Les codes PIN des cartes en France vont-ils progressivement disparaître ?

L’utilisation de la nouvelle technologie biométrique change le paysage bancaire

La généralisation de l’authentification par empreinte digitale reflète l’évolution vers les paiements biométriques en France

L’approbation des paiements par carte bancaire devient biométrique en France, avec une nouvelle technologie de reconnaissance d’empreintes digitales remplaçant le besoin de codes PIN.

Un certain nombre de banques, dont BNP Paribas et Crédit Agricole, proposent déjà de telles options, grâce auxquelles la reconnaissance des empreintes digitales (ou plus précisément, dans la plupart des cas, l’empreinte du pouce) est utilisée pour approuver les paiements sans contact.

BNP Paribas propose actuellement cette option avec sa carte Visa Premier (au tarif de 134 € par an), avec un supplément annuel de 24 €. À l’heure actuelle, il est commercialisé principalement auprès des voyageurs fréquents et des travailleurs indépendants, mais il devrait devenir plus répandu à l’avenir, rapporte un site spécialisé en technologie. Les Numériques.

De même, en novembre 2024, Mastercard a révélé son projet « Vision 2030 » visant à utiliser la technologie des empreintes digitales pour remplacer le système actuel de paiement en ligne, qui oblige les utilisateurs à saisir le numéro de carte à 16 chiffres et un code SMS à usage unique (code d’accès à usage unique).

Cela fait suite à l’introduction en juin 2024 du système « Sans Contact Plus » en France, qui a vu la limite de paiement sans contact levée – mais n’a pas vraiment réussi à passer entièrement aux paiements sans code PIN. Pour les achats supérieurs à 50 €, les utilisateurs peuvent désormais appuyer (plutôt que d’insérer) leur carte sans contact sur le terminal de paiement, mais ils doivent toujours saisir manuellement leur code PIN pour finaliser la transaction.

L’approbation biométrique contourne complètement cela, en supprimant le plafond de 50 € ou la nécessité d’un code PIN. Il fonctionne également sans que les commerçants aient besoin de mettre à jour ou de modifier leurs terminaux de paiement. Les données restent privées et ne sont ni vues ni stockées par le commerçant.

Nouvelle technologie

Les changements dans la technologie de fabrication des cartes ont facilité cette avancée et permettent désormais d’intégrer un capteur d’empreintes digitales et une antenne dans une carte. Un capteur capacitif actif extrait l’énergie du champ électromagnétique du terminal en quelques millisecondes, éliminant ainsi le besoin d’une batterie séparée.

Les cartes permettant l’approbation biométrique coûtaient autrefois à l’émetteur entre 15 et 20 € en 2020, mais les développements dans le secteur manufacturier ont désormais réduit ce coût à moins de 5 € par carte, ce qui permet aux banques de présenter le système plus facilement à un plus grand nombre (sinon à la totalité) de clients.

Un autre problème récemment résolu concerne la manière d’enregistrer en premier lieu l’empreinte digitale de l’utilisateur.

Certaines banques proposent à leurs clients de le faire en agence, tandis que d’autres, dont le Crédit Agricole, envoient par courrier aux usagers des kits leur permettant à la fois de réaliser la démarche et de recycler le plastique à domicile.

Pour l’instant, ce système est déployé progressivement, après une période d’essai réussie en Lorraine, Champagne-Bourgogne et Indre-et-Loire, pour les clients détenteurs de cartes Mastercard Gold et World Elite.

Cependant, les critiques estiment que ces solutions sont peu pratiques et inutiles, car elles nécessitent l’envoi des kits par la poste – ce qui ajoute des retards et des étapes supplémentaires à la configuration de la carte – tout en générant des déchets plastiques inutiles.

Au lieu de cela, les essais d’une autre méthode d’enregistrement des empreintes digitales, baptisée F.CODE, voient les utilisateurs placer leur nouvelle carte contre l’arrière de leur téléphone.

Cela génère un champ électromagnétique suffisamment puissant pour alimenter la puce de la carte, et les étapes restantes sont effectuées via une application. Le processus est similaire à la configuration de la reconnaissance d’empreintes digitales ou faciale sur les téléphones mobiles, que beaucoup connaissent déjà.

Cartes anti-fraude

Au fur et à mesure du déploiement de la nouvelle technologie, les cartes physiques contiendront progressivement des informations de moins en moins lisibles ou sensibles. Mastercard appelle déjà ces cartes « sans nombre ».

De nombreuses nouvelles cartes de crédit, y compris celles émises par la Société Générale et BNP Paribas en France, comportent déjà le numéro de carte, la date d’expiration et le code de sécurité au dos de la carte en petits caractères uniquement. Certaines cartes ne le montrent même pas.

Cela rend les cartes moins précieuses pour les fraudeurs ou les voleurs : à terme, une carte perdue ou volée sera inutilisable sans les informations biométriques du propriétaire et ne contiendra aucune information utile sur ou à l’intérieur.

Le système « d’empreintes digitales » permet aux banques de conserver l’utilité des cartes physiques en plastique, plutôt que de les transformer entièrement numériques comme avec des systèmes tels qu’Apple Pay réservé aux smartphones. Cela leur permet également de bénéficier des avantages de sécurité de la reconnaissance d’empreintes digitales tout en évitant toute confusion pour les utilisateurs déjà familiers avec de tels systèmes.

De même, les utilisateurs conserveront la possibilité de saisir leur code PIN s’ils ne peuvent pas utiliser leur doigt ou leur pouce (par exemple s’ils ont eu un accident et que leur main est dans le plâtre, etc.).

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