La France regarde vers l’avenir et propose une stratégie pour encourager les jeunes à avoir des enfants
La France, comme la plupart des pays occidentaux, se trouve à un carrefour démographique. Les Français ont de moins en moins d’enfants et leur taux de natalité est à des niveaux historiquement bas. C’est une question qui inquiète le gouvernement et qui le fait réfléchir sur l’avenir de la région, puisque cette chute arrive plus tôt que prévu par les experts.
Les données actuelles sont inquiétantes. En 2025, 645 000 personnes sont nées dans le pays, ce qui représente une diminution de 2,1 % par rapport aux données de l’année précédente et d’environ 24 % au cours des 15 dernières années.
C’est pour cette raison que l’exécutif français a élaboré un ensemble de 16 mesures pour inverser la situation. Le plus frappant d’entre eux est l’envoi d’une lettre à des personnes de 29 ans dans le but de les sensibiliser au problème national de la démographie, d’informer sur des méthodes telles que la congélation des ovules et de chercher à promouvoir les investissements dans les traitements de fertilité et la procréation assistée.
De même, il abordera également des sujets tels que les questions liées à la contraception et à la santé sexuelle. L’objectif est de motiver et d’orienter celles qui ont des difficultés à concevoir un bébé, un problème qui touche un couple sur huit en France. Dans le cadre de sa stratégie de natalité, le gouvernement français envisage d’introduire un « paiement familial universel » de 250 euros par mois pour le premier enfant.
Le plan promu par le ministère de la Santé a suscité une certaine controverse. À plusieurs reprises, la ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, a déclaré que l’objectif de l’Exécutif n’est pas de décider ce que les citoyens doivent faire ni de faire pression sur eux, mais d’informer la population pour qu’elle ne mette pas en pratique une idée sans la connaître, comme avoir un enfant à un âge plus avancé.
Une préoccupation de l’État
L’urgence de résoudre ce problème était déjà évidente il y a deux ans. En 2024, le président français Emmanuel Macron a élaboré un plan et assuré que le redressement de la natalité était essentiel pour responsabiliser la région : « Notre France sera également plus forte grâce au rebond de la natalité. Jusqu’à récemment, nous étions un pays dont la force résidait dans cela. (…) Ce n’est plus le cas », a déclaré le président.
La baisse de la natalité qui menace la France n’est pas une problématique nouvelle, même si elle est aujourd’hui bien plus prononcée. Les femmes du pays ont en moyenne 1,56 enfants et selon les informations publiées par l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), il y a eu l’année dernière 645 000 naissances en France contre 651 000 décès. Son taux de natalité en 2023 était d’environ 1,65. En Espagne, c’est 1,10 enfant par femme.
« Nous sommes dans un processus de réduction de la baisse de la fécondité non seulement en Europe, mais c’est un processus mondial. Dans le cas de l’Europe, les pays du sud, principalement l’Espagne, l’Italie et aussi la Grèce, sont aux niveaux de fécondité les plus bas du monde avec le cas coréen », explique Diego Ramiro, directeur de l’Institut d’économie, de géographie et de démographie du CSIC auquel il a eu accès. Vozpopuli.
L’économie, un facteur clé
La baisse de la natalité et de la fécondité révèle un changement en France, et bien qu’elle soit traditionnellement l’un des pays où la fécondité est la plus élevée en raison des fortes politiques natalistes mises en œuvre depuis l’après-guerre, c’est un événement au firmament lié aux valeurs et à la situation économique et sociale que vivent actuellement les gens.
Pour beaucoup, la situation actuelle rend presque impossible pour les citoyens d’envisager d’avoir des enfants. « Si vous constatez qu’il y a une situation instable, que le logement est à des prix qui ne sont pas abordables, que vous ne pouvez pas quitter le domicile parental, que vous n’avez pas le financement ou les fonds pour pouvoir élever des enfants dans les conditions requises, alors vous allez décider de ne pas en avoir ou de retarder le fait d’avoir des enfants », explique l’expert. À cela s’ajoute également le fait que les jeunes commencent de plus en plus leur vie professionnelle, puisqu’une grande partie d’entre eux consacre plusieurs années à étudier.
Comme l’indiquent les données de l’OCDE, 47 % des jeunes français âgés de 20 à 29 ans vivent encore chez leurs parents. Différents experts doutent que l’envoi d’une lettre soit la solution à un problème qui tourmente la France depuis des années, car la situation environnementale, économique et personnelle de chaque individu est difficile à changer.
« Ce type de mesures n’a généralement pas eu de succès », explique Diego Ramiro : « Dans le cas de la Hongrie, un pays où de gros investissements ont été réalisés dans les politiques pronatales, la fécondité est passée temporairement de 1,3 à 1,6 puis est revenue à 1,3. En Chine, ils ont supprimé la politique de l’enfant unique en pensant que cela augmenterait la fécondité et on a constaté qu’elle n’a pas augmenté », ajoute-t-il.
Les tendances historiques jouent également un rôle important en la matière. En l’occurrence, il y a eu au cours des derniers siècles une transition démographique que la France a amorcée avant ses frères européens. Autrefois, il était courant que les sociétés connaissent une mortalité élevée, due à des causes telles que la guerre ou la maladie. Cependant, les améliorations économiques, médicales et hygiéniques apportées au pays français à partir du XVIIIe siècle ont entraîné une diminution du nombre de décès et de naissances au fil du temps.
En termes de décès, le pays connaît une augmentation annuelle de 1,5%, un chiffre jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale, principalement parce que de nombreuses personnes appartenant à la génération des baby boom Ils sont à l’âge où la mortalité est la plus élevée.
