Quentin, héros de l'Europe | Vozpopuli

Un conseiller de Melenchón, parmi les personnes arrêtées pour le meurtre de Quentin à Lyon

Sept des onze détenus impliqués dans l’assassinat du jeune franco-péruvien Quentin Deranque resteront en prison, dans l’attente de leur procès sous l’accusation d’« homicide volontaire », comme l’a indiqué jeudi après-midi le procureur de Lyon, Thierry Dran.

Le chef du parquet de la ville où se sont produits les événements a confirmé que l’un des détenus est un conseiller parlementaire, sans avoir annoncé son nom, le secret judiciaire l’en empêchant. Toute la France sait qu’il s’agit de Jacques-Eli Favrot, membre de la milice d’extrême gauche « Jeune Garde », autoproclamée « antifasciste », liée au parti politique « La France Insoumise », de Jean-Luc Melenchón.



Favrot est assistant parlementaire du député LFI d’Avignon Raphaël Arnault, fondateur de la « Jeune Garde ». Arnault lui-même est fiché « S » par la police, en tant que protagoniste d’actes de violence, mais LFI refuse de l’exclure de l’Assemblée. La mise en examen de Favrot pourrait être un coup dur pour le parti d’extrême gauche français, puisqu’en plus de l’accusation d’« homicide volontaire », les personnes impliquées feront l’objet d’une enquête pour « association de malfaiteurs ».

Outre Melenchón, les principaux représentants de « La Francia Insumisa » ont rapidement nié leurs liens avec Favrot, l’un des membres les plus connus de la Jeune Garde, également accusé de possession d’armes et de vol. Il a été « licencié » par le parti avant même la décision du procureur.

LFI se protège des soupçons grâce à une stratégie de victimisation et dénonce les attaques contre ses bureaux et ses circonscriptions, ainsi qu’une menace à la bombe que certains interprètent comme un écran de fumée pour résister à l’avalanche de critiques qui pèsent sur le parti pour son soutien à la « Jeune Garde », chose impossible à douter, comme en témoignent les photos, vidéos, rassemblements et déclarations de Melenchón et de tous ses lieutenants.

Le procureur de Lyon a également indiqué qu’il n’avait pas encore été possible de localiser les autres participants au lynchage de Quentin, dont la police de Lyon travaille toujours à retrouver la trace. Deux des sept personnes qui resteront détenues ont refusé de faire des déclarations. Les trois femmes initialement détenues ont été provisoirement libérées, dans l’attente d’une enquête plus approfondie. Trois juges seront chargés d’enquêter sur les faits, ce qui implique un processus long dans le temps.

Tension dans les rues et répercussions électorales

L’assassinat du jeune nationaliste catholique Quentin Deranche maintient la France entière dans un état de tension et les forces de l’ordre en alerte. Samedi prochain, une grande manifestation est prévue à la mémoire de l’étudiant à Lyon. Grégory Doucet, le maire vert de la ville, a demandé l’interdiction de ces hommages. Doucet est également accusé d’avoir soutenu la « Jeune Garde », comme le démontrent des affiches et des déclarations de membres de son propre parti. Son rival de centre droit aux élections municipales du 15 mars, Jean-Michel Aulas, homme d’affaires à succès et ancien président de l’équipe olympique de football de Lyon, a de son côté demandé qu’une affiche à l’effigie de Quentin soit apposée sur la façade de l’hôtel de ville.

Les membres de la formation politique de Melenchón se sont empressés ces derniers jours d’effacer les signes de soutien à la « Jeune Garde » de leurs affiches et brochures électorales. À un peu moins d’un mois des municipales et à un an et demi de la présidentielle, l’assassinat de Quentin pourrait nuire gravement aux espoirs de la « France insoumise » et du reste des partis de gauche jusqu’ici alliés à LFI et qui pourraient donc être touchés par le drame qui tient la France en haleine. Les forces macronistes pourraient aussi laisser plus qu’une plume dans les sondages, puisque l’élection des députés mélenchonistes liés aux « antifas » de la « Jeune Garde » a été favorisée par le retrait des candidats centristes dans les circonscriptions où le parti de Marine Le Pen pourrait l’emporter.

Tension entre Macron et Meloni sur le « cas Quentin »

L’assassinat de Quentin a également provoqué des tensions entre Paris et Rome. La chef du gouvernement italien, Giorgia Meloni, a déclaré que « ce qui s’est passé à Lyon est une blessure pour toute l’Europe ». Emmanuel Macron lui a répondu jeudi depuis l’Inde, en lui disant « d’arrêter de commenter ce qui se passe chez les autres ». « Ce sont toujours les nationalistes », a-t-il ajouté, « qui s’occupent de ce qui se passe dans les autres pays ». Le président français ignore peut-être que des membres de la « Jeune Garde », comme Raphaël Arnault, se trouvaient à Rome lorsqu’un groupe d’« antifascistes » locaux a attaqué des membres du parti du premier ministre italien, « Fratelli d’Italia ».





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