Les hélicoptères larguent-ils des serpents ? Une vieille rumeur façonne le débat environnemental français

Une rumeur bizarre s’est répandue pour la première fois dans les années 1970

La rumeur affirmait que de mystérieux hélicoptères libéraient des serpents dans la campagne.

Une rumeur bizarre qui a balayé la France rurale des années 1970 aux années 1990 a refait surface pour illustrer le mépris de certaines couches de la société française pour les questions environnementales.

La rumeur affirmait que de mystérieux hélicoptères libéraient des serpents dans la campagne.

La faute en a d’abord été imputée aux propriétaires forestiers, qui auraient voulu décourager les ramasseurs de champignons, puis aux sociétés pharmaceutiques et enfin et de manière persistante aux défenseurs de l’environnement.

A l’époque, la presse régionale rapportait que des personnes affirmaient avoir trouvé de mystérieuses boîtes écrasées après avoir aperçu des hélicoptères dans la zone. Ils étaient souvent photographiés tenant les boîtes à proximité de collections de serpents morts ou blessés.

Le gouvernement a refusé de prendre ces affirmations au sérieux, bien qu’il ait reçu des centaines de lettres de personnes lui demandant d’agir.

En 1981, un reportage télévisé sur France 3Jura a interviewé deux membres de la chasse locale qui ont trouvé deux vipères mortes alors qu’ils préparaient un stand de tir au pigeon d’argile pour un concours.

Ils ont déclaré que des enfants locaux affirmaient avoir vu une caisse larguée depuis un hélicoptère près de l’endroit où les serpents morts avaient été trouvés. Les enfants auraient récupéré la mallette et auraient trouvé un serpent mort à l’intérieur.

La faute s’est ensuite déplacée des propriétaires forestiers vers les sociétés pharmaceutiques car, à l’époque, la France augmentait la production d’un sérum pour traiter les morsures de serpent.

La rumeur du serpent s’adapte au fil des années

La majeure partie du venin de serpent utilisé dans le sérum provient de serpents captifs. Cependant, dans les années 1970, le gouvernement a accordé des permis spéciaux autorisant la capture de serpents sauvages, à condition qu’ils soient relâchés vivants après la collecte du venin.

Selon la rumeur, en lâchant des serpents depuis des hélicoptères, les sociétés pharmaceutiques assuraient à la fois l’approvisionnement en venin et la demande de sérum, car davantage de personnes seraient mordues.

Dans les années 1980, la faute s’est à nouveau déplacée – cette fois vers les défenseurs de l’environnement. On pensait qu’ils libéraient des serpents comme source de nourriture pour les buses et autres rapaces, qui avaient récemment été protégés des chasseurs par le gouvernement.

Un article dans La République du Centre Le journal est allé plus loin en rapportant que des serpents avaient été trouvés dans une boîte marquée « Ministère de l’Écologie », qui avait été larguée par un hélicoptère d’EDF – accusant ainsi l’État lui-même.

L’auteur Eric Aeschimann a utilisé cette rumeur comme titre de son récent livre, Les vipères ne tombent pas du ciel, qui cherche à examiner pourquoi les efforts du gouvernement pour atteindre des objectifs environnementaux tels que la réduction des émissions de CO2.2 les émissions sont tellement impopulaires auprès de nombreux Français.

Dans son livre, M. Aeschimann met en lumière les réactions négatives contre l’écologie non seulement de la part des politiciens de l’opposition qui exploitent la question, mais aussi des groupes socio-économiques défavorisés qui considèrent les politiques environnementales comme des restrictions imposées par des autorités qui comprennent peu leur impact sur la vie des gens ordinaires.

La colère récente s’est concentrée sur les appels de la députée écologiste Sandrine Rousseau en 2022 à interdire les barbecues, et sur l’initiative gouvernementale de zones à faibles émissions (zones à faibles émissions), que de nombreuses personnes n’ayant pas les moyens d’acheter des véhicules plus récents et moins polluants considéraient comme injuste.

« En écrivant ce livre, je me suis souvenu de la rumeur des années 1980 et j’ai vu qu’elle contenait déjà tous les éléments d’une animosité structurelle contre l’écologie », a déclaré M. Aeschimann.

Il a expliqué que beaucoup de gens considèrent les politiques environnementales comme des mesures technocratiques imposées d’en haut, un sentiment désormais amplifié et exploité par la droite et l’extrême droite françaises.

M. Aeschimann s’est dit optimiste quant à la possibilité de renverser la situation et a exhorté les écologistes à s’éloigner des tentatives technocratiques et moralisatrices visant à modifier les comportements individuels pour se tourner vers une vision économique et sociale plus large de la transition écologique.

« Les premiers pas vers l’État de sécurité sociale que nous avons en France ont commencé au XIXe siècle et n’ont été pleinement établis qu’en 1945 », a-t-il déclaré.

« (De la même manière), je suis convaincu que nous aurons à terme un État écologique en France. »

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