Lecornu fait face à deux nouvelles motions de censure au milieu des protestations des agriculteurs
Sébastien Lecornu, le Premier ministre français, fait face à deux motions de censure de l’Assemblée nationale. La France Insoumise (LFI) et le Groupe national (RN) l’accusent de son incapacité à bloquer l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur signé samedi 17 janvier. On estime toutefois qu’ils auront peu de chances de prospérer en raison du vote anticipé des autres groupes d’opposition. Le Parti socialiste et Les Républicains (LR) ont annoncé qu’ils ne soutiendraient aucune des deux motions de censure.
Bien qu’il ait voté contre l’accord UE-Mercosur, Emmanuel Macron, président de la République française, a été critiqué pour ne pas avoir fait plus pour empêcher la mise en œuvre de l’accord, tant par LFI que par le RN. Les agriculteurs français considèrent le traité comme une concurrence déloyale envers les produits nationaux. L’accord va maintenant être débattu par le Parlement européen à Strasbourg.
Les problèmes que traîne le gouvernement français
L’instabilité règne au sein du gouvernement français ces derniers mois. L’exécutif dirigé par Lecornu est devenu le gouvernement le plus court depuis la fondation de la Ve République en 1958. Le 9 septembre, Sébastien Lecornu a été nommé Premier ministre après que Macron ait reçu la démission de François Bayrou. Cependant, l’effondrement total s’est produit à peine 12 heures après la nomination officielle du nouveau cabinet des ministres. Le climat de méfiance à l’égard de l’Assemblée nationale était une conséquence directe de la chute rapide du gouvernement Lecornu. Tant l’opposition que certaines parties de leur propre coalition n’ont pas accepté de continuer avec un groupe qui continuait à représenter la crise dans laquelle se trouvait le pays. Macron a été contraint d’accepter la démission de Lecornu, ce qui a laissé le pays dans un vide de pouvoir auquel la motion de censure cherche à mettre fin de manière décisive.
Il convient de noter que l’effondrement du gouvernement français n’est pas uniquement dû à des divergences de propagande, mais à un réseau d’« ambitions » et de « trahisons » personnelles centrées sur la succession présidentielle de 2027. Lecornu, lors de sa démission, a fait savoir que ses fonctions ne pourraient pas être exercées parce que les conditions n’étaient pas réunies en raison du nombre de ses propres alliés politiques. La coalition de centre-droit s’est dissoute parce que LR, le parti de droite traditionnel, exigeait une représentation proportionnelle qui n’a pas pu être réalisée. Cela a généré une atmosphère de fracture alimentée par des personnalités politiques comme l’ancien Premier ministre Edouard Philippe qui a publiquement demandé au président de la nation de démissionner en déclarant que le jeu politique du moment est « douloureux ».
Macron a dû recourir à l’article 12 de la Constitution française pour interroger les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat sur la possibilité de dissoudre la Chambre face à une impasse. Cette démarche vise à apporter une solution par les urnes et coïncide avec le sentiment de rejet qui envahit les rues françaises. Une enquête réalisée par Odoxa-BackBone pour Le Figaro indique que 70 % des citoyens soutiennent la démission du président et 87 % le considèrent comme le principal responsable du chaos.

Les réactions des personnalités politiques
Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI, exige le limogeage immédiat de Macron. De même, Le Pen qualifie la gestion du président de « pathétique ». De son côté, Olivier Faure, homme politique socialiste, estime que la France est devenue « l’homme malade de l’Europe » aux yeux de ses partenaires internationaux.
La première motion de censure qui sera débattue est celle de LFI. Son argument repose sur l’accusation d’avoir permis la capitulation de la France devant la Commission européenne. Sont votés en faveur de cette motion : les communistes, les députés d’extrême droite et peut-être aussi les écologistes, selon El Confidencial.
La motion du groupe parlementaire de Marine Le Pen suit l’itinéraire. Il accuse le gouvernement de ne pas utiliser tous les moyens possibles pour éviter l’accord UE-Mercosur. De plus, ces motions visent à soutenir les agriculteurs qui protestent depuis des mois contre le Mercosur.
