50 ans du Concorde, le rêve supersonique
Ce mercredi 21 janvier marque les 50 ans du premier vol commercial du Concorde, l’avion supersonique qui cherchait à redéfinir la relation entre l’humain et le temps. Capable de voler plus vite que la rotation de la Terre et de dépasser deux fois la vitesse du son.
Avec une capacité d’environ 100 passagers, le Concorde a atteint Mach 2,04, ce qui équivaut à environ 2 180 kilomètres par heure, soit plus du double de la vitesse des avions de ligne commerciaux long-courriers actuels. Grâce à cela, un passager pourrait décoller de Paris à 10h30 et atterrir à New York à 8h15 du matin, en arrivant avant l’heure de départ. Le record absolu a été établi le 7 février 1996, lorsqu’il a parcouru la route Londres-New York en 2 heures, 52 minutes et 59 secondes, un temps qui, un demi-siècle plus tard, reste inaccessible.
Pour y parvenir, les ingénieurs ont dû réinventer l’aérodynamique. Le Concorde était plus lourd, plus profilé et radicalement différent de tout avion conventionnel. « Son niveau technologique était tel que 50 ans plus tard, il n’y a rien de tel », déclare François Adibi, pilote du Concorde entre 2001 et 2003. « Le piloter me manque », avoue-t-il après s’être installé dans son cockpit du Musée de l’air et de l’espace du Bourget. « J’ai l’impression que c’était quelque chose de vivant, comme s’il avait une âme que les autres avions n’ont pas. »
Au-delà de la technique, le Concorde était aussi un instrument géopolitique. La France et le Royaume-Uni s’associent en 1962 pour développer le projet dans le contexte de la guerre froide, déterminés à démontrer leur capacité face aux États-Unis et à l’Union soviétique. Washington a lancé son propre programme supersonique en 1963, mais celui-ci sera finalement abandonné en raison de sa complexité et des préoccupations environnementales croissantes. L’URSS, de son côté, réussit à dépasser le Concorde avec le Tupolev Tu-144, qui effectua son premier vol commercial en décembre 1975, même si son manque de sécurité et son bruit élevé limitèrent son voyage.
Deux avions supersoniques modèle « Concorde » à l’aéroport de Toulouse | EFE
Le 21 janvier 1976, deux Concorde décollent simultanément : un de British Airways à destination de Bahreïn depuis Londres-Heathrow et un autre d’Air France qui quitte Paris pour Rio de Janeiro avec une escale à Dakar. Ainsi commença un âge d’or qui fit de l’avion un luxe réservé aux élites, fréquenté par des personnalités telles qu’Elton John, Mick Jagger et la reine Elizabeth II.
26 ans depuis le crash fatidique du Concorde
Mais le début de la fin survient le 25 juillet 2000. Le vol 4590 d’Air France, assurant la liaison Paris-New York, s’écrase après son décollage de l’aéroport Charles de Gaulle. Un objet en titane, lâché quelques minutes auparavant depuis un autre avion, a crevé un pneu ; Les débris ont percé un réservoir de carburant et déclenché un incendie mortel. 113 personnes sont mortes, dont des passagers, des membres d’équipage et des victimes au sol. Des années plus tard, la justice française a déclaré Continental Airlines et l’un de ses techniciens coupables d’homicide involontaire.
Même si le Concorde a de nouveau volé en 2001 après des modifications techniques, le coup a été irréversible. Les coûts d’entretien élevés, les billets qui avoisinaient les 8 000 euros aller-retour au début des années 2000, l’impact psychologique de l’accident et la peur de voler après les attentats du 11 septembre ont accéléré son retrait définitif en 2003. Ainsi, trente ans après son premier vol, « l’oiseau de métal » a fait ses adieux au ciel.
