Lecornu sauve sa première motion de censure grâce aux socialistes
Un peu de stabilité en France. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a vaincu ce jeudi la motion de censure promue par l'extrême gauche, la France Insoumise, et qui avait le soutien des écologistes, des communistes mais aussi de Marine Le Pen avec son Rassemblement national. Il a obtenu 271 voix pour, soit près des 289 nécessaires pour renverser le gouvernement. L'opposition de droite présente désormais sa propre motion de censure, mais avec peu de chances de succès.
Avant le vote, Lecornu a lancé une diatribe entre « ordre républicain » et « désordre » pour demander une période minimale de confiance et, dans un message aux partis d'opposition, il les a exhortés à ne pas accélérer les délais, car « les élections présidentielles auront lieu » et « il y aura du temps pour faire campagne ». En ce sens, il les a accusés de prendre les budgets généraux comme « otages » d’intérêts partisans, en faisant à nouveau appel à un consensus pour avancer avant la fin de l’année les comptes publics 2026.
Cependant, dans les rangs du Rassemblement national, Marine Le Pen a reconnu qu'il y avait dans son groupe une « impatience croissante » d'aller aux urnes, alors que les partis alliés du président Emmanuel Macron « font tout leur possible pour l'éviter ». « Vous reviendrez, la tête baissée et le visage abattu, avec la honte de ceux qui n'ont fait que gagner du temps », a déclaré Le Pen depuis la tribune, selon la chaîne 'BFM TV'.
Les socialistes, qui avaient déjà annoncé qu'ils accorderaient un vote minimum de confiance à Lecornu après son geste sur les retraites, ont souligné ce jeudi par la voix de leur chef, Olivier Faure, qu'ils ne soutiendraient aucune motion de censure contre le gouvernement « tant que le Parlement sera respecté ». S'ils comprennent que cette circonstance n'existe pas, « surtout en ce qui concerne les retraites », il y aura une censure « immédiate », selon les mots de Faure.
La porte-parole des députés LFI, Mathilde Panot, a reproché au Parti socialiste sa « responsabilité historique » de ne pas s'être ralliée aux motions et s'en est directement prise à sa direction. Dans un message aux députés, il a demandé : « Rompez les rangs, ne vous laissez pas entraîner par la direction du Parti socialiste dans une alliance avec le gouvernement Macron ».
