Le propriétaire d’Airbnb en France condamné à rembourser 10 000 € pour des travaux d’échafaudage

Un tribunal français a jugé que les travaux de rénovation en cours et la réduction de la lumière naturelle affectaient considérablement la jouissance du bien par le locataire.

Le tribunal a jugé que le locataire n’avait pas été correctement informé des travaux de rénovation

Une locataire d’Airbnb a poursuivi en justice le propriétaire de l’appartement qu’elle avait loué pendant l’été pour avoir omis de divulguer les travaux d’échafaudage en cours sur la propriété.

La femme a loué l’appartement en Normandie du 15 juillet au 24 août l’été dernier pour la deuxième année consécutive pour la somme de 10 100 €.

La locataire, identifiée dans les documents judiciaires comme étant Mme F, louait l’appartement avec son défunt mari, décédé en mai 2025.

Cependant, dès le lendemain du début de la période de location, son avocat a contacté le propriétaire pour exiger l’annulation du contrat, arguant qu’elle n’avait pas été informée des travaux de construction en cours dans la propriété et qu’elle avait donc consenti au contrat sans disposer de toutes les informations pertinentes.

Selon le locataire, la présence de l’échafaudage « obstruait la lumière dans plusieurs pièces de l’appartement et constituait une source d’insécurité ».

De son côté, la propriétaire – identifiée comme Mme B – a fait valoir que les échafaudages avaient été placés uniquement sur la façade arrière de l’immeuble et ne nuisaient pas à la jouissance de l’appartement ni à la vue mer.

Elle a également affirmé que la locataire était peut-être déjà au courant des travaux de rénovation prévus puisqu’elle était auparavant copropriétaire de l’immeuble. Cependant, le tribunal a estimé qu’il n’y avait aucune preuve qu’elle savait quand les travaux seraient effectivement exécutés.

Le tribunal de Lisieux a finalement donné raison au locataire, estimant que l’échafaudage obstruait effectivement de manière significative la lumière naturelle. Les juges ont également noté que, parce que la structure facilitait l’escalade, elle était susceptible d’encourager les effractions. « De telles perturbations de la jouissance ont nécessairement une incidence déterminante sur le consentement du locataire, notamment s’il s’agit d’une location de vacances, qui doit être propice au calme et à la tranquillité », précise le tribunal.

Un autre facteur qui a contribué à la décision est que le locataire avait loué le même appartement l’année précédente pendant 58 nuits pour 14 000 €, soit 245 € par nuit.

Cependant, lors de ce séjour, aucun échafaudage n’était présent. Lorsqu’elle a reloué l’appartement en 2025 pour 40 nuits, le prix était de 10 100 €, soit 253 € la nuit. Cela signifiait que la présence des travaux de construction n’avait pas été prise en compte par le propriétaire, qui avait maintenu les prix quasiment les mêmes.

Le tribunal a annulé le contrat et condamné le propriétaire à rembourser à la locataire 10 100 €, à lui verser 500 € de dommages et intérêts pour préjudice moral (le locataire avait initialement demandé 2 500 €) et à prendre en charge 1 200 € de frais de justice.

Le tribunal a également noté que deux avis Airbnb publiés en août 2025 confirmaient que des travaux de construction étaient alors en cours et provoquaient des nuisances sonores.

Les juges ont finalement conclu que la propriétaire avait commis un « recel frauduleux » en omettant d’informer la locataire des conditions considérées comme déterminantes pour son consentement.

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