Venezuela holds military exercise after UK sends warship to waters off Guyana thumbnail

Le Venezuela organise un exercice militaire après que le Royaume-Uni a envoyé un navire de guerre au large de la Guyane

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a ordonné jeudi à plus de 5 600 militaires de participer à un exercice « défensif », en réponse à l’envoi par la Grande-Bretagne d’un navire de guerre au large de la Guyane.

Maduro a déclaré qu’il lançait « une action commune de nature défensive en réponse à la provocation et à la menace du Royaume-Uni contre la paix et la souveraineté de notre pays ».

La Grande-Bretagne a annoncé dimanche qu’elle détournerait le patrouilleur HMS Trent vers la Guyane, une ancienne colonie britannique, au milieu du conflit territorial latent entre ce pays d’Amérique du Sud et son voisin Venezuela au sujet de la région pétrolière d’Essequibo.

Une source du ministère guyanais des Affaires étrangères, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a indiqué à l’AFP que le navire devait arriver vendredi et resterait sur son territoire « moins d’une semaine » pour des exercices de défense en haute mer. Le navire n’accostera pas à Georgetown.

Regarder plusPourrait-il y avoir un conflit entre le Venezuela et la Guyane sur la région contestée d’Essequibo ?

L’émission télévisée accompagnant l’annonce de Maduro montrait des avions de combat participant à l’exercice vénézuélien, ainsi que des navires et des patrouilleurs océaniques.

Le gouvernement vénézuélien avait demandé plus tôt à la Guyane, dans un communiqué, « de prendre des mesures immédiates pour le retrait du HMS Trent et de s’abstenir d’impliquer les puissances militaires dans la controverse territoriale ».

« Nous sommes des guerriers »

Maduro affirme qu’Essequibo – qui représente environ les deux tiers du territoire de la Guyane – est en réalité une terre vénézuélienne, une controverse vieille de plusieurs décennies qui a éclaté depuis la découverte d’énormes gisements de pétrole dans ses eaux.

Cette flambée de violence a fait craindre dans la région un conflit potentiel sur une zone isolée de 160 000 kilomètres carrés (62 000 milles carrés).

Les voisins sud-américains ont convenu au début du mois de ne pas recourir à la force pour régler le différend, lors d’une réunion entre Maduro et le président guyanais Irfaan Ali.

« Nous croyons à la diplomatie, au dialogue, à la paix », a déclaré Maduro.

« Mais personne ne devrait menacer le Venezuela, personne ne devrait embêter le Venezuela. Nous sommes des hommes de paix, nous sommes un peuple de paix, mais nous sommes des guerriers et cette menace est inacceptable pour tout pays souverain », a-t-il déclaré.

« La menace de l’ex-empire décadent et pourri du Royaume-Uni est inacceptable. »

Un ministre britannique des Affaires étrangères, David Rutley, s’est rendu en Guyane au début du mois et a réitéré que les frontières souveraines « doivent être respectées » et que Londres œuvrerait au niveau international « pour garantir le respect de l’intégrité territoriale de la Guyane ».

Le gouvernement de Maduro a organisé un référendum controversé le 3 décembre au cours duquel 95 pour cent des électeurs, selon les responsables du gouvernement de gauche dure, ont soutenu la déclaration du Venezuela comme propriétaire légitime d’Essequibo.

Il a depuis entamé des manœuvres juridiques pour créer une province vénézuélienne à Essequibo et a ordonné à la compagnie pétrolière nationale de délivrer des licences pour l’extraction de brut dans la région.

Ali du Guyana a qualifié ces mesures de « grave menace à la paix et à la sécurité internationales ».

(AFP)

A lire également