Pourquoi certains retraités en France paieront bientôt plus pour l’aide à domicile

Les opposants qualifient la décision de « en décalage » avec la politique du gouvernement

Les personnes âgées de 70 à 79 ans ne bénéficieront plus de l’exonération automatique de cotisations sociales sauf si elles sont formellement reconnues en perte d’autonomie ou certifiées handicapées.

Une modification des règles sur les exonérations de sécurité sociale pour l’aide à domicile devrait augmenter les coûts pour des milliers de personnes âgées de 70 à 79 ans et a été critiquée par les opposants comme étant « en décalage » avec la politique du gouvernement.

La réforme, confirmée dans un décret publié en avril, relève l’âge d’octroi d’une exonération automatique des cotisations sociales patronales (cotisations patronales) s’applique lors du recrutement d’une aide à domicile (aide à domicile).

L’exonération est désormais réservée aux personnes âgées de 80 ans et plus, alors qu’elle s’appliquait auparavant à partir de 70 ans.

Bien que le décret précise que la mesure s’applique à partir du 1er janvier 2026, sa mise en œuvre pratique est progressive et les ajustements administratifs devraient se poursuivre tout au long de l’année.

Les personnes âgées de 70 à 79 ans ne bénéficieront plus de l’exonération automatique sauf si elles sont formellement reconnues en perte d’autonomie ou certifiées handicapées.

Pour en bénéficier, ils doivent se soumettre à une évaluation administrative confirmant une perte d’autonomie ou une situation de handicap.

La mesure n’a pas fait l’objet d’un vote parlementaire spécifique dans sa forme définitive, puisqu’elle a été introduite par un décret lié au cadre de financement de la sécurité sociale pour 2026.

Cependant, il a été critiqué pour avoir été mis en œuvre sans débat parlementaire ciblé sur son application détaillée.

Le ministère du Travail a défendu la réforme en déclarant Les Échos que le système précédent équivalait à un «niche sociale boostée» (allégement fiscal social renforcé).

« Nous voulons garantir que le soutien va à ceux qui en ont le plus besoin », a déclaré le ministère.

Le ministère des Finances estime que ce changement ajoutera environ 100 millions d’euros au budget de l’État.

Changer « en décalage » avec la politique

Une lettre commune de neuf associations et organisations a condamné la réforme, la qualifiant de « en décalage » avec la politique gouvernementale en matière de vieillissement et d’autonomie, et insistant sur le fait qu’elles n’ont pas été consultées.

La Fepem, la fédération représentant les employeurs de travailleurs domestiques, estime qu’environ 348 000 personnes âgées de 70 à 79 ans seront concernées.

Il prévient que de nombreux ménages pourraient être confrontés à une augmentation des coûts d’environ 15 %, ce qui pourrait obliger certains à réduire le montant de l’aide à domicile dont ils bénéficient.

De nombreuses aides à domicile sont employées par des associations, généralement mieux armées pour gérer les démarches administratives nécessaires à la reconnaissance officielle des clients comme dépendants ou handicapés.

Bien que moins susceptibles d’être directement touchées par la réforme, ces organisations préviennent qu’elle envoie « le mauvais message » sur la politique gouvernementale en matière de vieillissement et de soins à domicile.

Pour trouver des services d’aide à domicile dans votre région, contactez un point d’information local pour personnes âgées (recherchez celui le plus proche sur le site officiel du gouvernement), ou renseignez-vous à votre mairie.

Le site permet également de rechercher des visites d’infirmières ou d’aide à domicile (services d’aide et de soins à domicile), des maisons de retraite et des garderies.

Une autre option pour l’aide à domicile consiste à utiliser le chèque emploi service universel (Césu). Cela vous permet d’employer directement quelqu’un pour le maintien à domicile, offrant ainsi des avantages fiscaux aux personnes éligibles.

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