Certains travailleurs des entreprises britanniques désormais exemptés des exigences françaises en matière de permis de travail
Certains salariés des entreprises britanniques détachés en France pourront désormais effectuer ce déménagement plus facilement, selon de nouvelles règles introduites cette semaine.
Les salariés de certains domaines pourront conserver leur emploi dans leur entreprise tout en exerçant des prestations contractuelles en France pendant une durée pouvant aller jusqu’à un an, sans avoir besoin d’obtenir un permis de travail.
Dans le même temps, le délai de réponse des préfectures aux demandes de titre de séjour est passé de quatre mois à 90 jours.
Ces deux changements ont été inclus dans un décret couvrant une série de règles relatives aux permis de séjour et de travail pour la France, publié au Journal officiel jeudi 29 octobre.
Le décret vise à synchroniser les règles françaises avec les directives européennes, ainsi qu’à répondre aux critiques concernant les longs délais de renouvellement des titres de séjour.
Des secteurs à dévoiler
L’un des changements majeurs inclus dans le décret était l’ajout d’une catégorie de salariés qui n’ont pas besoin d’un permis de travail pour exercer un emploi en France.
La plupart des ressortissants de pays tiers travaillant pour un employeur français, y compris ceux qui ont été détachés en France par une entreprise étrangère, ont besoin d’un permis de travail pour exercer un travail rémunéré en France, ne serait-ce que pour de courtes périodes pouvant aller jusqu’à trois mois (avec des exceptions limitées, notamment les sportifs, les artistes et les personnes occupant des emplois de service domestique).
Ce permis de travail était également une condition préalable à une demande de visa de long séjour pour rester dans le pays pendant plus de 90 jours sur 180 (l’indemnité d’exemption de visa Schengen) pour exercer un emploi contractuel dans une entreprise.
Les salariés qui travaillent habituellement pour un employeur britannique et sont détachés en France pour effectuer des prestations contractuelles pour l’entreprise sont désormais exemptés de ces exigences, sous certaines conditions.
Pour être admissibles, les salariés doivent :
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Travailler uniquement en France pour une durée cumulée maximale de 12 mois
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Avoir au moins un an d’ancienneté chez le même employeur dans le même type de fonction, précédant immédiatement la demande d’entrée en France
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Avoir au moins trois ans d’expérience professionnelle dans le secteur concerné, un diplôme universitaire (ou une qualification équivalente) et les qualifications professionnelles requises pour effectuer le travail
De plus, les prestations qu’ils réalisent doivent s’inscrire dans des domaines d’activité précis. Ceci sera défini par un futur arrêté ministériel dont les détails ne sont pas encore disponibles.
Les affectations plus longues nécessitent toujours un visa
Ces changements ne signifient toutefois pas que l’employé n’a plus besoin de visa s’il séjourne plus de 90 jours.
Les travailleurs détachés plus longtemps doivent obtenir un visa long séjour pour rester en France.
Les demandes se font via les services consulaires habituels, par exemple TLScontact au Royaume-Uni.
Les personnes séjournant moins de 90 jours n’ont pas besoin de faire de demande de visa s’ils bénéficient d’un accès court séjour sans visa à l’espace Schengen (Britanniques, Australiens, Canadiens, Américains, etc.).
Les deux scénarios ci-dessous explorent la différence.
La travailleuse A déménage temporairement du bureau de son entreprise à Londres pour s’installer à Paris pour travailler sur un projet de six mois. Elle n’a pas besoin d’un permis de travail pour déménager, mais elle devra demander un visa de long séjour.
Le travailleur B est engagé dans un bureau à Bristol, mais coordonne un projet à Toulouse. Il travaille deux semaines et deux semaines de congé en France pendant une période de cinq mois, passant au total moins de 90 jours dans le pays. Il n’a pas besoin de permis de travail, ni de demande de visa long séjour.
Délais de réponse plus rapides pour les titres de séjour
Outre les modifications apportées aux règles de travail, le décret comprenait plusieurs modifications concernant les demandes de permis de séjour et de travail.
Plus particulièrement, les préfectures doivent répondre aux demandes de titre de séjour dans un délai de 90 jours après réception d’un dossier « complet », contre un délai de quatre mois auparavant.
Ce délai de 90 jours commence à compter du moment où une candidature est soumise, comprenant toutes les pièces justificatives requises, et où l’expéditeur reçoit la confirmation que sa candidature a été reçue.
Dans les « cas complexes », la préfecture peut prolonger le délai de 30 jours supplémentaires, après en avoir informé le demandeur.
S’il n’y a pas de réponse au bout de 90 jours, cela est considéré comme un rejet implicite de la demande (contre quatre mois actuellement).
Certaines demandes de titre de séjour conservent leurs propres délais, notamment les titulaires de la carte bleue européenne et leur famille, ainsi que les titres « talent – chercheur » (carte talent).
A noter que ces règles générales ne peuvent pas annuler le droit de séjour d’un titulaire d’une carte Brexit de cinq ans passant à une carte de 10 ans parce qu’il a vécu plus de cinq ans en France simplement parce que la préfecture prend trop de temps (car son droit de séjour est un droit conventionnel international).
Qu’est-ce qui est inclus d’autre dans le décret ?
Les titres de séjour associés aux mutations temporaires au sein d’un même groupe d’entreprises sont désormais soumis à une condition salariale.
Il s’agit de permis dits « ICT » (Intra-Corporate Transfer), dont les seuils salariaux précis seront précisés dans un prochain arrêté ministériel.
Les salariés qui reçoivent une autorisation de travail doivent rester chez le même employeur pendant six mois. Auparavant, ce délai était de 12 mois, mais ce délai a été réduit.
Salariés titulaires d’une autorisation temporaire de travail (travailleur temporaire) qui perdent leur emploi initial sans que ce soit de leur faute ne peuvent se voir retirer leur permis pendant les trois mois qui suivent leur licenciement.
S’ils trouvent un nouvel emploi, ils peuvent rester dans le pays pendant que leur autorisation de travail pour ce poste est traitée, sans avoir à partir et à revenir.
Si un travailleur titulaire d’une autorisation temporaire a été victime d’exploitation dans son rôle précédent (traite d’êtres humains, par exemple), son permis peut être prolongé de trois mois supplémentaires.
Enfin, des changements sont apportés à la « carte bleue européenne » pluriannuelle, un permis de séjour pour les travailleurs hautement qualifiés de pays tiers (non européens).
Cela inclut des périodes de validité du permis plus longues en fonction de la durée de leur contrat initial et une mobilité plus rapide entre les États membres.
Un ressortissant non européen titulaire d’une carte bleue européenne peut demander la version française de la carte après 12 mois de résidence dans un autre pays de l’UE, contre 18 mois auparavant.
Les titulaires de la carte bleue dont le permis de séjour est révoqué ou non renouvelé doivent en être informés et disposer du temps nécessaire pour trouver un nouvel emploi.
Pendant cette période, ils bénéficieront d’un droit de séjour temporaire et du droit de travailler pour les aider à chercher un nouvel emploi.
