Un chien d’accompagnement aide les victimes d’infractions à prendre la parole dans le Haut-Rhin

Un chien d’assistance judiciaire à Mulhouse aide les victimes lors des interrogatoires de police, des audiences du tribunal et des rendez-vous médicaux

Des programmes similaires existent dans certains aéroports, notamment ceux de Nice Côte d’Azur, où les chiens travaillent pour aider à calmer et soutenir les passagers nerveux.

UN Vaïna, croisée labrador-golden retriever, est devenue une habituée improbable du commissariat de Mulhouse (Haut-Rhin) et, selon le personnel, l’un de ses membres les plus efficaces.

Vaïna, 19 mois, est le dernier « chien d’assistance judiciaire » de France, dressé pour calmer et rassurer les victimes lors des interrogatoires de police, des audiences du tribunal et des rendez-vous médicaux à la suite d’un délit. Elle a été officiellement présentée le 10 février lors d’une cérémonie en présence du procureur de Mulhouse, de la police et gendarmerie représentants.

Elle travaille aux côtés de Jessy Parola, assistante sociale rattachée au service d’aide aux victimes DAVA, dans le bureau duquel elle est basée lorsqu’elle n’est pas en service. Les deux hommes travaillent ensemble à temps partiel, partageant un seul poste salarié en raison d’un financement limité.

Formée par l’association Handi’Chiens, Vaïna répond à des commandes précises : s’allonger à côté d’une victime, poser sa tête sur ses genoux ou aller chercher un objet, des gestes destinés à aider à se détendre avant ou pendant une conversation difficile. Le personnel dit qu’elle peut ressentir un stress croissant, parfois en fouinant ou en tapant doucement la main d’une personne dans des moments de tension.

Des programmes similaires existent dans certains aéroports, notamment à Nice Côte d’Azur, où les chiens aident à calmer les voyageurs nerveux.

Depuis ses débuts, Vaïna a participé à au moins 35 séances, notamment auprès de victimes d’agressions sexuelles, de violences conjugales et de harcèlement scolaire.

Le procureur de Mulhouse, Nicolas Heitz, affirme que sa présence aide les gens à revivre avec moins de détresse des événements traumatisants, ce qui peut aider les enquêteurs à se rapprocher de la vérité. Des études scientifiques, dont une datant de 2025, ont établi un lien entre la présence de chiens et une baisse du cortisol, l’hormone du stress.

Mulhouse est le 35e département français à mettre en place un tel dispositif, suite à un accord signé en 2023 entre le ministère de la Justice et les associations Handi’Chiens et France Victimes, visant à disposer d’un chien d’assistance judiciaire dans chaque département d’ici fin 2025.

Le fonctionnement du programme coûte environ 45 000 € par an, couvrant le poste de Mme Parola, ainsi que la nourriture, les soins vétérinaires et l’assurance de Vaïna.

Jusqu’à présent, le financement provient de la CAF (10 000 €), du ministère de la Justice et du fonds social agricole MSA (2 000 € chacun), tandis que la chaîne d’animalerie Botanic lui fournit de la nourriture.

Les organisateurs lancent désormais un appel à d’autres sponsors pour assurer financièrement le projet à long terme et éventuellement financer un poste à temps plein.

A lire également