Fin du procès en appel de l’ancien président français Nicolas Sarkozy

Le juge rendra son verdict sur les allégations de corruption et de financement illégal de campagne en novembre

L’ancien président aurait reçu des financements illégaux pour sa campagne électorale de 2007.

Le procès en appel lancé par l’ancien président français Nicolas Sarkozy suite à une condamnation pour financement illégal de la campagne électorale de 2007 s’est terminé hier (27 mai).

Le président du tribunal délibérera désormais sur l’affaire et rendra son verdict le 30 novembre.

Les procureurs recherchent un peine de sept ans de prison pour l’ancien présidentqui, selon eux, aurait reçu des financements illégaux pour sa campagne de la part de sources libyennes, notamment de personnes ayant des liens avec l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.

Ce financement, affirment-ils, était en échange du soutien diplomatique français à la Libye et de la levée d’un mandat d’arrêt contre Abdallah Senoussi, condamné pour son rôle dans l’attentat contre un avion en 1989. M. Senoussi était lié à M. Kadhafi par le mariage.

L’affaire en appel portait sur plusieurs accusations antérieures portées contre M. Sarkozy, y compris celles pour lesquelles il avait été partiellement acquitté, ainsi qu’une condamnation pour association de malfaiteurs et corruption, assortie d’une peine initiale de cinq ans.

A propos de ce dernier, M. Sarkozy a passé trois semaines en prison en 2025 avant d’être libérédevenant ainsi le premier président de la Ve République à risquer une peine de prison.

Le procès est le dernière étape d’une saga de 13 ans sur ce financement présumé, qui a secoué la France et impliqué plusieurs autres personnalités politiques de haut rang, dont l’ancien ministre de l’Intérieur Claude Guéant.

Quelle que soit l’issue du procès en appel, M. Sarkozy risque une peine de six mois de prison en raison d’autres condamnations.

Cette somme serait probablement utilisée comme une forme d’assignation à résidence, avec une surveillance électronique pour garantir que M. Satkozy respecte la durée.

« Je ne pouvais pas avouer quelque chose que je n’avais pas fait »

M. Sarkozy s’est défendu à la barre des témoins, affirmant que « cette affaire de financement présumé de ma campagne par la Libye a commencé par des mensonges et des complots; elle doit se terminer par la vérité et la transparence », aurait-il déclaré sur franceinfo.

Son principal argument est qu’aucune preuve de fonds n’a jamais été trouvée ; « Je me suis battu… J’ai défendu ma cause. Ma vie a été scrutée et rien n’a été trouvé. »

Cependant, la loi française n’exige aucune preuve du financement pour être reconnue coupable, mais la preuve d’un « plan coordonné », qui a conduit à la peine initiale de cinq ans.

L’ancien président a déclaré que le procès avait pris une tonalité politique au fil des années.

« (Le procureur affirme) que j’ai été élu en mai 2007 lors d’une élection truquée… Celui qui a osé prononcer ces mots a oublié que c’est l’élection qui a le plus mobilisé les Français », a-t-il déclaré.

En effet, l’élection présidentielle de 2007 a connu un taux de participation de 83 % au premier et au deuxième tour, M. Sarkozy ayant remporté ce dernier avec 53 % des voix.

« Ces électeurs ont donc été induits en erreur par l’argent – que vous n’avez pas retrouvé – de M. Kadhafi ? » » a demandé l’ancien président.

« J’aime mon pays et je ne comprends pas comment, en France, en 2026, un homme peut être condamné à sept ans de prison pour des crimes qu’il n’a pas commis et pour lesquels, après quatorze ans d’enquête, il n’existe aucune preuve. »

« Je ne pourrais jamais avouer quelque chose que je n’ai pas fait. Ce n’est pas une mascarade que je vous ai montée. »

Si le tribunal déclare M. Sarkozy coupable, il pourrait retourner à la prison de La Santé, lieu initial de son emprisonnement de trois semaines.

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