Certains des médicaments les plus utilisés en France auront une durée de conservation plus longue
Le programme quinquennal vise à réduire le gaspillage et à atténuer les pénuries
L’Agence française de sécurité des médicaments a lancé un projet pilote qui pourrait permettre de conserver des dizaines de médicaments largement utilisés – y compris des noms connus tels que Dafalgan et Efferalgan – pendant deux fois plus longtemps que la durée actuellement autorisée, dans le but de réduire le gaspillage, d’atténuer les pénuries et de réduire l’impact environnemental de l’industrie pharmaceutique.
L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a annoncé le 26 août que 14 laboratoires pharmaceutiques avaient accepté de participer à ce dispositif baptisé Longue vie aux médicaments (Longue vie aux médicaments), qui s’étendra sur les cinq prochaines années.
Qu’est-ce qui change
La plupart des médicaments autorisés à la vente en France ont aujourd’hui une durée de conservation comprise entre deux et trois ans, moins de 10 % d’entre eux pouvant atteindre cinq ans. Dans le cadre du nouveau projet, les laboratoires réaliseront de nouvelles études de faisabilité dans le but d’allonger ces délais, voire de les doubler dans certains cas.
Au total, 73 médicaments sont concernés, dont des traitements bien connus contenant du paracétamol, de la lévothyroxine, de la mélatonine et du lithium. Selon l’ANSM, 47 d’entre eux devraient atteindre une durée de conservation de quatre ans ou plus une fois les études terminées.
Surtout, ni la composition ni le conditionnement des médicaments ne changeront. Les laboratoires testeront simplement les mêmes produits dans des conditions réelles pendant plus longtemps, afin de rassembler les preuves scientifiques nécessaires pour justifier une durée de conservation prolongée.
Les lecteurs qui dépendent de médicaments provenant d’un autre pays voudront peut-être également connaître les règles concernant l’importation de fournitures de l’étranger. La connexion a déjà abordé la question de si les médicaments peuvent être expédiés vers la France depuis l’étranger.
Comment fonctionnent les tests
Valérie Salomon, directrice des affaires scientifiques de l’ANSM, précise que les laboratoires stockeront leurs médicaments dans des enceintes contrôlées à température et humidité constantes, puis les suivront de près dans le temps.
« Ils vérifieront si la quantité de principe actif reste la même partout, si des produits de dégradation apparaissent, et quelles sont les caractéristiques physiques et chimiques de leur médicament », a expliqué Mme Salomon à Franceinfo.
Les laboratoires soumettront ensuite à l’ANSM les données démontrant que leurs produits restent sûrs et efficaces pendant quatre ou cinq ans.
Pourquoi c’est important
Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une stratégie plus large de la France visant à rendre plus écologique son système de santé, qui est responsable de plus de 8 % des émissions de gaz à effet de serre du pays, soit l’équivalent de près de 50 millions de tonnes de CO2, les médicaments et dispositifs médicaux représentant 55 % de ce chiffre.
L’ANSM indique que des milliers de tonnes de médicaments et autres produits de santé inutilisés sont détruits chaque année. La prolongation de la durée de conservation devrait apporter plusieurs avantages :
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Moins de gaspillage, en évitant la destruction inutile d’un stock qui reste parfaitement sûr à utiliser
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Moins de pénuries grâce à une meilleure disponibilité des traitements dans les hôpitaux et les pharmacies
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Une empreinte environnementale réduite, avec une réduction des déchets chimiques et des émissions de CO2 liées à la production et à l’élimination
Le projet a été lancé en novembre 2025, à l’occasion de la COP30, et s’appuie sur un ensemble d’engagements signés en décembre 2023 par l’ANSM et d’autres établissements de santé français pour réduire les émissions et déchets du secteur.
Pour l’heure, l’ANSM rappelle aux consommateurs que les conditions de conservation inscrites sur l’emballage des médicaments doivent continuer à être respectées. La liste complète des médicaments concernés par le projet pilote est disponible en téléchargement sur le Site de l’ANSM.
