Pourquoi laisser les acheteurs emménager plus tôt peut se retourner contre eux en France

Une récente décision de justice française met en évidence les risques pour les vendeurs

Lorsqu’un notaire rédige le contrat, celui-ci devient un acte authentique, doté d’une plus grande autorité légale.

Les risques liés au fait de permettre aux acheteurs d’emménager dans une propriété avant la signature finale ont été mis en évidence par une récente affaire judiciaire dans laquelle les vendeurs ont perdu leur maison après qu’elle ait été détruite par un incendie.

Le système français d’achat de biens immobiliers implique généralement un délai d’au moins trois mois entre l’accord initial, le compromis de venteet la signature finale, l’acte de vente.

Cependant, il n’est pas rare que les acheteurs et les vendeurs parviennent à un accord pour remettre les clés avant que la vente ne soit officiellement finalisée.

Dans une affaire entendue devant la plus haute juridiction de France, la Cour de cassation, un vendeur était tenu d’effectuer des travaux sur son bien après le compromis de vente, avant que le couple acheteur ne signe l’acte de vente.

En attendant la fin des travaux, le vendeur a permis aux acheteurs d’emménager dans la maison sans loyer, l’arrangement étant consigné dans un acte sous seing privé.

Un acte sous voir privé est un contrat juridiquement contraignant signé en privé par les parties, sans être rédigé par un notaire. Il est couramment utilisé pour les étapes préliminaires des ventes immobilières. Lorsqu’un notaire rédige le contrat, celui-ci devient un acte authentique, doté d’une plus grande autorité légale.

Après avoir signé le gré à gré le 29 novembre 2019, les vendeurs ont résilié leur contrat d’assurance habitation pour la propriété.

Les acheteurs se retirent de la vente

Mais le 9 décembre, la maison a été détruite par un incendie, après quoi les acheteurs se sont retirés de la vente.

Leurs assureurs ont refusé de payer, arguant que l’acte sous seing privé ne constituait pas un contrat de location valide.

Les vendeurs ont intenté une action en justice contre les acheteurs, la compagnie d’assurance et leur banque pour tenter d’obtenir des fonds pour reconstruire la maison.

Cependant, le tribunal a rejeté leurs demandes, estimant dans son jugement que le fait que les acheteurs occupaient la propriété sans loyer au moment de l’incendie signifiait que les obligations habituelles des locataires d’assurer la propriété dans laquelle ils vivaient ne s’appliquaient pas.

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