Le niveau de vie en France augmente, selon les données officielles

La faible inflation contribue à un revenu médian plus élevé, mais la pauvreté reste élevée

Le revenu médian a augmenté en 2024 en raison de la faible inflation ainsi que de l’augmentation des prestations et des retraites.

Le niveau de vie augmente partout en France, stimulé par la faible inflation, selon un nouveau rapport.

Le revenu médian a augmenté de 1,8% en 2024, rapporte l’organisme national de la statistique Insee dans une étude publiée jeudi 9 juillet.

Cette augmentation est intervenue alors que l’inflation à la consommation sur l’ensemble de l’année – environ 2 % – était nettement inférieure à celle des deux années précédentes (4,9 % en 2023 et 5,2 % en 2022).

Le revenu médian atteint 2 228 € par mois (corrigé de l’inflation) pour une personne seule ou 4 011 € pour un couple avec un enfant de moins de 14 ans.

Des améliorations ont été constatées dans tous les domaines : les individus appartenant aux 10 % les plus pauvres (premier décile) ont atteint un revenu annuel de 13 970 €, soit une augmentation de 1,7 %.

Pour les deuxième et troisième déciles (couvrant les 20 % suivants de ménages aux revenus les plus faibles), les augmentations étaient respectivement de 2,1 % et 1,8 %.

« En raison de la modération de l’inflation et d’un marché du travail qui reste favorable (le taux d’emploi a atteint son plus haut niveau depuis 1975 et le taux de chômage est stable à 7,4% de la population active (en 2024)), les salaires augmentent en termes réels, notamment pour les ouvriers et employés », indique l’Insee dans son rapport.

Le dynamisme de l’emploi ainsi que « l’augmentation du salaire minimum, des pensions de retraite et des prestations sociales, même si l’inflation ralentit », ont contribué à cette hausse, a ajouté l’Insee.

Cela comprenait des augmentations de 5,3 % du Allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) et une augmentation similaire du taux de base de la pension en janvier, ainsi qu’une augmentation de 4,6% de plusieurs prestations sociales en avril 2024.

Il est à noter que les chiffres ne s’appliquent qu’à fin 2024 (en raison du temps nécessaire à l’Insee pour compiler les données nationales, il s’agit de l’information la plus récente disponible).

Même si l’inflation est restée faible en 2025, une forte hausse en 2026 liée à la crise au Moyen-Orient – ​​ainsi qu’une hausse directe des prix du carburant – signifient que les bénéfices de cette année seront probablement de courte durée.

Près de 10 millions de personnes vivant dans la pauvreté

Toutefois, des questions sur l’augmentation de la pauvreté ont également été soulevées par le rapport.

« Malgré une amélioration du niveau de vie des plus démunis, les inégalités de niveau de vie ont atteint un sommet historique en raison de la hausse des revenus au sommet de la répartition », souligne l’Insee dans le rapport.

Le taux de pauvreté en France est resté stable à 15,4 % en 2024 (après une hausse de 0,9 point de pourcentage entre 2022 et 2023), mais il s’agit du taux le plus élevé depuis le début des relevés en 1996.

Pour les chômeurs, ce chiffre s’élève à 36,1%, mais pour un couple sans enfants, à seulement 6,9%.

La définition de la pauvreté dans ce contexte est une personne ayant un revenu égal à 60 % du revenu médian cité ci-dessus, soit 1 337 € par mois pour une personne seule.

En France, environ 9,8 millions de personnes se situent en dessous de ce seuil de pauvreté, dont 1,5 million de personnes appartenant à des ménages dirigés par une personne âgée de 65 ans et plus et 2,9 millions d’enfants de moins de 18 ans (dépendants de parents dont le revenu est inférieur à ce niveau).

Or, la moitié des personnes en situation de pauvreté vit avec moins de 1 074 euros par mois.

En réponse au rapport, le collectif Alerte – un groupe composé de 37 organismes caritatifs de lutte contre la pauvreté – a déclaré que « la pauvreté reste à un niveau historiquement élevé et inacceptable et continue de s’enraciner ».

« La stabilité statistique n’est pas une victoire sociale… (le gouvernement doit) faire de l’éradication de l’extrême pauvreté un objectif politique prioritaire. »

Les données complètes peuvent être trouvées dans le rapport ici.

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