Retraites et charges sociales du gouvernement britannique : la loi française a-t-elle changé ?

Un lecteur rapporte qu’un comptable lui a expliqué que de nouvelles règles affecteraient ces revenus à partir de 2025

Une certaine confusion demeure quant au traitement correct des retraites du gouvernement britannique

Question du lecteur : je suis un policier britannique à la retraite et je bénéficie d’une pension « gouvernementale ». Je suis résident fiscal en France depuis 2021. Jusqu’à présent je n’étais pas soumis aux charges sociales, un crédit étant appliqué équivalent aux charges fiscales et sociales qui auraient été prélevées. Cependant, pour l’année fiscale 2025, mon comptable insiste sur le fait que ma pension du gouvernement britannique sera soumise à des charges sociales et que je devrais les déclarer en conséquence.

Son raisonnement est que quelque chose a été modifié par les députés en décembre, ce qui a « comblé une lacune » pour certains citoyens non européens résidant en France. Il dit que cela signifie que je relève du régime de soins PUMA et qu’étant donc affilié à l’obligation médicale française, les charges sociales doivent être appliquées sur ma pension de police jusqu’à ce que je dispose d’un formulaire S1.

Tout au long de l’année 2025, les lecteurs ont de plus en plus signalé que certains services fiscaux français locaux imposaient des charges sociales sur leurs retraites du gouvernement britannique, alors que cela n’avait généralement pas été le cas les années précédentes.

C’était souvent le cas des personnes bénéficiant d’une pension gouvernementale qui ne recevaient pas (ou pas encore) de pension publique de leur pays d’origine.

Après Les procédures ‘MAP’ ont été lancées par certaines des personnes concernées – dans cette affaire impliquant un dialogue entre des agents fiscaux britanniques et français – les autorités françaises ont confirmé que ce traitement était incorrect.

Nous n’avons connaissance d’aucun changement voté en décembre de l’année dernière qui aurait renversé cette situation.

Le comptable fait peut-être référence au fait que la loi de financement de la sécurité sociale, votée en décembre, a prévu à l’article 53 des règles mettant en place une nouvelle « participation financière » (redevance) pour certaines personnes vivant en France de revenus étrangers exonérés de charges sociales en raison des conventions fiscales.

Cela peut inclure les personnes qui perçoivent des pensions « gouvernementales » britanniques (« gouvernementales », faisant référence à certaines pensions du secteur public, telles que celles versées à d’anciens policiers ou à des enseignants d’écoles publiques).

La nouvelle taxe, qui n’a pas encore été mise en œuvre (un décret est attendu), confirme que les personnes qui ont droit à la couverture santé française selon le principe PUMA (soins par résidence), devraient s’acquitter d’une redevance si, en raison des règles du traité, elles ne paient pas déjà les charges sociales françaises.

Il s’agira probablement d’une nouvelle redevance spécifique pour les soins de santé et non d’une nouvelle charge sociale (prélèvement social) qui sera prélevé sur certaines catégories de revenus. Le montant de la taxe n’a pas encore été précisé.

Notez qu’une minorité de ces personnes paient déjà des frais appelés cotisation subsidiaire maladiemais seulement là où ils disposent de revenus d’investissement substantiels.

Cette nouvelle règle confirme également le fait que la France s’attend aujourd’hui à ce que ceux qui sont des résidents stables en France rejoignent le système national de santé (par exemple, au lieu de rester indéfiniment dans le cadre d’une police privée complète), alors que c’était déjà le cas sur la base des lois précédentes.

Traitement en France de certains revenus de pension étrangers

Les personnes affiliées au système de santé français – sauf si leurs soins sont pris en charge par un autre pays dans le cadre du régime britannique/européen S1 – sont considérées à la charge de (une responsabilité du) système français.

Ils ne bénéficient donc pas d’une exonération spécifique de charges sociales françaises relative aux revenus de retraite étrangers perçus par les personnes dont les frais de santé ne sont pas pris en charge par le système français. Cela peut inclure, par exemple, les pensions publiques et privées des retraités britanniques, qui ont droit aux formulaires UK S1.

Le avis (notes) au formulaire d’impôt sur le revenu étranger 2047, à la page 3, sous le titre Revenus de source étrangère imposables aux contributions socialesconfirme la règle selon laquelle les revenus de pension étrangers (appelés revenus de remplacement car il remplace les revenus du travail) n’est pas soumis aux charges sociales de la CSG et de la CRDS si le bénéficiaire ne constitue pas une charge pour le système de santé français.

Ceci s’applique également, le cas échéant, à la charge sociale CASA sur les retraites supérieures.

On constate également que toute personne résidant en France et affiliée à la sécurité sociale mais ne bénéficiant pas du S1 serait considérée comme une charge pour le système français, qu’elle paie ou non une redevance pour cela.

Règle de la convention de double imposition

Cependant, indépendamment de cette règle, les revenus de pension du gouvernement britannique des retraités britanniques en France sont exonérés des charges sociales françaises en raison d’une règle différente dans la convention de double imposition entre le Royaume-Uni et la France.

Le traité traite les charges sociales de la même manière que l’impôt sur le revenu, en les regroupant sous forme d’« impôt français » au sens des règles du traité, à l’article 2.

L’article 19 (pensions gouvernementales) stipule que les pensions gouvernementales britanniques des Britanniques en France ne sont imposables qu’au Royaume-Uni et l’article 21 (élimination de la double imposition) énonce la règle selon laquelle pour ce type de revenus un crédit d’impôt français est accordé, annulant le montant de « l’impôt français » théorique (il existe une exception lorsque le bénéficiaire d’une pension gouvernementale britannique vit en France et est français, et uniquement français).

La DGFiP (administration centrale des impôts) a confirmé à La connexion L’année dernière, ces charges forment un ensemble « indivisible » avec l’impôt sur le revenu lorsqu’elles sont appliquées aux pensions des services gouvernementaux britanniques, ajoutant qu’« il n’est pas possible de prélever des charges sociales sur ces revenus perçus par les ressortissants britanniques fiscalement résidents en France ».

Il n’y a rien dans l’article 53 de la loi de financement de la sécurité sociale qui puisse changer cette situation ou renverser une règle de convention de double imposition.

En outre, même si tel était le cas, les règles des traités ont une autorité juridique plus élevée que les lois adoptées par le parlement national.

Nous ne voyons donc toujours pas de raison pour que les revenus des pensions du gouvernement français soient soumis aux charges sociales françaises, que le bénéficiaire dispose ou non d’un S1.

Vous pouvez en savoir plus sur le traitement fiscal français des pensions du gouvernement britannique dans notre guide Impôt sur le revenu français 2026.

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