L'Espagne envisage de rejoindre la France et l'Allemagne dans une mission de surveillance européenne au Groenland

L’Espagne envisage de rejoindre la France et l’Allemagne dans une mission de surveillance européenne au Groenland

La tension géopolitique dans l’Arctique a pris un nouveau bond ce mercredi avec l’annonce par plusieurs pays européens d’envoyer des troupes au Groenland, en réponse aux menaces répétées du président des États-Unis, Donald Trump, de prendre le contrôle de l’île. Dans ce contexte, l’Espagne maintient une position prudente, sans pour autant fermer la porte à une éventuelle participation à une mission européenne limitée.

La ministre de la Défense, Margarita Robles, a reconnu qu’une contribution espagnole n’était pas exclue, mais a insisté sur la nécessité de « ne pas faire avancer les événements » et d’agir avec prudence. « Renforcer la surveillance au Groenland serait une option, par exemple, mais nous verrons tout au long de la journée. Il ne faut pas se précipiter », a-t-il déclaré à son arrivée au Congrès des députés, où il a comparu devant la Commission des secrets officiels.



Les paroles de Robles surviennent à un moment marqué par d’intenses réunions diplomatiques et militaires entre alliés européens. La France, l’Allemagne, la Suède et la Norvège ont déjà confirmé l’envoi de troupes ou d’officiers sur le territoire autonome danois pour explorer des formules de coopération renforçant la sécurité dans la région, en coordination avec Copenhague et dans le cadre de l’OTAN.

« Nous sommes en contact permanent avec nos alliés », a souligné le ministre espagnol, qui a précisé que toute éventuelle mission européenne aurait un profil strictement de surveillance, sans composantes offensives. « Tout au long de la journée, nous voyons ce qui est sur la table et, sur cette base, des décisions seront prises », a-t-il ajouté, faisant appel à la discrétion à un moment particulièrement délicat.

La France et l’Allemagne prennent l’initiative

Parmi les mouvements les plus pertinents figure celui de la France, qui rejoindra une mission militaire européenne en envoyant un petit détachement. Selon le journal Le Mondeimpliquera des troupes de montagne qui participeront à un exercice conjoint avec le Danemark axé sur l’exploration et les opérations dans les environnements arctiques. Les détails de cette mission seront dévoilés ce jeudi par le président Emmanuel Macron lors de son discours de nouvel an aux armées.

L’Allemagne a également confirmé sa participation. Berlin enverra des troupes entre le 15 et le 17 janvier, à l’invitation du Danemark, pour mener des activités de reconnaissance sur l’île. Le ministère allemand de la Défense a souligné que cette initiative s’inscrivait dans le cadre de la coopération alliée et répondait à la montée des tensions dans l’Arctique.

Le rôle clé des pays nordiques

Le mouvement européen a été largement tiré par les pays nordiques. La Suède et la Norvège ont annoncé l’envoi immédiat d’officiers militaires au Groenland, à la demande du Danemark. Le Premier ministre suédois Ulf Kristersson a confirmé que les troupes participeraient à la préparation de manœuvres militaires conjointes.

Le Danemark, de son côté, a annoncé un renforcement soutenu de sa présence militaire dans et autour de l’île, avec davantage d’avions, de navires et de soldats, y compris des alliés de l’Otan. L’objectif, selon le ministère danois de la Défense, est de former la capacité à opérer dans des conditions extrêmes et de renforcer l’empreinte alliée dans l’Arctique, une région de plus en plus stratégique.

Bruxelles et l’avertissement à Washington

L’escalade a également provoqué une réaction politique à Bruxelles. Les principaux groupes du Parlement européen ont condamné sans équivoque les déclarations de Trump, les qualifiant de « défi flagrant au droit international » et rappelant que toute décision sur le Groenland correspond uniquement à l’île et au Danemark.

Malgré cela, Trump a redoublé de pression. Dans un message publié dans Truth Social, il a insisté sur le fait que « les États-Unis ont besoin du Groenland pour leur sécurité nationale » et a lié son contrôle à l’efficacité de l’OTAN et à la construction du soi-disant « Dôme d’Or », son ambitieux système de défense anti-missile. Ce même mercredi, des représentants du Danemark, du Groenland et des États-Unis – dont le secrétaire d’État Marco Rubio – se sont réunis à Washington pour explorer une solution diplomatique à la crise.





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