Les antennes 4G à proximité des habitations en France suscitent des conflits juridiques et urbanistiques

Des candidatures déjà approuvées pour 3 760 autres

Les exploitants sont tenus d’informer les riverains des nouveaux mâts mais peuvent le faire en déposant un dossier d’information en mairie.

Les données de l’autorité française responsable des fréquences de téléphonie mobile en France indiquent qu’il y avait 3 760 approbations pour des antennes 4G en cours début avril, ce qui suggère qu’il pourrait y avoir davantage de cas d’installations d’antennes relais à proximité des habitations.

Les chiffres de l’Agence Nationale des Fréquences montrent qu’il y avait 64 326 sites d’antennes 4G en activité dans tout le pays, et 3 760 autres ont déjà été agréés.

Toutes les nouvelles installations d’antennes ne nécessitent pas un nouveau mât, car les opérateurs concluent parfois des accords pour partager l’infrastructure – certaines antennes 4G pourraient être remplacées à mesure que la France continue de supprimer progressivement son réseau mobile 2G.

Cependant, les informations dans les médias français faisant état de personnes découvrant de grandes antennes relais de téléphonie mobile érigées à proximité de leur propriété se multiplient.

France Télévisions a récemment fait état de cas dans la Manche, dans un village près de Coutances, où une enseignante à la retraite conteste un mât à seulement 38 mètres de chez elle, et à Bordeaux, où un jeune couple, déjà à moins de 50 mètres d’un mât, a découvert en outre le projet d’en construire un autre à seulement 30 mètres.

En 2024 La connexion a rapporté l’histoire d’un couple vivant sur les hauteurs de Nice qui n’a pas pu vendre sa maison car un nouveau mât offrant une couverture 5G a été installé à cinq mètres de leur propriété.

Selon Louise Dubois-Catty, avocate lilloise spécialisée en la matière, les demandes de mâts doivent respecter les règles énoncées dans les Plans Locaux d’Urbanisme de chaque commune et nécessitent généralement au moins un déclaration préalable (pour les mâts de moins de 12 mètres de haut) ou permis de construire complet pour les structures plus grandes.

« Les maires jouent un rôle clé en informant la population et en vérifiant que les plans respectent les réglementations locales », a-t-elle déclaré.

Or, dans le cas proche de Nice et ceux rapportés par la télévision française, les maires n’ont pas informé les riverains des mâts. Ils ont soutenu les nouvelles installations après avoir été informés par les opérateurs mobiles qu’elles étaient nécessaires à la couverture de la commune.

Les exploitants sont tenus d’informer les résidents, mais peuvent le faire en déposant un dossier d’information en mairie – il n’y a pas d’obligation de visite en personne pour expliquer le projet.

Comment s’opposer à un mât 4G

Pour ceux qui souhaitent s’opposer à une décision, Maître Dubois-Catty recommande un processus en quatre étapes : d’abord identifier l’autorité compétente, généralement le maire ; puis envoyer une lettre détaillée exposant vos objections ; participer à une enquête publique, le cas échéant ; et former ou rejoindre une association locale pour obtenir un soutien.

Si une issue satisfaisante n’est pas obtenue, vous pouvez alors engager soit un recours gracieux « amical » auprès de l’autorité qui a rendu la décision (par exemple, le maire ou le préfet, selon les cas), soit un recours judiciaire complet, un recours contentieux.

En théorie un recours gracieux peut se faire sans avocat, tandis qu’un recours contentieux nécessite un avocat pour traiter le dossier.

Les arguments contre la présence du mât si près d’une propriété peuvent également être renforcés si un rapport officiel d’impact environnemental est préparé, car cela peut démontrer que cela modifierait le caractère du quartier.

Suggérer un autre site pour le mât peut également renforcer un dossier, même si le voisin hébergeant le mât peut s’y opposer, car il perdrait les revenus promis par les opérateurs de téléphonie mobile.

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