Comment les bénévoles perpétuent le patrimoine français des trains à vapeur

L’association préserve les trains à vapeur de Provence depuis 1975

GECP a lancé le Train des Pignes historique en 1980

Depuis sa création en 1975, l’association Groupe d’Etude pour les Chemins de fer de Provence (GECP) se consacre à la préservation et à la promotion des trains à vapeur en France.

« Son objectif initial était de plaidoyer : défendre et promouvoir le Chemin de fer de Provence, une ligne à voie métrique de 150 km reliant Nice (Alpes-Maritimes) à Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence), qui, à cette époque, était menacée de fermeture comme de nombreuses lignes régionales », a déclaré le secrétaire de l’association José Banaudo.

Sauver le Train des Pignes

En 1980, le GECP lance le Train des Pignes historique avec une locomotive à vapeur et des voitures d’époque, certaines datant de 1892.

« L’objectif était d’attirer de nouveaux passagers sur la ligne, de faire connaître la ligne et le territoire qu’elle dessert, et ainsi contribuer à sa renommée et à sa pérennité. »

L’avenir de la ligne Nice-Digne a été assuré au début des années 2000 sous la responsabilité des collectivités territoriales.

« Depuis, le train historique a prospéré, avec un service plus fréquent, un nombre croissant de bénévoles et des voitures nouvellement restaurées, transportant désormais plus de 30 000 passagers par an.

Ce succès a conduit à la création de quatre postes permanents, parallèlement à des missions de bénévoles, pour renforcer les fonctions techniques, opérationnelles et commerciales de l’association.

« Par rapport à la plupart des autres trains à vapeur en France, qui opèrent sur d’anciennes lignes conservées après leur fermeture, le Train des Pignes historique a une caractéristique unique : il fonctionne sur une ligne publique, où il doit s’intégrer aux services quotidiens réguliers », a déclaré M. Banaudo.

« Cette coexistence nécessite de bonnes relations de travail avec l’exploitant et le respect de réglementations plus strictes, essentielles pour garantir la fiabilité et la sécurité. »

Une passion de toujours

M. Banaudo a toujours eu une passion pour les trains à vapeur.

« À tel point que j’ai voyagé dans des pays lointains comme l’Argentine, le Kenya, le Pakistan et la Chine pour voir les dernières locomotives à vapeur encore en service régulier », a-t-il déclaré.

S’impliquer dans l’association a été un excellent moyen de rencontrer des personnes partageant les mêmes idées et de créer un sentiment de communauté.


« J’ai rencontré des gens de tous horizons et de toutes générations, unis par une passion commune, et en même temps j’ai contribué à la préservation de l’une des plus belles lignes ferroviaires des Alpes françaises.

Préserver l’histoire ferroviaire

Aujourd’hui, l’association restaure, entretient et exploite une collection de véhicules sur le Train des Pignes lignée, la plus ancienne remontant à 1888 et la plus récente à 1966.

Il s’agit notamment des locomotives à vapeur, des locotracteurs diesel, des wagons, des voitures particulières et des wagons de marchandises.

Elle préserve et valorise l’histoire du Chemin de fer de Provence à travers des conférences, des expositions, des publications, des documents et des photos.

L’objectif à terme est de constituer un pôle patrimonial pour le réseau provençal qui s’étendait autrefois sur près de 600 km.

M. Banaudo a souligné l’importance de préserver les trains à vapeur en France.

« La locomotive à vapeur a été le moteur de la révolution industrielle et son adoption généralisée a profondément façonné l’évolution de la société.

« Même si la traction régulière à vapeur a cessé en France en 1975, soit il y a plus d’un demi-siècle, la locomotive reste un symbole puissant pour les hommes de toutes les générations. Combien de personnes dans la quarantaine ou la cinquantaine disent : « Ça me rappelle ma jeunesse », alors qu’elles n’ont jamais connu un train à vapeur régulier ? « 


« Grâce au cinéma, à la littérature et aujourd’hui à l’IA, la locomotive à vapeur est connue de tous, même des enfants. C’est pourquoi il est important qu’elle puisse être montrée en fonctionnement, et pas seulement dans les musées. »

Une famille de bénévoles

Les membres sont attirés par la société pour diverses raisons, allant d’une passion pour les chemins de fer à un intérêt pour la mécanique ou des liens avec la ligne locale et la région.

« Chaque membre contribue à la communauté selon ses compétences et ses intérêts. Le groupe fonctionne presque comme une famille, avec ses moments de joie, ses désaccords et sa solidarité face aux difficultés. »

Il s’efforce également d’attirer un large éventail de membres.

« L’association ne fonctionne certes pas comme un ‘club des cheminots retraités’ mais elle s’est toujours efforcée d’intégrer les jeunes et les femmes dans toutes ses activités, sans discrimination.»

Comment s’impliquer

Pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur les trains à vapeur en France, M. Banaudo recommande de visiter le site de l’Unecto, la fédération française des trains touristiques, pour trouver une association locale.

« Ensuite, faites un tour dans ce train pour découvrir l’ambiance. Entrez en contact avec les bénévoles qui sont en service ce jour-là et n’hésitez pas à leur poser des questions : vous communiquerez généralement facilement avec eux. »

A lire également