Comment stocker les granulés de bois pour éviter le risque de monoxyde de carbone dans la maison française
Le gaz peut s’accumuler inaperçu et, dans de rares cas, constituer un danger. Voici des conseils pour éviter cela
Les granulés de bois, couramment utilisés dans les poêles et chaudières des habitations partout en France, peuvent libérer du monoxyde de carbone (CO) lors du stockage même sans être brûlés, rapporte l’Agence française de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).
Les réactions chimiques naturelles à l’intérieur des pellets, notamment l’oxydation des acides gras du bois, peuvent provoquer un léger échauffement de ceux-ci et un dégagement de gaz sans aucune combustion.
En plus du monoxyde de carbone, les pellets stockés peuvent émettre d’autres gaz tels que du dioxyde de carbone (CO₂), du méthane (CH₄) et des composés organiques volatils (COV). Ces processus peuvent également réduire la quantité d’oxygène dans l’air ambiant.
ANSES affirme que ces émissions sont généralement faibles et progressives, mais ont tendance à augmenter à des températures plus élevées. Ils diminuent avec le temps. Le type de bois est un facteur, par exemple les pellets de pin sont susceptibles d’émettre plus de gaz que l’épicéa.
Même si le risque global est limité, l’agence confirme que des cas d’intoxication au monoxyde de carbone liés au stockage de pellets ont été rapportés, notamment sur les lieux de travail ou dans des conditions expérimentales.
Le principal danger survient dans les espaces confinés ou mal ventilés, où les gaz peuvent s’accumuler.
En pratique, poêles à granulés de bois sont largement utilisés en France, même si les lecteurs ont fait part de préoccupations concernant l’installation, les coûts de maintenance et le support après-vente.
Même si les incidents restent rares, le monoxyde de carbone est hautement toxique. À des concentrations élevées, il peut provoquer de graves intoxications, entraînant des symptômes tels qu’une détresse respiratoire, des convulsions, le coma et, dans les cas extrêmes, la mort.
Le problème est qu’il ne peut pas être senti, vu ou goûté, ce qui rend le risque difficile à identifier. C’était le cas d’un homme de 87 ans dans le Haut-Rhin en 2025. L’homme stockait plusieurs tonnes de granulés de bois dans sa cave, mal aérée et mal isolée du reste de la maison. Le monoxyde de carbone s’accumule à partir des pellets et se propage progressivement dans les pièces à vivre sans être détecté. L’homme a ensuite été retrouvé conscient mais en état d’ébriété et transporté à l’hôpital pour être soigné par les services d’urgence.
Comment bien stocker les granulés de bois
L’Anses recommande de stocker les pellets dans des locaux bien aérés et d’éviter les espaces clos.
Les pellets doivent être conservés dans des endroits frais et secs, loin des environnements humides. S’ils sont stockés à l’intérieur, une fois ouverts, ils doivent être placés dans des contenants hermétiques et conservés sur une palette recouverte de carton. S’ils sont stockés à l’extérieur, ils doivent être placés sur un terrain surélevé, protégés du vent et de la pluie et recouverts d’une bâche.
Un conseil lors de l’empilage des sacs de granulés est d’alterner la direction de chaque rangée pour empêcher l’humidité de pénétrer. De plus, les granulés doivent être tenus à l’écart des sources de chaleur telles que la lumière directe du soleil, les grils, les cheminées, les chauffe-eau ou tout autre appareil émettant de la chaleur.
Pendant l’été, les restes de granulés doivent être stockés à l’écart des sources d’eau, telles que les piscines et les arroseurs, ainsi que des sources de chaleur, car ils peuvent s’auto-chauffer et s’enflammer, en particulier lorsqu’ils ont des concentrations d’humidité élevées, à des températures souvent inférieures à 100 °C.
