Peut-on cueillir des fruits gratuitement en France ?
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Ce qu’il faut garder à l’esprit avant de remplir votre panier des bienfaits de la nature cet automne
Avec la récolte d’automne qui approche et les arbres qui commencent à se remplir de pommes, de poires, de prunes, de mirabelles et d’autres produits de saison, vous pourriez vous retrouver à en cueillir pour les goûter.
Dans certaines villes et communes, les habitants peuvent cueillir des fruits gratuitement mais ce n’est pas toujours le cas, il est donc important de comprendre la réglementation locale avant de partir avec votre panier.
L’une des communes qui autorise la cueillette gratuite des fruits est Villerupt, en Meurthe-et-Moselle, où les arbres dont les fruits peuvent être cueillis sont signalés par des rubans jaunes. L’idée est d’éviter le gaspillage des fruits tout en donnant aux populations locales la possibilité d’accéder gratuitement aux produits de saison.
« Plutôt que de les laisser finir par terre, autant en profiter et en faire profiter nos habitants », a déclaré au Parisien Véronique Guillotin, la maire de Villerupt.
À Angers (Maine-et-Loire), les gens sont libres de cueillir les fruits des vergers répartis dans l’espace public de la ville, les fruits proposés étant notamment des pommes, des poires et des cerises.
Parallèlement, à Lunel-Viel, dans l’Hérault, la commune a planté depuis 2021 255 arbres fruitiers et 91 vignes à travers des parcs, places, jardins publics, également ouverts au public pour une cueillette gratuite.
Qu’en est-il des fruits et légumes sur des terrains privés ?
La pratique de la cueillette de produits qui autrement seraient gaspillés a une longue histoire en France et est si bien établie qu’il existe même un terme pour la désigner.
C’est ce qu’on appelle le glanageou glanage, et consiste à ramasser les fruits indésirables pour éviter qu’ils ne pourrissent sur le sol.
Dans une réponse parlementaire en 2017, le ministère de l’Agriculture a qualifié la glanage de « droit ancestral qui ne peut être exercé sur la terre d’autrui qu’une fois la récolte supprimée ».
Cela permet de ramasser les déchets de fruits qui se trouvent déjà au sol et qui ne font pas partie de la récolte.
Le ministère a précisé que le glanage est autorisé de jour et sans outils, à condition que la récolte soit terminée.
Toutefois, cela n’est pas autorisé sur les terrains clôturés et les municipalités peuvent imposer leurs propres restrictions.
Si vous souhaitez en savoir plus sur la pratique, la célèbre cinéaste française Agnès Varda a réalisé en 2000 un documentaire sur le glanage intitulé Les glaneurs et la glaneuse (sorti en anglais sous le titre The Gleaners and I).
Le glanage est différent du maraudage, qui consiste à prélever des fruits ou légumes cultivés avant qu’ils ne soient récoltés, et du grappillage, qui consiste à collecter ce qui reste sur les arbres fruitiers ou les vignes après la récolte.
En général, il est plus sûr de supposer que les fruits et légumes poussant sur un terrain privé ne peuvent être cueillis que si vous avez l’autorisation expresse du propriétaire du terrain.
Cueillir des fruits sans leur autorisation pourrait constituer un vol selon le code pénal français. La meilleure approche consiste à vérifier à qui appartient le terrain et à demander la permission, le cas échéant.
Enfin, le site Internet Fallingfruit.org propose une carte mondiale des lieux où les fruits peuvent être cueillis gratuitement, y compris en France.
