Marine Le Pen se lance dans la campagne présidentielle de 2027 malgré sa condamnation

Marine Le Pen a officiellement annoncé hier soir sa candidature à l’élection présidentielle de 2027, après qu’une cour d’appel a confirmé sa condamnation en 2025 pour détournement de 2,8 millions d’euros de fonds publics, mais a réduit sa peine.

Mme Le Pen dirigera l’extrême droite Rassemblement National (RN) pour la quatrième fois dans une campagne présidentielle.

L’arrêt de la cour d’appel de Paris a réduit l’interdiction faite à Mme Le Pen de se présenter à des fonctions publiquesce qui la rend éligible à se présenter comme candidate aux élections.

La peine révisée contenait également une peine de prison réduite, deux ans avec sursis et le troisième à être exécuté via un bracelet électronique plutôt qu’en détention.

« Ce soir, je suis candidate à l’élection présidentielle (et je ne changerai pas) d’avis », a-t-elle annoncé dans un entretien à la chaîne de télévision française. TF1.

« Il n’y a plus de scénario où je ne pourrais pas me présenter… les Français seront juges (de l’affaire de détournement de fonds), ils auront la liberté de choisir.

« Je me suis préparé à ce rôle éminent de président de la République, dont la clé appartient au peuple français. »

Avant la décision, Mme Le Pen avait toujours déclaré qu’elle ne se présenterait pas si elle devait porter un bracelet électronique dans le cadre de sa peine révisée.

Elle envisage cependant de faire un nouveau appel contre la décision du tribunal de Paris auprès du tribunal de grande instance de France. Cour de cassationle plus haut tribunal judiciaire du pays.

Ce deuxième appel suspendra l’obligation pour elle de porter le bracelet jusqu’à ce que le tribunal parvienne à une décision sur la question, attendue début 2027 sur la base des commentaires antérieurs du tribunal. Cour de cassation.

À ce stade, la campagne en sera à sa phase finale, le premier tour étant prévu le 18 avril et le second le 2 mai.

Les nouveaux sondages suite à cette décision n’ont pas encore été révélés, mais le l’extrême droite est régulièrement en tête de la course à 2027 depuis plusieurs mois malgré la polémique autour du cas de Mme Le Pen.

Un pari politique majeur

La décision de la cour d’appel de Paris a considérablement réduit la peine initiale prononcée en mars 2025 contre Mme Le Pen et ses alliés du RN pour détournement de fonds européens.

L’interdiction de se présenter à des fonctions publiques pendant cinq ans a été réduite à 45 mois, dont 30 avec sursis.

La peine de quatre ans de prison a été réduite à trois ans, dont deux avec sursis (le troisième nécessitant le port du bracelet électronique). Elle reste néanmoins passible d’une amende de 100 000 €.

Dans le cadre de la décision du tribunal, les sanctions s’appliquent à partir de mars 2025.

Initialement, l’accusation avait demandé exécution provisoire dans la peine, appliquant la peine de mars 2025, mais a levé cette demande lors de l’appel afin que le prononcé de la peine commence à partir de juillet 2026.

Cependant, comme les juges s’en sont tenus à la date de mars 2025, cela signifie que l’interdiction de se présenter à des fonctions publiques a expiré début juillet 2026.

L’obligation de porter un bracelet électronique sera également suspendue le temps que le Cour de cassation l’appel est en cours, ce que Mme Le Pen a précisé dans son entretien.

« J’avais déclaré que je ne ferais pas campagne en portant un badge électronique, mais comme j’ai la possibilité de faire appel… ce qui n’était pas nécessairement le cas dans d’autres scénarios, et parce qu’un tel appel suspend les effets de la décision, je ferai donc campagne sans badge électronique », a-t-elle déclaré.

Si le Cour de cassation Si elle annule la décision, Mme Le Pen sera alors libérée de l’obligation de porter un bracelet électronique et utilisera sûrement sa victoire pour se nourrir au cours des dernières semaines de la campagne.

Si le tribunal maintient l’obligation pour elle de porter un bracelet électronique, une victoire électorale verra Mme Le Pen bénéficier de l’immunité présidentielle, annulant ainsi la peine pendant son mandat (même si elle devra être exécutée une fois son mandat présidentiel terminé).

Jordan Bardella candidat au poste de Premier ministre

L’annonce de Mme Le Pen a également suscité de vives inspirations au sein des sièges des autres partis, qui savent qu’ils doivent vaincre l’homme politique expérimenté dans une campagne épuisante pour avoir une chance d’accéder au siège présidentiel.

Le consensus parmi les rivaux politiques était que Mme Le Pen serait un candidat plus difficile à affronter que Jordan Bardella30 ans, président du RN et candidat potentiel si l’interdiction initiale de se présenter aux élections contre Mme Le Pen était maintenue.

Les deux hommes semblent désormais prêts à se lancer ensemble en campagne électorale, Mme Le Pen confirmant que son protégé se concentrerait sur le « poste non moins éminent de Premier ministre, qui demande beaucoup de détermination et d’énergie ».

Pour être élu Premier ministre, M. Bardella devra mener son parti à la victoire aux élections législatives.

Celles-ci ne sont actuellement pas prévues avant 2029 (cinq ans après les dernières élections de 2024), mais il est presque certain que le prochain président convoquera de nouvelles élections une fois la campagne présidentielle terminée.

Alors que Jordan Bardella est actuellement considéré comme un candidat plus populaire que Mme Le Pen, son expérience de campagne pour le rôle présidentiel et ses compétences lors des débats devraient être un avantage majeur pour le parti d’extrême droite.

À quoi ressemblerait une victoire de l’extrême droite pour les étrangers en France ?

Le RN est connu pour sa ligne dure contre l’immigration et s’est engagé à réduire considérablement l’immigration légale et illégale s’il est au pouvoir.

Il souhaite également donner la priorité aux citoyens français à travers une politique de « préférence nationale », leur donnant un accès prioritaire à l’emploi, aux allocations sociales, au logement social, etc.

Dans le cadre des projets 2024, le parti a déclaré qu’il ferait de la nationalité une condition que les employeurs devraient évaluer lors de la recherche de candidats, mais que « les étrangers possédant des compétences rares et nécessaires à la prospérité de l’économie française » ne seraient pas empêchés de trouver un emploi.

Les doubles citoyens n’auraient également pas le droit de détenir certaines positions publiques sensibles.

Bien que le programme du parti pour 2027 n’ait pas encore été annoncé, il sera probablement similaire aux campagnes électorales présidentielles et électorales de 2022. Élections législatives 2024.

Une pétition du parti datant de 2025, publiée à la suite de l’annonce des chiffres de l’immigration de l’année précédente, contenait plusieurs promesses si le parti était au pouvoir.

Politiques qui pourraient avoir un impact Rapport les lecteurs comprennent:

  • Mettre fin au regroupement familial (regroupement familial) visa

  • Révocation des titres de séjour pour les personnes économiquement inactives depuis plus d’un an (cela ne s’appliquerait probablement pas aux personnes titulaires de visas ne permettant pas de travailler en France, par exemple les visas VLS).

  • La citoyenneté ne serait accordée que par naturalisation et droit de naissance/jus soli la citoyenneté serait abolie

  • Les prestations sociales pour les étrangers seraient conditionnées à cinq années d’activité en France (il n’est pas précisé si cela affecterait les retraités, mais une clause d’exonération serait éventuellement ajoutée). Il n’est pas précisé si cela serait rétroactif pour ceux qui réclament déjà des prestations.

  • Création d’un système à double frontière avec une liberté de circulation accessible uniquement aux citoyens de l’UE et non aux titulaires de cartes de séjour (cela serait presque certainement contesté par l’UE). Jordan Bardella s’est dit favorable lors d’un débat en 2024.

  • Remplacer l’aide médicale d’État (AME) qui couvre les personnes sans assurance par aide médicale d’urgence (UMA)

Pour les Britanniques vivant déjà en France dans le cadre de l’accord de retrait du Brexit, les droits de résidence ne peuvent pas être modifiés car le WA est un traité international et non une politique intérieure que le RN pourrait modifier.

On peut voir davantage de politiques d’immigration RN, principalement ciblées sur l’immigration clandestine et certains visas pour les Algériens, ici.

Le parti s’était précédemment engagé à présenter immédiatement une loi sur l’immigration plus stricte à l’Assemblée nationale et à organiser un référendum sur des règles d’immigration plus strictes s’il était au pouvoir, même si la nature exacte de ces politiques ne serait précisée que si le RN était victorieux en 2027.

L’infirmière autorisée n’a actuellement aucune politique spécifiquement axée sur les visas que la plupart des Rapport Les lecteurs connaissent bien, notamment VLS ou Passeport Talent (pour les travailleurs), bien que ceux-ci pourraient être inclus dans un manifeste de 2027 ou un futur référendum.

Certains politiciens du RN ont également fait des commentaires en faveur des Britanniques ayant des résidences secondaires en France, qui, selon eux, aident les économies rurales.

Notamment, Le député RN Philippe Lottiaux a réclamé des visas automatiques de long séjour pour les Britanniques ayant une résidence secondaire en France et des propositions similaires de la députée RN Caroline Colombier faciliteraient la visite en France des Britanniques qui possédaient déjà une résidence secondaire en France avant le Brexit.

Cependant, aucun de ces points ne constitue la politique officielle du RN, et le parti n’a pas de points de manifeste spécifiques sur les propriétaires de résidences secondaires ou les retraités étrangers dans son manifeste (là encore, cela pourrait changer pour le document de 2027).

Il existe un risque que les politiques anti-immigration du RN affectent ceux qui ne sont pas encore en France mais qui souhaitent s’installer ici, même s’ils ne sont pas la cible prévue. Cependant, comme mentionné, les voies de visa les plus couramment utilisées par les lecteurs de Connexion ne sont soumises à aucune menace politique directe de la part du RN.

L’approche RN de l’économie est moins claire.

Traditionnellement, le parti a été protectionniste, voulant donner la priorité aux entreprises françaises, et dans son plan politique de 2024, il a déclaré qu’il obligerait les services publics en France (comme les hôpitaux) à effectuer autant que possible leurs achats auprès de fournisseurs français.

M. Bardella défend une approche plus libérale, ce qui, selon les commentateurs politiques, pourrait provoquer des frictions entre les jeunes membres du parti qui sont derrière lui et la faction de la « vieille garde », souvent surnommée les marinistes.

Certaines mesures susceptibles d’être bloquées

Il convient de noter que tout changement majeur pourrait être interdit, que ce soit au niveau national ou européen, par les autorités compétentes.

Le Conseil constitutionnel français (Conseil constitutionnel) peut bloquer des éléments de certaines lois s’il les estime inconstitutionnels ou trop éloignés du point initial du projet de loi.

Certaines mesures plus extrêmes proposées par le parti pourraient être bloquées si le conseil estime qu’elles portent atteinte aux droits constitutionnels des citoyens non français.

Au niveau européen, le RN veut donner la priorité à la justice française et la placer au-dessus des tribunaux européens, en lui donnant le dernier mot sur certaines questions.

Cela est théoriquement possible, mais l’adhésion à l’UE exige que les États membres acceptent que les tribunaux et les décisions au niveau européen soient supérieurs aux tribunaux nationaux, ce qui rend un tel changement presque impossible tant que la France reste dans l’UE.

Même s’il quittait le bloc, le pays resterait dans un premier temps soumis à la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH), tout comme le Royaume-Uni malgré le Brexit.

Le RN avait précédemment appelé à la sortie de la France de l’UE (appelée « Frexit »), mais a depuis assoupli sa position pour devenir simplement eurosceptique, souhaitant changer l’union de l’intérieur grâce à son alliance avec d’autres partis d’extrême droite.

La politique du RN visant à limiter la liberté de circulation aux seuls ressortissants de l’UE serait presque certainement contestée par la Cour de justice européenne, car elle créerait un système de frontières à plusieurs niveaux incompatible avec l’espace Schengen (actuellement, seules les mesures temporaires aux frontières sont autorisées).

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