Une décision de l’UE pourrait faciliter l’obtention de remboursements pour les victimes de fraude bancaire

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Les banques ne peuvent pas refuser un remboursement immédiat simplement parce qu’elles pensent qu’un client a été négligent.

La loi française impose déjà aux banques de rembourser immédiatement les paiements non autorisés

Les banques doivent rembourser les victimes de paiements non autorisés avant d’essayer de prouver qu’elles ont fait preuve d’une négligence grave, précise une récente décision de l’UE.

La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a rendu sa décision le 15 octobre, statuant que les banques ne peuvent pas refuser un remboursement immédiat simplement parce qu’elles pensent que la négligence du client a conduit à la fraude.

Cette décision faisait suite à une affaire concernant une femme en Pologne qui vendait un produit en ligne. Quelqu’un se faisant passer pour un acheteur lui a envoyé un lien vers une fausse version du site Internet de sa banque.

Elle a saisi ses coordonnées bancaires et a été amenée à fournir un code de confirmation par SMS, permettant au fraudeur de transférer environ 700 € depuis son compte sans son autorisation.

Après avoir signalé l’incident à sa banque, celle-ci a refusé de la rembourser, arguant qu’elle avait fait preuve d’une grave négligence dans la protection de ses coordonnées bancaires.

Le tribunal a statué que les banques doivent rembourser les paiements non autorisés immédiatement, et au plus tard à la fin du premier jour ouvrable après en avoir eu connaissance, à condition que le client signale la transaction sans retard excessif.

Si une banque estime que le client a fait preuve d’une négligence grave, elle peut ensuite chercher à récupérer l’argent, mais elle doit prouver que le client a fait preuve d’une négligence grave.

Qu’est-ce que cela signifie pour les Français ?

La loi française impose déjà aux banques de rembourser les paiements non autorisés immédiatement, et au plus tard à la fin du premier jour ouvrable après avoir eu connaissance de l’opération, en vertu de l’article L133-18 du Code monétaire et financier.

La loi prévoit une exception lorsqu’une banque a de bonnes raisons de soupçonner une fraude de la part du client et communique ses raisons par écrit à la Banque de France.

L’arrêt de la CJUE du 15 octobre clarifie la manière dont ces règles doivent être interprétées.

Cette décision pourrait aider les personnes dont les banques ont rejeté des demandes de remboursement à la suite d’attaques de phishing ou d’autres formes de fraude bancaire.

Toutefois, cela ne garantit pas une indemnisation dans tous les cas. La décision concerne spécifiquement les paiements non autorisés, ce qui signifie que différentes considérations peuvent s’appliquer lorsqu’un client effectue personnellement un transfert après avoir été trompé.

Les victimes d’une fraude antérieure peuvent-elles en bénéficier ?

L’arrêt interprète le droit européen existant plutôt que d’introduire un nouveau système de remboursement. Elle ne limite pas son interprétation aux cas impliquant des transactions effectuées après le 15 octobre.

Cela signifie que cela peut également être pertinent pour des réclamations antérieures qui restent en litige.

Cependant, il ne rouvre pas automatiquement les dossiers définitivement réglés, de sorte que les circonstances individuelles et les délais légaux peuvent avoir une importance.

Les personnes à qui le remboursement a été refusé peuvent contester la décision de leur banque en se référant à l’arrêt de la CJUE dans l’affaire C-70/25, Tukowiecka.

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