La France envisage de doubler le plafond des frais médicaux à 200 €
Cette mesure augmenterait le plafond des taxes sur les médicaments et les rendez-vous pour la première fois en 20 ans
De nouveaux projets visant à doubler les plafonds annuels des dépenses en France pour les médicaments, les soins et les rendez-vous devraient être mis en œuvre dans les mois à venir, a annoncé la ministre de la Santé Stéphanie Rist jeudi 23 juillet.
La France veut augmenter les plafonds pour le franchises médicales et le participation forfaitaire de 2 € d’un montant cumulé de 100 à 200 € par an.
Cela augmenterait le budget de la sécurité sociale d’environ 775 millions d’euros par an, compensant ainsi une partie de l’endettement croissant du secteur.
L’augmentation de leur plafond annuel respectif de 50 € chacun à 100 € est l’une des nombreuses mesures de santé envisagées par le gouvernement pour réduire la dette avant le début des discussions sur le budget 2027 à l’automne.
D’autres plans prévoient une réduction des taux de remboursement des médicaments plus anciens ou moins efficaces – bien qu’il y ait un débat sur l’efficacité des médicaments plus récents par rapport à leur coût plus élevé.
Des augmentations à franchises médicales et participation forfaitaire de 2 € étaient à l’origine inscrit au budget de la Sécurité sociale 2026 avant d’être supprimé lors de débats acharnés sur le sujet.
Défendant le projet de les augmenter, Mme Rist a déclaré au média RMC que les plafonds n’ont pas augmenté « depuis 20 ans », ce qui est nécessaire pour refléter l’état actuel du budget de la sécurité sociale en France.
Les changements devraient être introduits via un décret gouvernemental et non votés par les députés, a-t-elle ajouté.
Aucune date fixe n’a encore été donnée, mais Mme Rist a indiqué qu’elle pourrait être publiée dès cet été.
Les plafonds vont doubler mais pas les coûts
Il existe deux types de paiements directs effectués par des patients affiliés au système public de sécurité sociale français.
Ces versements sont déduits des remboursements versés par l’assurance maladie de l’État aux patients.
Le premier d’entre eux – le franchise médicale – prend en charge les versements de solidarité de 1 € par boîte de médicaments prescrite, 1 € pour les soins prodigués par des professionnels comme les infirmiers ou les kinésithérapeutes et 4 € par utilisation de transport sanitaire. Son plafond annuel cumulé est de 50 €.
La seconde – la participation forfaitaire – est une contribution forfaitaire versée pour les rendez-vous médicaux (2 € par visite) ainsi que pour les examens (comme les radiographies) et les prises de sang, avec également un plafond annuel de 50 €.
A noter que certains médias français dans leurs reportages regroupent tout cela sous le terme franchises médicales.
Ces frais s’appliquent quel que soit le statut d’assurance de la personne – les patients atteints de maladies de longue durée n’en sont pas exonérés – et les paiements ne sont pas couverts par les mutuelles complémentaires. En revanche, ceux attachés à l’assurance complémentaire de l’État (complémentaire santé solidaire) sont exonérés des taxes.
Certaines autres exonérations existent, notamment pour les enfants, les femmes enceintes (de six mois de grossesse à 12 jours après l’accouchement) et les bénéficiaires de l’aide médicale d’État (aide médicale de l’État) schéma.
Contrairement à un texte précédemment proposé dans la loi de finances de la sécurité sociale pour 2026, rien n’indique que la France envisage d’augmenter le montant non remboursable de ces versements par charge, mais seulement le plafond total.
Augmenter ces plafonds à 100 € chacun – soit un total de 200 € – aurait donc un impact sur ceux qui utilisent le plus les services de santé, tandis que ceux qui n’atteignent généralement pas le plafond sur une année ne seront pas affectés.
D’autres changements en route ?
Bien qu’il s’agisse des principaux changements annoncés jusqu’à présent, d’autres groupes ont des idées divergentes sur la manière de réduire les dépenses de sécurité sociale (ou d’augmenter les recettes/budget) alors que la France est confrontée à des dettes croissantes.
La dette totale accumulée de la sécurité sociale devrait atteindre quelque 175 milliards d’euros d’ici 2028, le déficit budgétaire annuel de la sécurité sociale atteignant 23 milliards d’euros rien qu’en 2025.
Une proposition des commissaires aux comptes de l’État Cour des comptes verrait certains paiements médicaux (y compris franchises médicales) déduits directement du compte bancaire du patient.
Actuellement, ces sommes sont généralement déduites des remboursements, ou, le cas échéant, d’un remboursement futur.
Cependant, certaines personnes ne reçoivent jamais de « remboursements » parce qu’elles ne sont pas tenues d’effectuer un paiement initial (par exemple, si elles sont en complémentaire santé solidaire régime pour les bas revenus).
Dans ces cas-là, la Cpam envoie une facture qu’on leur demande de payer séparément, mais en réalité beaucoup de ces petites dettes ne sont jamais recouvrées.
Les montants dus mais non recouvrés coûtent environ 1,5 milliard d’euros par an et les déductions directes sur les comptes bancaires devraient probablement réduire ce montant de 500 millions d’euros à 1 milliard d’euros par an.
Le Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) souhaite que le gouvernement réévalue ses dépenses en faveur de nouveaux médicaments coûteux, qui, selon elle, n’apportent que rarement des améliorations significatives par rapport à ceux déjà disponibles.
Il indique, à titre d’illustration, qu’il existe aujourd’hui quelque 25 médicaments qui coûtent plus de 80 000 €/an, alors qu’il n’y en avait qu’un il y a dix ans.
Au lieu de cela, il souhaite que les remboursements « donnent la priorité aux traitements et aux protocoles les plus rentables, où l’efficacité est comparable ».
Cela impliquerait de privilégier les médicaments et les traitements qui ne nécessitent pas de visites à l’hôpital, ainsi que d’utiliser autant que possible des génériques et d’autres médicaments bon marché ayant la même action au lieu de nouveaux médicaments coûteux.
La Cnam estime qu’une économie de 128 millions d’euros pourrait être réalisée en adoptant cette approche pour le traitement de quatre maladies graves spécifiques (qu’elle n’a pas nommées).
