Pourquoi vivre en France mais investir uniquement au Royaume-Uni crée des risques

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Il est déconseillé de conserver la majeure partie de votre argent dans un seul pays

Beaucoup de gens remettraient probablement en question la logique de tout maintenir financièrement lié à un pays dans lequel ils ne vivent plus.

Permettez-moi de commencer par renverser la situation pendant un moment. Imaginez un couple français s’installant au Royaume-Uni. Ils achètent une maison, s’y installent définitivement et vivent leur quotidien entièrement en livres.

Pourtant, financièrement, ils continuent à faire tout le reste en France. Leur conseiller est à Paris, leurs investissements restent structurés autour du système français et l’essentiel de leurs actifs y reste concentré.

D’un point de vue britannique, cela semblerait complètement fou. Beaucoup de gens remettraient probablement en question la logique de tout maintenir financièrement lié à un pays dans lequel ils ne vivent plus. Pas d’ISA, pas d’obligations à prime, rien d’aligné du tout sur le système britannique.

Alors pourquoi tant de nouveaux arrivants en France font-ils exactement la même chose ici ?

Bien entendu, avoir des actifs dans son pays d’origine est compréhensible. Après tout, la plupart des richesses y ont été accumulées au fil des décennies grâce aux retraites, à la propriété, à l’épargne et aux investissements.

Cependant, une fois que vous vivez de manière permanente en France, garder la majorité de votre patrimoine liée à un seul pays et à une seule devise peut créer des risques qui sont souvent négligés.

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Le problème du « biais domestique »

Les économistes qualifient cette tendance de « biais national » ; c’est-à-dire une tendance naturelle des gens à conserver la majeure partie de leur argent dans le pays qu’ils connaissent le mieux.

Pour les Britanniques en France, par exemple, cela signifie souvent un portefeuille dominé par :

Bien qu’il n’y ait rien de mal en soi à détenir des actifs britanniques, des problèmes surviennent lorsqu’une trop grande partie de votre patrimoine est concentrée sur un seul marché ou sur une seule devise.

Investissez dans d’autres devises

L’une des considérations les plus importantes est l’exposition aux devises. Une fois résident en France, la plupart de vos dépenses quotidiennes sont payées en euros. Pourtant, de nombreuses personnes continuent de détenir une part importante de leur patrimoine dans des actifs libellés en monnaie nationale.

Cette inadéquation peut créer des défis au fil du temps. Les taux de change peuvent varier considérablement, parfois sur des périodes relativement courtes.

Si la livre sterling s’affaiblit par rapport à l’euro, la valeur des revenus et des actifs basés au Royaume-Uni pourrait chuter en termes réels par rapport au coût de la vie en France.

La diversification des investissements dans toutes les devises peut contribuer à réduire ce risque et à créer une situation financière plus équilibrée, adaptée à vos besoins de dépenses.

Un autre problème lié à une forte exposition au marché intérieur est la concentration du marché. Ceci est particulièrement courant et problématique pour les Britanniques.

En effet, le marché boursier britannique ne représente qu’une petite partie de l’économie mondiale, alors que de nombreux Britanniques détiennent des portefeuilles largement axés sur des fonds ou des entreprises nationaux.

Une approche plus diversifiée permet aux investisseurs de participer à la croissance dans plusieurs régions et secteurs du monde entier, plutôt que de s’appuyer sur les performances économiques d’un seul pays.

La diversification mondiale n’élimine pas la volatilité, mais elle peut certainement contribuer à réduire l’impact des ralentissements régionaux et à créer un parcours d’investissement à long terme plus fluide.

Structurer les investissements pour la vie en France

Au-delà de la diversification, il est également important de réfléchir à la manière dont les investissements sont structurés une fois résident en France.

Il est peu probable que les dispositifs d’investissement efficaces dans le pays d’origine bénéficient du même traitement en vertu des règles fiscales françaises.

Revoir les structures existantes et les aligner sur le système français peut souvent réduire les impôts, tout en apportant une simplicité administrative.

Par exemple, pour la plupart des résidents français, investir via une société d’assurance peut constituer un cadre flexible et fiscalement avantageux. Associé à des fonds diversifiés à l’échelle mondiale, il peut constituer la base d’une stratégie d’investissement à long terme adaptée à la vie en France.

Équilibrer la familiarité avec les opportunités

Conserver certains actifs du pays d’origine peut s’avérer judicieux, en particulier lorsqu’ils concernent des retraites ou des investissements à long terme. La clé est de s’assurer que les portefeuilles sont correctement équilibrés.

Une stratégie bien diversifiée répartit généralement les investissements entre :

  • Différentes régions ;

  • Plusieurs secteurs ;

  • Diverses devises, mais majoritairement des euros ;

  • Une gamme de classes d’actifs.

Cette approche réduit la dépendance à l’égard d’un marché unique et vous permet de bénéficier d’opportunités partout dans le monde.

S’installer en France n’est pas seulement un changement de mode de vie ; c’est aussi un changement de contexte financier.

Les actifs qui étaient parfaitement appropriés lorsque vous viviez dans votre pays d’origine bénéficieront souvent d’un nouveau look une fois que vos dépenses, votre fiscalité et vos projets à long terme seront centrés en France.

Prendre le temps d’examiner votre exposition globale, y compris la devise, la géographie et la structure d’investissement, peut vous aider à garantir que vos actifs reflètent votre nouvelle vie à l’étranger plutôt que votre passé.

Après tout, un investissement réussi consiste rarement à prédire l’avenir. Il s’agit de constituer un portefeuille suffisamment résilient pour faire face à tout ce que l’avenir nous réserve.

Christopher Davenport est conseiller financier chez Kentingtons.

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