Tempête chez Louis Vuitton : la succession d’Arnault inquiète les investisseurs sur fond de baisse des ventes
La direction de Louis Vuitton Moët Hennessy (LVMH) – le géant mondial qui regroupe des marques telles que Louis Vuitton, Dior, Fendi et Tiffany – commence à avoir des doutes sur l’avenir du groupe de mode le plus important au monde.
Le géant français est confronté à plusieurs fronts. D’un côté, des résultats médiocres, avec une baisse des bénéfices de 13%, qui montrent que le secteur du luxe ne traverse pas son meilleur moment. En revanche, les investisseurs s’inquiètent du silence du propriétaire du groupe, Bernard Arnault, sur son successeur.
Ce mercredi, LVMH a annoncé qu’en 2025 son bénéfice net avait diminué d’environ 13% par rapport à l’année précédente, pour atteindre 10,878 millions d’euros, tandis qu’un chiffre d’affaires en baisse de près de 5%, à 80,807 millions, avec une baisse de 1% en organique.
Comme le justifie l’entreprise, ces résultats ont été plombés par la force de l’euro ; Par ailleurs, le président-directeur général de LVMH a exprimé sa prudence quant à l’exercice 2026, estimant que ce ne sera pas non plus une année facile.
Pour toutes ces raisons, LVMH s’est effondré en Bourse, entraînant dans la chute tout le secteur du luxe. L’action du géant du luxe a chuté de plus de 8% ce mercredi, après la présentation des résultats.
Dans le même ordre d’idées, le reste des valeurs européennes du secteur ont enregistré des baisses au cours de la séance, avec notamment des baisses de 6,25% pour Christian Dior, 3,83% pour Kering, 2,82% pour Moncler, 2,19% pour Prada et 2,10% pour Burberry, tandis que les actions Hermés ont chuté de 1,8% et celles de l’entreprise espagnole Puig ont perdu 0,78%.
L’empire Louis Vuitton, sans héritier
Au-delà des chiffres, l’une des grandes inquiétudes des investisseurs est l’incertitude sur la succession de Bernard Arnault, comme l’explique Reuters. A 76 ans, Arnault, celui qui dirige LVMH depuis près de quatre décennies, n’a toujours pas indiqué publiquement qui prendra les rênes du groupe lorsqu’il ne sera plus là.
L’homme d’affaires français a cinq enfants, tous participant activement au conglomérat commercial. Et pour l’instant, même si la retraite d’Arnault se rapproche, il n’y a toujours pas de successeur désigné ni de plan de transition défini, du moins publiquement. Arnault est, outre le président-directeur général, le principal actionnaire du groupe, ce qui renforce encore le poids de sa figure au sein de la holding.
Son silence sur le remplacement a longtemps généré un malaise chez certains investisseurs institutionnels, qui considèrent que l’absence d’un plan de succession clair représente un « risque de gouvernance » dans une entreprise de cette taille. C’est pour cette raison que les actionnaires commencent à exprimer leur mécontentement face au manque d’information et exigent de la transparence sur la question pour apaiser les marchés.
Un mouvement suspect
L’incertitude liée à l’éventuelle absence de projets s’est accrue il y a un an, lorsqu’Arnauld a pris une décision qui a suscité de nombreux soupçons sur le marché. En avril dernier, il a prolongé pour la deuxième fois la limite d’âge pour exercer les fonctions de PDG et de président, afin de pouvoir continuer à diriger le groupe jusqu’à l’âge de 85 ans.
Pour certains investisseurs, cette mesure n’est qu’un moyen de gagner du temps, mais elle ne constitue pas une solution structurelle au problème de succession. De son côté, LVMH explique que des plans de succession existent, même s’ils ne sont pas publics.
