La Fédération patronale française appelle à une augmentation des impôts sur les retraités « aisés »

Les retraités avec un revenu mensuel de 2 000 € ou plus devraient payer davantage de cotisations de sécurité sociale, a déclaré le chef du Medef

Le taux maximum de sécurité sociale pour les retraités devrait être augmenté, a déclaré le président du Medef Patrick Martin

En France, les retraités dont les revenus mensuels sont supérieurs à 2 000 euros devraient payer davantage de cotisations de sécurité sociale pour réduire les charges sociales ailleurs, a déclaré le président de la fédération des entreprises françaises.

C’est l’une des nombreuses propositions majeures de Patrick Martin, patron du Medef (Mouvement des Entreprises de France) pour améliorer le pouvoir d’achat en France.

« Dans les années 1960, il fallait seize ans à un Français pour doubler son pouvoir d’achat. Aujourd’hui, il faut 106 ans », a déclaré M. Martin à BFMTV.

« Il existe un sentiment d’urgence » face à ces changements, a-t-il ajouté.

Augmenter les cotisations sociales des retraités

Pour augmenter le pouvoir d’achat des ménages, le Medef plaide pour une augmentation générale des salaires à l’échelle nationale, financée par des baisses de la fiscalité professionnelle.

« Le mode de financement de la sécurité sociale (en France) est unique au monde ; il repose en grande partie sur les entreprises et les salariés », a déclaré M. Martin.

« Nous avons donc présenté des propositions visant à augmenter les salaires nets, à réduire la charge pesant sur les entreprises – augmentant ainsi leur productivité et leur compétitivité – et, à terme, à générer de la croissance et des emplois. »

« Il n’y a aucune raison pour que les entreprises et les salariés financent seuls un système solidaire », a-t-il ajouté, visant une réduction totale de 60 milliards d’euros des cotisations de santé et de sécurité sociale des employeurs et des salariés.

Ce trou serait en partie comblé par une hausse de la CSG (Contribution Sociale Généraliséecotisations de sécurité sociale) des retraités dont les revenus mensuels sont de 2 000 euros ou plus, a précisé M. Martin.

La retraite moyenne brute des Français en 2024 était de 1 705 € selon la Drees, et les retraités paient déjà environ 7 % du total des cotisations sociales sur leur pension mensuelle.

Toutefois, les retraités aux revenus plus élevés peuvent payer jusqu’à 8,3 % de cotisations.

Les plans du Medef augmenteraient les cotisations CSG des retraités pour les adapter à celles des salariés, jusqu’à un maximum de 9,2 %.

La fédération réclame également la fin du déduction forfaitaire automatique de 10% pour les retraités sur leur déclaration d’impôt sur le revenu.

Cette mesure a été débattue l’année dernière et devait être remplacée par une réduction de 2 000 €, mais n’a pas été incluse dans le budget final 2026 après avoir été rejetée par les députés.

Ces mesures combinées permettraient de récolter environ 6 milliards d’euros, le reste étant couvert par une augmentation de la TVA.

Cela pourrait prendre la forme d’une « TVA sociale », spécifiquement réservée aux causes sociales, mais cette solution n’est pas universellement populaire car les critiques soutiennent que les taux de TVA sont les mêmes pour les personnes de tous revenus, tandis que les impôts sont progressifs en fonction des niveaux de revenus.

Cependant, M. Martin a déclaré que les ménages à faible revenu dépensent moins en TVA, car leurs principales dépenses sont soit exonérées de TVA (loyer), soit souvent au taux de TVA réduit de 5,5 % au lieu de 20 % (cela inclut les aliments et ingrédients frais, l’énergie et la mobilité ou les aides à la vie quotidienne pour les personnes handicapées).

Il convient de noter qu’il s’agit de propositions du Medef et qu’elles ne font actuellement partie du manifeste d’aucun grand parti pour la prochaine élection présidentielle de 2027.

Le Medef est cependant une voix influente dans le secteur et pourrait apporter son soutien à un candidat qui adopterait certaines de ses idées.

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