Deux foyers de légionellose font trois morts en France
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Le dispositif de brumisation serait la cause de la plupart des cas
Les autorités sanitaires de deux régions françaises ont confirmé cette semaine des foyers de légionellose, avec un brumisateur de restaurant imputé à des dizaines de cas près de Chambéry et une deuxième épidémie jusqu’ici inexpliquée affectant une petite ville de Haute-Saône pour la deuxième année consécutive.
Les autorités ont identifié la source d’une épidémie qui a duré tout l’été autour de Chambéry : un dispositif de brumisation mal entretenu (brumisateur) utilisé pour rafraîchir les convives devant un restaurant local.
Depuis le 1er juin, 48 cas ont été signalés aux autorités sanitaires chez des personnes âgées de 26 à 91 ans. Deux octogénaires sont décédés, tandis que d’autres ont dû être hospitalisés de courte durée en raison de problèmes respiratoires.
Santé publique France et le Centre national de référence des légionelles enquêtent depuis début juin sur la hausse des cas en Savoie. Leurs enquêtes ont révélé que 30 des personnes tombées malades avaient visité le même restaurant au cours des 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Par mesure de précaution, le restaurant a désactivé son système de brumisation le 5 août et aucun nouveau cas lié au lieu n’est apparu depuis.
L’Agence régionale de santé (ARS) d’Auvergne-Rhône-Alpes a toutefois prévenu que cela ne prend pas en compte tous les cas enregistrés dans le département sur la période. L’un des deux décès, par exemple, a plutôt été attribué à une contamination provenant du système d’approvisionnement en eau privé de la victime. L’agence constate que dans la majorité des cas groupés de légionellose étudiés en France au cours des 15 dernières années, la source n’a jamais été identifiée.
Haute-Saône : deuxième foyer en un an
A Port-sur-Saône, près de Vesoul en Haute-Saône, l’ARS de Bourgogne-Franche-Comté a confirmé deux nouveaux cas de légionellose entre le 9 et le 28 août.
Le premier cas, signalé le 9 août, s’est avéré mortel. Une deuxième personne, résidant dans la commune, a été déclarée infectée le 28 août et reste hospitalisée. La source de contamination n’a pas encore été établie et des enquêtes environnementales et médicales sont en cours.
Il s’agit du deuxième épisode de ce type qui frappe la commune d’environ 3 000 habitants en moins d’un an : en septembre 2025, six cas – dont deux mortels – ont été recensés parmi des personnes habitant ou de passage dans le même quartier.
Une ligne d’information dédiée a été mise en place pour les résidents ayant des questions : 0805 200 550.
Entre 70 et 150 cas de légionellose sont déclarés chaque année en Bourgogne-Franche-Comté, l’agence sanitaire affirmant que la source est rarement formellement identifiée.
Qu’est-ce que la maladie du légionnaire ?
La maladie du légionnaire est une infection pulmonaire causée par la bactérie Legionella, qui se développe dans les systèmes d’eau. Les personnes sont infectées en respirant de fines gouttelettes d’eau contaminées – généralement provenant de systèmes d’eau chaude, de douches, de bains à remous, de jacuzzis ou, plus rarement, de tours de refroidissement, de fontaines décoratives, de brumisateurs ou de systèmes de gicleurs.
La maladie n’est pas contagieuse et ne peut être transmise d’une personne à l’autre. Boire de l’eau du robinet ne comporte aucun risque : seule l’inhalation de gouttelettes contaminées peut provoquer une infection.
Les symptômes apparaissent généralement entre deux et dix jours après l’exposition et comprennent une forte fièvre, une toux sévère et, chez les personnes âgées, des problèmes gastro-intestinaux. La maladie peut évoluer vers des difficultés respiratoires, nécessite un traitement antibiotique et conduit généralement à une hospitalisation. Elle s’avère mortelle dans environ 10 % des cas, principalement chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli, notamment les personnes âgées et celles souffrant de maladies chroniques.
Protéger votre système d’eau domestique
Les autorités sanitaires françaises recommandent les précautions suivantes, qui s’appliquent aussi bien aux résidents permanents qu’aux propriétaires de résidence secondaire :
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Faire couler de l’eau froide et chaude au moins une fois par semaine depuis des robinets peu utilisés (évier, lavabos, douche, etc.),
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Ouvrir tous les robinets avant de les réutiliser (notamment la douche) après toute absence prolongée,
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Surveillance de la température de l’eau chaude à la maison. Il doit être très chaud mais pas « bouillant » (au moins 50°C et pas plus de 60°C au niveau de l’évier de la cuisine),
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Détartrer et désinfecter régulièrement la robinetterie (aérateurs, pommeaux de douche…),
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Utiliser de l’eau stérile pour les dispositifs biomédicaux (nettoyage et remplissage des appareils d’oxygénothérapie ou de traitement de l’apnée du sommeil).
Il est conseillé à toute personne qui développe une forte fièvre et une toux, notamment après un séjour en Savoie ou en Haute-Saône cet été, ou après avoir utilisé un spa, une douche ou un système de brumisation, de consulter rapidement un médecin et de lui signaler toute exposition à l’eau pertinente.
