17 cas d’effets secondaires graves signalés en France liés à une mauvaise utilisation de médicaments amaigrissants
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Les deux tiers des cas concernent des médicaments comme Wegovy et Mounjaro obtenus sans consulter un médecin.
L’autorité française de réglementation des médicaments a émis une alerte concernant de graves complications liées à l’usage abusif de médicaments utilisés pour traiter l’obésité et le diabète de type 2, y compris leur utilisation pour perdre du poids en dehors du contrôle médical.
L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a reçu 36 signalements d’effets indésirables liés à un usage inapproprié des médicaments entre février 2025 et janvier 2026. Parmi ceux-ci, 17 ont été classés comme graves, dont cinq cas de pancréatite aiguë.
Dans deux tiers des cas, les médicaments ont été acquis sans consulter un médecin, soit en ligne, soit par l’intermédiaire d’amis, de membres de la famille ou à l’étranger.
La vente en ligne de médicaments sur ordonnance est illégale en France.
Dans plus de neuf cas sur dix, les doses étaient trop élevées ou avaient été augmentées trop rapidement.
L’ANSM précise également que des cas font état de carences nutritionnelles et de malnutrition, ainsi que d’éventuelles interactions avec d’autres médicaments.
L’étude a rapporté deux décès qui pourraient avoir été liés à une pancréatite aiguë, un effet secondaire connu des médicaments GLP-1, qui comprennent les médicaments utilisés pour traiter l’obésité. Deux autres décès pourraient avoir été liés à l’acidose lactique chez des patients diabétiques prenant de la metformine, le risque augmentant avec ces médicaments, notamment en cas de déshydratation.
L’acidose lactique est une maladie potentiellement mortelle dans laquelle le lactate s’accumule dans la circulation sanguine et rend le sang trop acide. Cela peut se produire lorsque le corps produit plus de lactate qu’il ne peut en éliminer.
L’agence précise que ces médicaments présentent toujours une balance bénéfice-risque favorable mais uniquement lorsqu’ils sont utilisés selon les recommandations médicales.
Pour l’heure, l’ANSM continue de surveiller les risques potentiels liés à ces médicaments, notamment les problèmes oculaires, les accidents vasculaires cérébraux, les troubles de l’érection, les infections ou inflammations de la vésicule biliaire et les lésions hépatiques.
Qui peut se procurer des médicaments amaigrissants en France ?
Les médicaments amaigrissants basés sur le GLP-1, une hormone impliquée dans la régulation de l’appétit et le contrôle de la glycémie, comprennent Wegovy, Mounjaro et Saxenda. Ils sont utilisés pour la gestion du poids, ainsi que Ozempic, qui est indiqué dans le diabète de type 2, mais peut également entraîner une perte de poids.
Cependant, il existe des seuils quant au moment où ils peuvent être administrés. L’Assurance Maladie, l’organisme national d’assurance maladie de France, affirme que Wegovy et Mounjaro peuvent être prescrits aux adultes ayant un indice de masse corporelle (IMC) supérieur ou égal à 30, ou un IMC compris entre 27 et 30 s’ils ont au moins un problème de santé associé, comme le diabète, l’hypertension artérielle ou l’apnée du sommeil.
Ils sont destinés à être utilisés parallèlement à un régime hypocalorique et à une activité physique accrue et non comme une solution miracle pour perdre du poids à des fins esthétiques.
Si n’importe quel médecin peut prescrire Wegovy, Mounjaro ou Saxenda, une prescription n’entraîne pas forcément un remboursement.
Quand Wegovy et Mounjaro sont-ils remboursés ?
Depuis le 15 juin 2026, Wegovy et Mounjaro sont éligibles au remboursement.
L’Assurance Maladie précise que les patients éligibles au remboursement doivent avoir un IMC initial d’au moins 40, ou d’au moins 35 ainsi qu’un problème de santé éligible lié au poids.
Ils ne doivent pas non plus être parvenus à perdre suffisamment de poids après six mois de gestion nutritionnelle appropriée.
De plus, la prescription initiale, pour que le médicament soit remboursé, ne peut pas être délivrée par un médecin généraliste, mais par un spécialiste agréé impliqué dans la prise en charge de l’obésité. Des prescriptions ultérieures pourront alors être délivrées par n’importe quel médecin.
Les patients éligibles peuvent bénéficier d’un remboursement à 65 % par l’assurance maladie publique, bien que le montant finalement couvert puisse varier en fonction des circonstances individuelles et de l’assurance complémentaire.
