Qui sont les pompiers volontaires en France ?

Suite au récent décès tragique d’un pompier volontaire, nous examinons le rôle essentiel qu’il joue dans la vie publique.

« Aujourd’hui, la situation devient insupportable partout en France car il y a des incendies partout »

En début de semaine, Baptiste Gerfaud-Valentin, pompier volontaire de 22 ans, est décédé alors qu’il luttait contre un incendie de forêt dans les Alpes françaises.

Sa mort tragique, mercredi 8 juillet, au Planay (Savoie), survenue après avoir été heurtée par des chutes de pierres, met en lumière les risques pris par les nombreux pompiers volontaires français.

En France, la plupart des personnes qui interviennent en cas d’urgence ne sont pas des pompiers à plein temps, mais plutôt des volontaires, les sapeurs-pompiers volontaires (SPV).

Ils représentent environ 80 % des effectifs des pompiers français et assurent une grande partie des interventions d’urgence, selon Bruno Ménard, secrétaire général du Syndicat des Sapeurs-Pompiers Volontaires de France.

« Ce sont des gens qui veulent donner du temps et de l’énergie à la société », a-t-il déclaré. « Ce sont des gens au bon cœur qui veulent aider les autres. »

Mais il affirme que les exigences imposées aux bénévoles deviennent de plus en plus difficiles à satisfaire.

Les pompiers volontaires ne sont pas des salariés à temps plein. Leur activité s’exerce parallèlement à leur vie professionnelle et personnelle.

Pour beaucoup, cela signifie être disponible en dehors des heures de travail, souvent via un système de garde.

« Un pompier volontaire de garde fait environ 110 à 120 heures de disponibilité par mois, soit 1 200 à 1 400 heures par an », précise M. Ménard.

« Imaginez quelqu’un qui travaille 151 heures par mois pour son employeur et qui fait en plus 100 heures d’activité de pompier. C’est comme travailler 250 heures. »

Dans certaines régions, a-t-il expliqué, les volontaires doivent effectuer des quarts de nuit à la caserne des pompiers entre les jours ouvrables.

« Ils terminent leur travail à 18h, se rendent à la gare à 20h pour une permanence jusqu’à 8h le lendemain matin, puis reprennent le travail. S’ils ont eu plusieurs interventions dans la nuit, ils peuvent rester 36 heures sans dormir. »

Les incendies de forêt exercent une pression accrue sur le système

Les exigences envers les pompiers ont été encore plus fortes durant récentes périodes d’incendies majeurs.

« Aujourd’hui, la situation devient insupportable partout en France car il y a des incendies partout », a-t-il déclaré.

Il a également évoqué le décès de M. Gerfaud-Valentin, soulignant les risques pris par les bénévoles.

« Ils risquent leur vie et ils ne bénéficient même pas de la même protection », a-t-il déclaré, faisant référence aux différences de protection sociale et de soutien dont disposent les pompiers volontaires et professionnels.

Les pompiers volontaires ne reçoivent pas de salaire. Ils reçoivent des indemnités pour leur activité.

M. Ménard a précisé qu’un pompier volontaire de garde perçoit environ 40 centimes par heure de disponibilité.

« Il faut se demander : seriez-vous en mesure de donner 110 heures de disponibilité chaque mois au service public et de toucher 40 € ?

Un autre sujet de préoccupation de M. Ménard concerne la protection offerte aux volontaires blessés lors des opérations.

Selon lui, les volontaires ne bénéficient pas de la même protection sociale que les pompiers professionnels. « Nous avons eu des cas de pompiers volontaires qui ont perdu leur emploi », a-t-il déclaré.

Il donne l’exemple d’une infirmière pompier volontaire en Dordogne qui a été blessée lorsque le véhicule dans lequel elle voyageait a été heurté lors d’une intervention. Selon M. Ménard, elle a ensuite perdu son emploi et a été confrontée à des difficultés financières.

Comment le devenir

Pour devenir sapeur-pompier volontaire, les candidats doivent être âgés d’au moins 16 ans et réussir des évaluations médicales et physiques pour confirmer qu’ils sont aptes au poste.

Le poste est ouvert aux ressortissants français et étrangers. Les candidats étrangers doivent résider légalement en France et remplir certaines conditions civiques, notamment avoir leurs droits civils reconnus dans leur pays d’origine et ne pas avoir de condamnation pénale pertinente.

Les bénévoles s’engagent initialement pour une durée de cinq ans, renouvelable. Ils suivent une formation d’une durée d’environ 30 jours répartis sur une à trois années, suivie d’une formation continue pour entretenir et développer leurs compétences.

Les demandes s’effectuent auprès du service départemental d’incendie et de secours (SDIS).

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