La France réalise la première greffe de rein au monde pour huit personnes

Quatre hôpitaux ont travaillé ensemble pour franchir une « nouvelle étape » dans l’histoire des transplantations

Les quatre greffes ont eu lieu simultanément dans un hôpital de Reims

En France, quatre personnes ont eu la vie sauvée grâce à une première opération de transplantation rénale au cours de laquelle huit personnes ont été opérées simultanément.

L’intervention s’est déroulée au centre hospitalier universitaire (CHU) de Reims (Grand Est), dans le cadre d’une procédure également coordonnée avec l’aide des CHU de Montpellier, Toulouse (Occitanie) et Genève (Suisse).

Huit personnes ont été opérées, quatre receveurs recevant chacun un rein provenant de quatre donneurs d’organes vivants.

« Quatre couples donneur-receveur ont subi une intervention chirurgicale coordonnée dans le cadre d’un don croisé de reins impliquant des donneurs vivants », explique un communiqué commun des quatre hôpitaux concernés le 26 mai.

Cette procédure intervient deux ans après que les hôpitaux aient fait la une des journaux avec une procédure similaire, cette fois avec trois greffes simultanées (impliquant six personnes). Cette procédure a ajouté une greffe supplémentaire, ce que les hôpitaux ont appelé « une nouvelle étape ».

« (Cela) marque un tournant dans le développement de la greffe de rein à partir de donneurs vivants en France et dans la collaboration internationale », indique le communiqué.

Surmonter l’incompatibilité

Réaliser les opérations ensemble permet aux spécialistes de surmonter un problème majeur pouvant affecter les transplantations ; incompatibilité entre donneurs et receveurs.

Le communiqué explique : « ‘Il permet de surmonter l’incompatibilité sanguine et/ou immunologique entre un donneur vivant et son proche malade. Il s’agit de faire correspondre plusieurs couples donneur/receveur incompatibles entre eux, mais compatibles et anonymes, avec un autre couple. »

Cela fait suite à une loi de bioéthique, la loi bioéthique du 2 août 2021, qui a augmenté de deux à six le nombre de couples donneurs/receveurs autorisés dans une telle procédure.

L’augmentation de ce nombre contribue à « augmenter les opportunités de jumelage et à améliorer l’accès aux greffes pour les patients atteints d’insuffisance rénale chronique terminale (IRCT) », indique le communiqué.

Les quatre greffes ont dû avoir lieu simultanément, en partie parce qu’il y a un laps de temps limité après qu’un rein a été retiré d’un donneur avant qu’il ne commence à se détériorer.

Les chances de succès sont bien plus grandes si les reins sont transférés rapidement du donneur au receveur.

Les quatre hôpitaux travaillent ensemble depuis un certain temps pour permettre des procédures simultanées et visent désormais à poursuivre le projet visant à réduire l’incompatibilité des donneurs chez un plus grand nombre de receveurs d’organes.

Ce type de procédure est relativement courant au Royaume-Uni, « où plus d’une centaine de transplantations rénales croisées sont réalisées chaque année », ajoute le communiqué des hôpitaux.

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