meubles de jardin, les jouets et les vêtements avant le traitement, de rester à l’intérieur et de garder les fenêtres fermées pendant l’opération.

La municipalité a conseillé aux habitants d’attendre trois jours avant de consommer les fruits et légumes de leur jardin après le traitement et de nettoyer le mobilier de jardin.

Le traitement consiste généralement à pulvériser une fine brume d’insecticide autour des zones où se trouvent des personnes infectées et dans un rayon limité pour tuer les moustiques tigres adultes et réduire le risque de transmission ultérieure.

Des opérations de démoustication ont également été menées à Saint-Christoly-de-Blaye, Cavignac et Blaye en Gironde. Dans le Tarn, des opérations ont également eu lieu à Mazamet, Lisle-sur-Tarn et Labastide-Rouairoux, suite à la détection de cas. Trois communes proches de Toulouse : Cugnaux, Seysses et Brax ont également été traitées.

Moins de cas jusqu’à présent mais le risque n’est pas écarté

Le nombre de cas de chikungunya contractés localement est actuellement bien inférieur à celui de l’année dernière. À la mi-août 2025, 154 cas avaient été enregistrés, contre 25 au 17 août de cette année.

Toutefois, les chiffres inhabituellement élevés de l’année dernière étaient en grande partie liés à une épidémie à la Réunion, qui a entraîné la propagation du virus en France métropolitaine.

Le risque n’a cependant pas disparu. Le temps chaud et sec semble avoir réduit l’activité des moustiques tigres jusqu’à présent cette année, mais leur nombre pourrait à nouveau augmenter lorsque les pluies reviendront en septembre, entraînant potentiellement davantage de cas.

Quelle est la gravité du chikungunya ?

La maladie ne met généralement pas la vie en danger, mais elle peut provoquer des symptômes graves tels qu’une fièvre soudaine, des douleurs articulaires intenses, des douleurs musculaires, des maux de tête, de la fatigue et parfois une éruption cutanée.

Même si la plupart des gens guérissent, les douleurs articulaires peuvent parfois persister pendant des semaines ou des mois, ce qui rend plus vulnérables les personnes âgées, les nouveau-nés et les personnes souffrant de certains problèmes de santé sous-jacents.

Comment pouvez-vous vous protéger ?

Autorités sanitaires recommander plusieurs mesures simplesnotamment dans les zones où une transmission locale a été détectée :

  • Portez des vêtements amples et longs qui couvrent les bras et les jambes

  • Utiliser un anti-moustique approprié sur la peau exposée (recherchez celles où ces trois molécules sont présentes : DEET, IR3535 et icaridine)

  • Utiliser des moustiquaires, notamment pour les bébés

  • Utilisez un ventilateur ou un circulateur d’air pour rendre plus difficile l’atterrissage des moustiques.

  • Vider les récipients contenant de l’eau au moins une fois par semaine

  • Rangez les seaux, arrosoirs, jouets et autres objets à l’abri

  • Couvrir les réservoirs d’eau de pluie et autres réservoirs d’eau

  • Gardez les gouttières et les drains dégagés

« Pour les moustiques, notamment les moustiques tigres, les ventilateurs peuvent être très efficaces car ils volent mal. Si vous avez un ou deux ventilateurs de taille raisonnable qui soufflent de l’air vers vos jambes ou votre corps, le moustique aura du mal à vous atteindre. Au bout d’un moment, il abandonne et s’en va ailleurs », expliquait Grégory L’Ambert, responsable de l’unité préventive de lutte contre les moustiques tigres et de santé publique à l’EID Méditerranée. La connexion.

Le moustique tigre est particulièrement actif en journée, notamment le matin et en fin de journée.

Si vous développez l’un des symptômes énumérés ci-dessus, vous devez contacter rapidement un médecin, surtout si vous avez voyagé dans une zone où la maladie circule.

Enfin, s’ils sont diagnostiqués, les cas doit être signalé aux autorités sanitaires.

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