Crise française : Lecornu propose de suspendre la réforme des retraites pour attirer la gauche
Alors qu'une immense majorité de Français réclame des élections législatives et présidentielles, la majorité des partis politiques sont prêts à renoncer à leurs principes pour éviter un rendez-vous avec les urnes qui ne leur convient pas aujourd'hui.
La suspension de la réforme des retraites, l'une des mesures phares de la présidence d'Emmanuel Macron, va être « gelée » jusqu'en 2027 pour acheter le vote de la gauche et, surtout, du Parti socialiste.
Augmenter l'âge minimum pour bénéficier de la retraite de 62 à 64 ans faisait partie des principes initiaux de Macron. La réforme a été réalisée par la Première ministre Elisabeth Born, à travers l'application de l'article 49.3 de la Constitution, qui permet d'approuver les lois sans passer par le vote de l'Assemblée. Aujourd'hui, Born elle-même accepte de « suspendre » la mesure et de fixer pour le moment l'âge de la retraite à 63 ans.
Sébastien Lecornu, toujours Premier ministre par intérim, a déclaré ce matin que ses entretiens avec les différents partis politiques sont en bonne voie pour obtenir un accord sur le budget avant le 31 décembre. Son intervention a toutefois eu lieu avant de rencontrer les dirigeants du Parti socialiste, qui ont été les premiers à proposer, il y a quelques semaines, la suspension de la loi emblématique – pour Macron – sur les retraites.
L'optimisme de Lecornu peut paraître exagéré, si l'on considère que tant la droite traditionnelle des « Républicains » que les macronistes historiques étaient opposés à une retouche de la réforme.
Lecornu, qui doit présenter cet après-midi une solution au président pour éviter une dissolution de l'Assemblée, espère convaincre les socialistes, les écologistes et les communistes de ne pas censurer l'éventuel gouvernement qui parviendra à remporter les urnes.
Tout indique, quelques heures après l'ultimatum de Macron, que la solution sortie d'un chapeau par Lecornu sera couronnée de succès. Le coût de l'abandon de la réforme des retraites serait de 13 milliards par an, selon la Cour des comptes. Un prix que les forces politiques du centre et du centre-droit semblent considérer comme moins cher que de permettre des élections pour lesquelles le parti « Rassemblement national » de Marine Le Pen est le favori incontesté.
