Le Conseil constitutionnel bloque la suppression des zones à faibles émissions pour les conducteurs en France

Le vote pour mettre fin aux zones à faibles émissions (ZFE) annulé après examen

Les ZFE (zones à émissions faibles) imposent aux véhicules pénétrant dans certaines zones urbaines d’apposer une vignette Crit’Air classant leurs émissions de 0 (véhicules 100 % électriques) à 5 (camions diesel),

Les zones de conduite à faibles émissions (ZFE) doivent rester dans les zones urbaines après qu’un vote parlementaire visant à y mettre fin ait été annulé après un examen par le Conseil constitutionnel français le 21 mai.

Le conseil a jugé que l’amendement abolissant les zones n’était pas suffisamment lié au projet de loi plus large de « simplification économique » dans lequel il avait été inséré – l’a annulé pour des raisons de procédure.

Cette décision constitue un revers majeur pour les députés de droite et les groupes automobiles qui avaient salué le vote d’avril comme la fin du projet.

Les ZFE (zones à faibles émissions) ont été introduites en 2019 et élargi dans le cadre de la loi Climat et Résilience 2021.

Ils imposent aux véhicules entrant dans certaines zones urbaines d’afficher une vignette Crit’Air, classer leurs émissions de 0 (véhicules 100 % électriques) à 5 (camions diesel) et interdire progressivement les modèles les plus polluants, notamment les voitures diesel les plus anciennes.

La contestation constitutionnelle réussit

La suppression des ZFE avait été ajoutée au projet de loi de simplification grâce à des amendements déposés par les députés d’extrême droite Rassemblement national (RN) et conservateur Les Républicains (LR).

Mais la mesure s’est immédiatement heurtée à des doutes juridiques car le projet de loi lui-même était largement axé sur la réduction des charges administratives pour les entreprises.

Le Conseil constitutionnel a été convoqué pour examiner le projet de loi par des députés socialistes et verts, ainsi que par des membres du bloc centriste du président Emmanuel Macron, dont l’ancienne première ministre Elisabeth Borne.

Les juges ne se sont pas prononcés sur les mérites environnementaux des zones elles-mêmes, mais ont rejeté l’amendement en tant que « cavalier législatif ».

Le député RN Pierre Meurin, l’un des principaux opposants aux ZFE, a accusé le conseil de « réintroduire » le dispositif contre l’opinion publique et s’est engagé à poursuivre les efforts pour l’abolir par le biais d’un projet de loi distinct.

L’association des automobilistes 40 millions d’automobilistes a également critiqué cette décision, affirmant que « la lutte contre la ZFE ne s’arrête pas là ».

Les problèmes de pollution demeurent

Les partisans de ces zones affirment qu’elles sont nécessaires pour réduire la pollution atmosphérique nocive dans les grandes villes.

Selon Santé publique France, la pollution de l’air contribue chaque année à plus de 40 000 décès prématurés, aux côtés des maladies respiratoires et cardiovasculaires.

Les groupes environnementaux ont fait valoir que la suppression des zones aurait conduit à une exposition accrue à la pollution, en particulier dans les zones urbaines déjà aux prises avec les émissions de dioxyde d’azote liées au trafic routier.

Cependant, le projet fait l’objet de critiques croissantes quant à son impact social. Les opposants soutiennent que les ménages à faible revenu sont touchés de manière disproportionnée car ils sont moins en mesure de remplacer les véhicules plus anciens.

Bien que la loi impose techniquement à toutes les zones urbaines de plus de 150 000 habitants d’introduire une ZFE à partir de 2025, seules 25 zones métropolitaines l’ont mise en œuvre jusqu’à présent, souvent avec des exemptions et une application inégale.

Plusieurs autorités locales ont également critiqué l’État pour son soutien financier insuffisant et ses retards dans les systèmes automatisés de contrôle.

Le Conseil constitutionnel a également annulé les amendements affaiblissant la politique française d’aménagement du territoire « zéro artificialisation nette » (ZAN), qui vise à limiter l’étalement urbain.

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