Devons-nous utiliser le droit britannique pour notre succession en France ?

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La législation française impose qu’une partie de votre succession soit léguée à vos enfants

Depuis 2015, un règlement européen sur les successions permet aux étrangers d’opter pour la loi de leur nationalité.

Question du lecteur : Nous sommes arrivés en France en provenance du Royaume-Uni en 2009, avant la règle de l’UE autorisant l’utilisation du droit successoral de votre pays d’origine. Nous avons opté pour usufruit testaments mais nos circonstances ont changé et nous avons vu des amis avoir des problèmes avec usufruit. Pouvons-nous modifier notre volonté pour utiliser la loi britannique ?

Comme vous le savez sans doute, le droit successoral français impose qu’une partie de votre succession soit léguée à vos enfants. Contrairement au droit anglais, vous ne pouvez pas tout léguer purement et simplement à votre conjoint survivant.

Depuis 2015, le règlement européen sur les successions (Bruxelles IV) permet aux ressortissants britanniques ayant des liens étroits avec l’Angleterre ou le Pays de Galles de choisir la loi anglaise à appliquer à leur succession, évitant ainsi potentiellement les règles françaises en matière d’héritage forcé.

Cependant, il y a un piège. En 2021, la France a modifié l’article 913 du Code civil, limitant considérablement cette liberté. Cet article s’applique lorsque le défunt ou l’un de ses enfants réside dans un pays de l’UE ou possède la nationalité de l’UE et que la loi étrangère choisie ne protège pas les droits successoraux des enfants comme le fait la loi française.

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Puisque vous résidez en France, cela signifie que même si vous optez pour le droit anglais, vos enfants auront toujours droit à une compensation financière égale à celle dont ils auraient hérité en vertu du droit français. Concrètement, vous ne pouvez pas différer l’héritage de vos enfants jusqu’au décès des deux conjoints, car ils auraient un droit financier sur la succession du premier conjoint.

Il y a un peu d’espoir à l’horizon. L’article 913 semble effectivement entrer en conflit avec le droit de l’UE et la Commission européenne enquête. Ils ont proposé des solutions aux autorités françaises et nous attendons le résultat.

En attendant, vous devrez peut-être encore recourir aux structures juridiques françaises pour protéger au maximum le conjoint survivant. Cela pourrait impliquer de conserver votre accord d’usufruit (un droit à vie d’utiliser et de bénéficier des actifs) ou d’envisager une modification de votre régime matrimonial, qui est disponible dans certaines circonstances.

Bien que je comprenne vos inquiétudes concernant l’usufruit, sur la base des expériences de vos amis, cela peut rester l’option la plus pratique jusqu’à ce que le paysage juridique devienne plus clair. Je vous recommande de discuter de votre situation spécifique avec un conseiller spécialisé pour explorer les options.

Sophie Hearle est associée principale chez Ashtons Legal

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