La Chine exécute un citoyen français reconnu coupable de trafic de drogue
La Chine a confirmé l’exécution de Chan Thao Phoumy, 62 ans de nationalité française et né au Laos, condamné en 2010 pour trafic de drogue, comme l’a rapporté l’ambassade de Chine en France via la plateforme WeChat. Le procès a été marqué par des irrégularités, selon le ministère français des Affaires étrangères, même si Pékin affirme n’avoir fait aucune discrimination à l’encontre des accusés en fonction de leur nationalité.
La France a condamné l’exécution de Phoumy. Le ministère des Affaires étrangères a déployé de multiples efforts pour éviter la peine après vingt ans de prison, « y compris ses efforts pour obtenir une grâce humanitaire pour notre compatriote ».
Les irrégularités judiciaires signalées par le gouvernement français font référence au refus d’accès de son équipe de défense à l’audience finale, ce qui constitue une violation de leurs droits. « Nous adressons nos plus sincères condoléances à sa famille, dont nous partageons la douleur. La France réitère son opposition, partout et en toutes circonstances, à la peine de mort et plaide pour son abolition universelle », conclut le communiqué des Affaires étrangères.
De son côté, le ministère chinois des Affaires étrangères a souligné que « la lutte contre les crimes liés à la drogue est une responsabilité partagée de tous les pays » et que la Chine traite tous les prisonniers « de manière égale », en traitant « les cas de manière rigoureuse et équitable conformément à la loi, et en protégeant les droits légitimes et le traitement équitable des parties impliquées », indique-t-il. Le Monde.
Chan Thao Phoumy a été arrêté en mars 2005 et condamné à la prison à vie. Son arrestation intervient dans le cadre d’une vaste opération antidrogue contre 89 personnes et 16 centres de production de drogue. Sa petite amie de l’époque a également été arrêtée et condamnée à quatre ans de prison à Hong Kong en janvier 2011 pour avoir blanchi une partie de l’argent provenant du trafic de drogue.
Deux ans plus tard et après l’apparition de nouvelles preuves, il a été soumis à un nouveau procès en août 2010, au cours duquel le tribunal cantonal a prononcé la peine de mort pour fabrication, transport, contrebande et trafic de méthamphétamine. Ainsi, il était accusé de faire partie d’un réseau avec sept autres trafiquants qui auraient produit des tonnes de cette drogue de synthèse en Chine entre 1999 et 2003.
La Chine procède à des milliers d’exécutions par an
Le nombre exact d’exécutions annuelles effectuées par la Chine est gardé secret d’État, tout comme en Corée du Nord ou au Vietnam. Or, le dernier rapport d’Amnesty International – correspondant à 2024 – estime que le géant asiatique est « le pays avec le plus grand nombre d’exécutions au monde », avec « des milliers de personnes condamnées à mort et exécutées chaque année ».
Le procès de Chan Thao a coïncidé avec une époque où la Chine prononçait plusieurs condamnations à mort contre des citoyens étrangers. En fait, quatre Japonais ont été exécutés à cette époque après avoir été arrêtés dans un aéroport pour avoir tenté de faire monter plusieurs kilos de drogue dans des avions à destination de leur pays.
En décembre 2009 a eu lieu la première exécution d’un citoyen européen depuis 1951. Le Britannique Akmal Shaikh a été arrêté en 2007 à l’aéroport d’Urumqi, dans le Xinjiang, lorsque quatre kilos d’héroïne répartis en deux paquets ont été découverts dans ses bagages. Cheikh souffrait de problèmes de santé mentale, selon l’ONG Repriev.
La Chine considère la peine de mort contre les citoyens étrangers comme un acte de souveraineté, quel que soit l’effet qu’elle peut avoir sur les relations diplomatiques avec les pays concernés. La preuve en est l’exécution en mars 2025 de quatre trafiquants de drogue canadiens, qui a déclenché des protestations au Canada.
Dans le même esprit, un autre citoyen canadien, Robert Lloyd Schellenberg, a été initialement condamné à 15 ans de prison pour trafic de drogue jusqu’à ce qu’en 2019, un tribunal ait augmenté sa peine de mort, en appel. Cette procédure judiciaire s’est déroulée dans un contexte de tensions entre Pékin et Ottawa en raison de l’arrestation à Vancouver du directeur financier de Huawei.
La Cour populaire suprême de Chine, chargée d’examiner tous les cas de peine de mort, a annulé la condamnation de Schellenberg en février 2026, coïncidant avec le rapprochement entre le premier ministre du Canada, Mark Carney, et le président chinois, Xi Jinping.
