Un tiers des personnes éligibles à l’aide au revenu française n’y réclament pas

Manque d’information et stigmatisation sociale derrière une faible participation

40 % des ménages ne recevaient pas de mensualités de 400 € ou plus

Une personne sur trois en France éligible au Revenu de solidarité active (RSA) n’y réclament pas, révèlent de nouvelles informations.

Cela équivaut à environ 560 000 ménages sur un total de 1,51 million éligibles.

Plus de 40 % des personnes qui n’ont pas accès à cette prestation ne perçoivent pas de versements égaux ou supérieurs à 400 € par mois.

L’organisme public de recherche Drees a fait cette annonce, sur la base de données de 2021, après que les députés ont voté en faveur d’un projet de loi visant à réduire la sécurité sociale et la fraude fiscale.

« Vous pouvez avoir droit au RSA et ne pas le recevoir, car les versements du RSA ne sont pas automatiques », précise la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques).

Divers groupes absents

Le RSA est une prestation complémentaire destinée aux adultes souhaitant retrouver un emploi ou créer leur propre entreprise, considérée comme un moyen de donner plus de temps et de ressources pour se concentrer sur ces activités.

Il est payé par le Caisse d’allocations familiales (Caf), mais comme le précise la Drees, les candidats doivent postuler eux-mêmes.

Cela contraste avec certaines autres prestations qui sont automatiquement versées une fois qu’une personne est éligible.

Il est soumis à conditions de ressources, le montant étant versé en fonction du logement, des revenus et de la situation familiale de la personne.

En savoir plus sur le RSA dans notre article explicatif ici.

Environ 41 % des ménages ne bénéficiant pas de cette allocation gagneraient 400 € ou plus par mois grâce au RSA, tandis que 42 % supplémentaires gagneraient 200 € ou moins (le reste des ménages se situant quelque part entre les deux).

Parmi les 560 000 ménages privés de cette allocation, environ 340 000 ont été classés comme « à faibles revenus » par la Drees.

Il est intéressant de noter que la Drees a souligné que les personnes les moins susceptibles de demander l’aide venaient d’un milieu socio-économique plus élevé que celles qui réclamaient déjà activement l’aide, même si elles appartenaient à un ménage à faible revenu.

Les détails incluent :

  • 30 % des non-demandeurs éligibles sont titulaires d’un diplôme d’enseignement supérieur (universitaire), contre 18 % des bénéficiaires actuels

  • 53 % de ceux qui ne réclament pas l’allocation ont un emploi, contre 22 % des demandeurs

  • 26 % de ceux qui ne postulent pas sont propriétaires de leur logement, contre 9 % de ceux qui le font.

Par ailleurs, 22 % des non-demandeurs ont entre 25 et 29 ans et alternent contrats de courte durée et précaires (salariés et/ou indépendants), sans jamais prétendre à l’allocation.

Cependant, certains groupes en difficulté comprennent les mères célibataires avec enfants (21 % des non-demandeurs admissibles), pour qui les prestations aideraient à couvrir les frais de garde d’enfants alors qu’elles cherchaient à retourner au travail.

La numérisation et l’accès rural cités comme problèmes

La Drees estime que dans de nombreux cas, le manque de demandes est dû à la stigmatisation sociale entourant la demande ou la demande de prestations, en particulier pour les groupes socio-économiques plus élevés.

Il a également spécifiquement mis en évidence les groupes plus jeunes et plus âgés qui rencontrent des difficultés pour postuler, aux deux extrémités du spectre du RSA.

Pour les personnes âgées de 25 à 29 ans (les demandeurs doivent avoir au moins 25 ans pour demander cette allocation), on constate un manque de connaissance de l’aide financière disponible, en particulier pour les personnes occupant un emploi partiel ou celles qui travaillent ou ne travaillent pas.

Ce groupe « a besoin de temps pour apprendre à s’y retrouver dans les démarches administratives », estime la Drees.

Le RSA est proposé aux personnes jusqu’à 62 ans maximum, car il s’agit d’une prestation destinée à compléter ceux qui cherchent à travailler et non les retraités. Toutefois, les candidats plus âgés ont été touchés négativement par la digitalisation croissante de la vie administrative en Francedit Drees.

Enfin, les habitants des zones rurales sont également en difficulté, car ils sont plus isolés des bureaux de la Caf où ils peuvent rechercher des informations et obtenir de l’aide pour leur candidature.

Si vous pensez être éligible au RSA mais n’en êtes pas sûr, vous pouvez parler avec les membres du personnel de votre bureau local de la Caf ou vous rendre à votre Centre d’aide France Services le plus proche.

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