Peut-on louer une résidence secondaire SCI en France ?
Les locations meublées à court terme via le dispositif peuvent créer des risques fiscaux importants
Question du lecteur : Moi et plusieurs autres membres de la famille possédons une résidence secondaire via une SCI. Peut-on le louer ponctuellement en location saisonnière pour générer des revenus ?
Il faut être prudent : dans de nombreux cas, la location meublée de courte durée via une SCI peut créer des risques fiscaux importants.
La plupart des SCI familiales sont constituées au titre de l’impôt sur le revenu (impôt sur le revenu –IR).
Si une SCI réalise des locations meublées, le fisc peut requalifier l’activité en commerciale, ce qui peut apparaître comme incompatible.
Ceci peut conduire à une imposition de la SCI au titre de l’impôt sur les sociétés, souvent avec effet rétroactif, et peut conduire à une perte d’exonération d’impôt sur les plus-values en fonction de la durée de détention.
Il peut y avoir une tolérance limitée si les revenus des locations de vacances meublées restent inférieurs à environ 10 % des recettes totales de la SCI, mais un cas récent a montré que même quelques semaines de location de vacances (par exemple sur Airbnb) peuvent déclencher une réévaluation.
Il peut aussi y avoir d’autres conséquences. Par exemple, si un tel bien est mis à la disposition des actionnaires sans qu’ils paient de loyer, cela peut alors être traité comme un avantage pour eux sur lequel ils doivent payer personnellement de l’impôt.
Si votre objectif est de louer le bien meublé, structures alternatives comme une SARL familiale ou Société en nom collectif c’est peut-être mieux.
Dans certains cas, une SCI peut louer le bien non meublé à une autre entité (y compris les actionnaires eux-mêmes), qui réalise alors des locations meublées – mais cela nécessite une structuration minutieuse.
Compte tenu des risques, il est conseillé de demander l’avis d’un professionnel avant de procéder à cette opération.
