Un corps retrouvé lors de la recherche d’une fillette de 11 ans disparue dans le Gers, dans le sud-ouest de la France

Le suspect travaillait dans une ferme où les restes ont été retrouvés

Le corps a été retrouvé dans un silo dans une ferme de Puycasquier, dans le Gers, près de la ville de Fleurance, où la jeune fille a été vue pour la dernière fois.

Le corps d’une jeune fille retrouvé jeudi 4 juin dans un silo agricole du Gers serait celui d’une fillette de 11 ans disparue dans le secteur.

Le corps est en cours d’identification mais il s’agit presque certainement de celui de Lyhanna, une adolescente de 11 ans qui fait l’objet d’une importante chasse à l’homme de la part des autorités depuis une semaine.

« Dans un endroit à l’abri des regards directs, a été retrouvé le corps ressemblant à celui d’un enfant, portant des vêtements similaires à ceux que portait la mineure au moment de sa disparition », a déclaré le procureur de la République Olivier Naboulet lors d’une conférence de presse à l’occasion de cette découverte.

Un suspect arrêté après un « échec systématique » du système judiciaire

L’affaire a saisi la France la semaine dernière, provoquant tristesse et colère parmi les habitants.

Le suspect, Jérôme Barella, 41 ans, a été formellement inculpé d’enlèvement et de séquestration de Lyhanna.

Le meurtre et l’agression sexuelle pourront être ajoutés à ces accusations après identification du corps et enquête plus approfondie.

M. Barella aurait travaillé dans la ferme de Puycasquier où le corps a été retrouvé – à environ 15 km de Fleurance, lieu de la dernière observation de Lyhanna – ce qui le lie davantage à l’affaire, mais il reste catégorique sur son innocence.

Il a déclaré qu’il avait récupéré Lyhanna, une amie de sa fille adolescente, dans sa voiture avant de la déposer devant la piscine de la ville, et a insisté sur le fait qu’elle avait dû disparaître après cela.

Lorsque M. Barella a été annoncé comme suspect dans cette affaire, les médias ont découvert qu’il avait fait l’objet de plusieurs plaintes pour harcèlement sexuel contre des mineurs, la première remontant à 2017 et la dernière en 2025.

La première plainte est intervenue après que la mère d’une jeune fille de 17 ans a découvert que sa fille entretenait une relation avec un homme adulte depuis plusieurs mois. Il a ensuite été expurgé après que la jeune fille a déclaré que la relation était consensuelle.

En 2021, M. Barella a été licencié d’un lycée dans lequel il travaillait dans le Gers « à la suite d’une procédure disciplinaire suite à des signalements de comportements inappropriés à l’égard d’une élève de sexe féminin », précise l’autorité chargée de la gestion des établissements scolaires de la région.

Il a travaillé dans plusieurs écoles entre 2018 et 2021 comme ouvrier d’entretien/réparation.

Cependant, il n’a pas reçu de plainte officielle concernant cet incident, malgré les procédures disciplinaires internes de l’école.

Une plainte déposée en 2022 concernant le viol présumé d’une fillette de sept ans par M. Barella a été abandonnée faute de preuves suffisantes en 2024, et en 2025, la mère d’une fillette de dix ans a déposé une autre plainte auprès du tribunal. gendarmerieaccusant M. Barella d’avoir violé sa fille.

Passée entre deux procureurs de la République, l’enquête n’a été ouverte qu’en janvier 2026 – neuf mois après la plainte – et M. Barella n’a pas été interrogé avant la disparition de Lyhanna.

Depuis l’annonce de l’arrestation de M. Barella dans la presse, une nouvelle plainte contre lui pour viol présumé sur mineure a été déposée.

Cette information a suscité l’indignation contre le ministère français de la Justice, beaucoup étant perplexes quant à la façon dont M. Barella est resté en liberté malgré les plaintes croissantes contre sa conduite.

« On ne peut reconnaître un échec que lorsque le système judiciaire ne parvient pas à protéger un enfant », a déclaré le porte-parole du ministère de la Justice, Sacha Straub-Kahn, dans un entretien à Franceinfo vendredi 5 juin.

« Il y a probablement des défaillances systémiques au sein du système judiciaire, et probablement aussi des défaillances au sein de la police, de la gendarmerie… peut-être même au sein du système éducatif national lui-même », a-t-il ajouté.

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, tiendra une réunion d’urgence lundi sur l’incident avec tous les procureurs en chef, dans le but de découvrir les failles du système judiciaire français.

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