Panneaux solaires en France 2026 : en valent-ils encore la peine après la baisse des taux de revente ?

Les panneaux solaires sont depuis longtemps considérés comme un bon investissement pour les propriétaires immobiliers en France, car ils fournissent une énergie propre et bon marché.

Les panneaux solaires photovoltaïques (ceux qui produisent de l’électricité à partir de la lumière du soleil, par opposition aux panneaux solaires thermiques qui convertissent uniquement l’énergie solaire en eau chaude) ont notamment bénéficié de plusieurs politiques avantageuses.

Parmi ces mesures, il y avait notamment des subventions pour l’installation de panneaux et des programmes généreux pour revendre l’énergie excédentaire au réseau.

Cependant, une nouvelle réglementation publiée au Journal officiel le 4 juin 2026 et désormais en vigueur marque une évolution décisive dans l’installation de panneaux solaires.

Les experts estiment que ce changement consolidera l’installation de panneaux solaires domestiques en tant qu’élément clé du virage vert en France – bien qu’il modifie la manière dont les propriétaires devraient installer les panneaux pour en tirer le maximum d’avantages.

Au lieu de chercher à vendre le surplus d’électricité (autoconsommation avec revente du surplus) les gens sont encouragés à s’efforcer de conserver la production excédentaire et de l’utiliser pour alimenter leur propre maison en électricité la nuit.

« La réforme ne tue pas la rentabilité… mais elle pénalisera les projets de mauvaise taille », a déclaré le président de l’association nationale des producteurs privés de photovoltaïque, le GPPEP, Joël Mercy, cité dans Capital.

Les ménages bénéficieront principalement d’installations liées à la taille de leur logement et destinées à couvrir uniquement leurs besoins domestiques plutôt que des projets de grande envergure.

Plusieurs changements ces dernières années

Les changements de juin 2026 sont les dernières d’une série de mises à jour dans le secteur.

En mars 2025 le gouvernement a pris une première mesure pour réduire le financement en réduisant les primes d’installation tant pour ceux qui envisagent de revendre l’énergie excédentaire au réseau que pour ceux qui utilisent des panneaux pour leur autoconsommation.

Puis le décret de juin dernier a mis fin au prime à l’investissement pour ceux qui installent des panneaux pour revendre l’offre excédentaire.

Bien que des subventions locales puissent encore être disponibles pour l’installation, ces bonus étaient les plus courants dont bénéficiaient les propriétaires lors de l’installation de panneaux.

La possibilité pour les consommateurs individuels (ceux disposant d’une installation de 9 kWc ou moins) de revendre uniquement de l’électricité au réseau (vente en totalité) n’est plus possible pour les nouvelles installations.

Les changements de juin 2026 ont également vu le gouvernement réduire encore les tarifs auxquels l’électricité excédentaire peut être revendue aux fournisseurs. Jusqu’en mars 2025, le taux de revente s’élevait à 12,69c par kilowattheure (kWh). Il a ensuite été réduit à 4c par kWh et, après le changement de juin, s’élève désormais à 1,1c par kWh, un chiffre essentiellement symbolique.

Les plus grands perdants de ce changement sont les nouveaux venus qui optent pour des installations bien supérieures à celles nécessaires pour alimenter leur maison, cherchant à gagner de l’argent en vendant leurs surplus d’électricité.

Notez que ces changements ne concernent que les nouvelles installations : les propriétaires dont la demande de raccordement a été déposée avant le 5 juin 2026 conservent leur tarif initial bloqué pendant toute la durée de l’abonnement de 20 ans.

À partir de septembre 2026 également, ceux qui possèdent des installations plus grandes (9 kWc) ou des installations plus petites utilisant certains régimes fiscaux et revendant de l’électricité au réseau devront également recourir à la facturation électronique ou autrement donner mandat à leur fournisseur pour organiser les factures en leur nom. Il s’agit d’une politique nationale pour toutes les entreprises en France.

D’autres changements dans le décret de juin ont vu la prime à l’investissement (prime à l’investissement) – auparavant payé uniquement sur les installations d’autoconsommation avec revente excédentaire, mises au rebut pour de nouveaux raccordements.

Ce changement était envisagé depuis des années. « Nous l’avions vu venir », a déclaré M. Mercy.

« L’État avait déjà signalé dès 2010 (le financement de ces installations) qu’il finirait par cesser. »

Des installations toujours encouragées

Les décrets de mars 2025 et juin 2026 ne visent cependant pas à vider de sa substance ce secteur, toujours considéré comme essentiel à la transition écologique de la France, mais plutôt à mieux définir les modalités d’installation des panneaux par les propriétaires.

En octobre 2025, la TVA sur la livraison et l’installation de panneaux solaires est passée de 20 % (10 % pour les petites installations) à 5,5 %.

Cela s’applique aux installations de 9 kWc – couvrant essentiellement les installations qui alimentent des habitations mais pas les installations industrielles destinées à produire de grandes quantités d’électricité excédentaire à revendre – et installées par une entreprise professionnelle.

Il est peu probable que la plupart des maisons individuelles, quelle que soit la taille de la famille, aient une puissance supérieure à 9 kWc, les petites propriétés bénéficiant même d’installations moins chères de 3 kWc.

Les coûts généraux d’installation ont également considérablement baissé : un système de 3 kWc qui coûtait plus de 20 000 € en 2010 coûte désormais environ 6 500 €, réduisant ainsi les coûts même sans recours aux subventions. Les kits à installer soi-même, qui n’ont pas accès aux avantages ci-dessus, sont également devenus moins chers ces dernières années.

Ce qui a changé depuis le décret de juin, c’est la manière dont les panels deviennent avantageux.

« Aujourd’hui, vous devez penser en termes d’économies sur votre facture, et non en termes de revenus provenant de la revente », a déclaré M. Mercy.

Comme mentionné, la revente d’un kWh au réseau ne rapporte désormais que 1,1c.

Utiliser ce même kWh à la maison pour votre consommation personnelle vous évite cependant de payer le tarif du réseau pour l’électricité.

Cela représente environ 19 centimes par kWh, pouvant même atteindre jusqu’à 25 centimes par kWh à certaines périodes ou pour certains contrats.

Il est 17 à 23 fois plus rentable d’utiliser l’électricité excédentaire plutôt que de la revendre, tout en consommant votre énergie stockée, vous réduisez également la pression sur le réseau pendant les périodes de pointe.

Une installation standard de 3 kWc produit entre 3 000 et 4 000 kWh par an, selon la région, l’orientation du toit et l’ensoleillement.

Un ménage qui consomme la majeure partie directement peut économiser plusieurs centaines d’euros par an, ces économies augmentant à mesure que les factures augmentent.

Les batteries, l’avenir ?

Un élément clé de ce changement est la nécessité de stocker l’électricité pendant la journée et de l’utiliser le soir, période pendant laquelle les ménages consomment généralement le plus d’électricité.

À mesure que le secteur devient plus courant et influencé par l’innovation technologique et stimulé par le développement des véhicules électriques, les batteries sont également devenues moins chères à installer.

Les batteries qui stockent 5 kWh (assez pour alimenter une maison de deux personnes pendant une soirée) coûtent moins de 1 200 €. Des installations plus importantes et une installation professionnelle peuvent augmenter les coûts, mais ne devraient généralement pas dépasser 5 000 à 7 000 € pour un ménage disposant d’une installation de 9 kWc ou moins.

Bien qu’il n’y ait pas d’aides, les estimations montrent qu’une famille de quatre personnes, en utilisant une batterie de 8 kWh, économiserait environ 500 € par an pendant 10 ans sur sa facture d’électricité, en remboursant notamment les frais d’installation.

Il existe également l’option de « batteries virtuelles » avec certaines installations. Ceux-ci sont moins chers à installer et vous voient « crédités » par votre fournisseur pour l’énergie excédentaire produite par vos panneaux dans la journée (que vous leur envoyez au lieu de la stocker).

Cependant, leur mise en place peut être plus compliquée et les batteries physiques sont généralement considérées comme la meilleure option pour ceux qui disposent des fonds initiaux nécessaires pour les installer.

Sachez que l’ADEME (Agence de la transition écologique), l’agence publique française pour la transition écologique, peut également vous aider à vérifier les aides disponibles dans votre région.

Les panneaux solaires photovoltaïques restent inéligibles au dispositif d’aide MaPrimeRénov’, bien que les prêts classiques d’aménagement de l’habitat (prêts travaux) restent une option pour ceux qui souhaitent les installer mais ne sont pas en mesure de fournir les coûts initiaux.

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