Un géant au-delà de toute mesure : l’adaptation ratée de « The Shrinking Man »
Le film de Jan Kounen est une adaptation grandiloquente et excessive de l’histoire de Richard Matheson, entre mélodrame vulgaire et film de survie à petite échelle.
Un des meilleurs sketchs Le cirque volant de Monty Python On l’appelait « des gens intéressants » et mettait en vedette des gens bizarres sur un plateau. L’un d’eux, M. Tabourets, vivait dans une boîte d’allumettes et demi d’un peu plus d’un pouce de long. D’une voix haut perchée, le présentateur s’ennuie vite de ce bonhomme et ferme la boîte d’allumettes en réponse à un long discours du petit bonhomme.
Il y a quelque chose de cette pièce amusante dans cette adaptation grandiloquente de L’homme qui rétrécit du réalisateur de formation vidéo Jan Kounen. Certes, le Batave Frank utilise tout l’arsenal des astuces optiques, y compris les plans aériens typiques du cinéma épique, qui ne peuvent en aucun cas fonctionner dans un mélodrame typique. On n’en attendait pas moins de la part du père du style clip français, le policier Doberman -particulier Chaleur de l’hexagone – est le sien, mais il n’est pas évident que ce soit le discours approprié pour l’histoire de Richard Matheson.
On se retrouve ainsi avec deux films emballés en 100 minutes : le premier est une histoire domestique sur un armateur français un peu faux, avec une bande-son très surannée, dans laquelle Jean Dujardin et Marie-Josée Croze forment un couple bourgeois sans presque aucun drame. Une publicité Nivea entière avec les inévitables chemises d’été à rayures, qui sont devenues un sujet dans la chanson Venise de Men G, et qui n’existait pas dans l’original de Matheson en plus d’atomiser la deuxième partie du film.
C’est le rétrécissement progressif du personnage et la transformation du discours d’un mauvais mélodrame en un thriller efficace. Celui-ci confronte, comme dans l’histoire originale, Dujardin au «veuve noire« ; une redoutable araignée qui agit comme Grand frère dans la salle de stockage où il reste piégé.
Cette section, qui occupe les meilleures et les plus grandes images, est un film d’attraction avec des citations de films comme Chérie, j’ai rétréci les enfants et même le récent Ratatouille en plus de nombreux échos de Naufragé par Zemeckis. Avec d’excellentes trouvailles”burlesque», non loin de Buster Keaton, ce sous-sol de cendres finit par être une jungle sauvage pour un type qui ne cesse de rétrécir.
Le problème est que la première partie, cette histoire d’amour chic typique des pires pressions du cœur, agit comme une faux condamnatrice des acquis indéniables de la fin. Le début n’est pas crédible dans la relation amoureuse – au niveau de la production télévisuelle de Globomedia – et l’un des axes narratifs du film ne fonctionne pas non plus : l’affection que le père et la fille se portent l’un pour l’autre. La jeune fille est plus lourde que tendre, Dujardin n’a également aucune trace de »nouvelle vague» et la lame fatale tombe comme une guillotine dans la partie finale.
En ce sens, aucun des jeux du nain Dujardin dans l’aquarium, ni du soldat protecteur, ni même la confrontation efficace avec l’arachnide, ne sont capables de faire oublier des scènes qui confinent à la comédie involontaire, comme le champ/contrechamp entre la femme et son petit mari dans un fauteuil confortable. Cette séquence est en effet l’équivalent de la plaisanterie du nain qui monte sur la bille et dit : « le monde est à moi. » Comme dans le sketch des Monty Python précité, le spectateur ferme donc la boîte d’allumettes de ses émotions et laisse M. Tabourets/Dujardin oublié dans sa mémoire passionnée.
Film raté, tentative de «fantaisie » La version européenne, qui a coûté près de vingt millions d’euros, est une occasion manquée de relancer l’histoire classique des années 1950. L’amateur du genre, qui n’aura pas non plus de patience pour la voix off accrocheuse, devra se contenter de l’adaptation de 1957 de Jack Arnold. Et même la version féminine et « campy », de Joel Schumacher -le créateur des bat-nipples-, du début des années 80, vous le trouverez sûrement plus drôle
