France micro-entreprise : quand le régime réel sera-t-il meilleur ?

pratique

Les dépenses professionnelles peuvent rendre le micro-régime coûteux

Les micro-entrepreneurs qui remplissent les conditions de revenus peuvent choisir de payer l’impôt sur le revenu directement auprès de l’Urssaf via le versement libératoire système

Le régime fiscal et social simple des microentreprises en France peut, dans certains cas, entraîner des paiements d’impôts et de cotisations sociales plus élevés que ceux du régime réel, plus complexe, où les dépenses professionnelles réelles sont déduites.

Plusieurs analyses ont montré que le micro-régime, utilisé par de nombreuses petites entreprises en démarrage, n’est peut-être pas toujours l’option la plus avantageuse financièrement, même s’il évite d’avoir à tenir une comptabilité volumineuse ou à recourir à des comptables ou à des logiciels sophistiqués pour suivre les dépenses.

Pour rappel, les micro régimes consistent à déclarer mensuellement ou trimestriellement votre chiffre d’affaires à l’Urssaf pour le calcul des charges sociales.

Sous certaines conditions, les micro-entrepreneurs qui remplissent les conditions de revenus et restent dans les limites du chiffre d’affaires de la microentreprise peuvent également choisir de payer l’impôt sur le revenu directement auprès de l’Urssaf via le versement libératoire système.

Dans le cas contraire, les micro-revenus bruts sont déclarés chaque année, avec une allocation de dépenses fixe appliquée avant le calcul de l’impôt.

Régimes fiscaux BIC et BNC

En ce qui concerne les régimes fiscaux, les formulaires comportent des sections spécifiques pour ceux qui déclarent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC ; bénéfices provenant d’activités industrielles, commerciales et artisanales) et des bénéfices non commerciaux (BNC ; relatifs aux services dans lesquels un professionnel vend des connaissances ou une expertise).

Par exemple, si vous déclarez votre chiffre d’affaires total micro-BNC, une déduction automatique de frais de 34% est appliquée avant que vous ne soyez imposé sur le reste.

Le chiffre d’affaires total, ici sans déduction, sert de base de calcul aux cotisations sociales versées à l’Urssaf.

On aboutit ainsi à une situation où les cotisations à l’Ussaf, qui pour un professionnel type d’une BNC en régime réel seraient égales à environ 16% de son revenu imposable, peuvent atteindre 25,6% du chiffre d’affaires total sous le régime des micro-entreprises.

Nouvelles limites de chiffre d’affaires

Jusqu’il y a cinq ans, les petites entreprises devaient faire deux déclarations distinctes : l’une auprès de la sécurité sociale, généralement en mars, et l’autre auprès du fisc, en avril ou en mai.

Ceux-ci sont désormais combinés.

De nouvelles limites ont été introduites à partir de cette année pour bénéficier des régimes de micro-charges fixes.

Les entreprises BIC qui vendent des biens sont désormais éligibles, à condition que leur chiffre d’affaires hors TVA ne dépasse pas 203 100 €.

Pour les entreprises BIC proposant des services, le plafond de chiffre d’affaires est désormais de 83 600 € et le même plafond s’appliquera aux activités BNC – une augmentation significative par rapport aux 77 700 € précédents.

Quand les dépenses réelles sont plus élevées

Une nouvelle publication intitulée Le Guide de la Femme d’Affairesde Virginia Lopes Gomes, montre qu’une fois que les dépenses professionnelles augmentent, l’abattement forfaitaire de 34 % peut obliger certaines personnes à payer plus d’impôts.

« Le régime des micro-entreprises peut devenir un désavantage fiscal lorsque les dépenses réelles s’accumulent », a-t-elle déclaré, citant les sous-traitants, la publicité, les visites chez les clients, le matériel de bureau et les logiciels.

Elle donne l’exemple d’une micro-entreprise avec 80 000 € de chiffre d’affaires et 32 ​​000 € de dépenses déductibles au titre d’un régime réel. Avec 20 480 € de cotisations Urssaf, l’impôt sur le revenu serait calculé sur 27 520 € sous le régime réel, contre 52 800 € sous le régime micro.

Mme Lopes Gomes prévient que quiconque passe à un régime réel Il ne faut pas faire preuve de trop d’imagination en matière de dépenses : « Les principales erreurs que commettent les gens sont d’inclure les dépenses personnelles, de dépasser certains seuils et de ne pas conserver les reçus et autres justifications de la réclamation. »

A lire également