Des dermatologues français lancent une campagne de sensibilisation au soleil pour prévenir le cancer de la peau
Le mélanome reste la forme de cancer de la peau la plus grave en France avec près de 2 000 décès par an
Pour la troisième année consécutive, l’Association des Dermatologues de France lance la campagne « Soleil Jaune » pour tenter de sensibiliser à l’exposition solaire et aux cancers de la peau.
La campagne est portée par l’Association des Dermatologues de Franche-Comté (ASFODER), aux côtés des partenaires régionaux en dermatologie et en santé. Elle a été lancée dans le cadre d’une démarche de prévention à Besançon (Doubs).
« Chaque jour, du matin au soir, le rayonnement ultraviolet (UV) est présent », indique l’ASFODER sur son site Internet.
Ils expliquent que même par temps nuageux et pluvieux, les rayons UV continuent d’atteindre la peau. Si elle n’est pas protégée, cette exposition peut contribuer au mélanome, l’une des formes les plus courantes de cancer de la peau.
La campagne vise à rappeler au public que lorsque l’indice UV dépasse 3, niveau à partir duquel une protection solaire est recommandée, des mesures préventives doivent être prises.
ASFODER souligne que les gens ne devraient pas attendre d’avoir chaud ou que leur peau devienne rouge pour agir, soulignant que les coups de soleil répétés augmentent considérablement le risque de développer un cancer de la peau.
Il est donc important d’adopter de bonnes habitudes de protection comme porter un chapeau et des lunettes de soleil, se couvrir avec des vêtements de protection, rechercher de l’ombre, utiliser de la crème solaire et éviter l’exposition directe au soleil aux heures de pointe, généralement entre 11h00 et 16h00.
Selon l’association, malgré une prise de conscience généralisée des risques liés à l’exposition au soleil, une part importante de la population ne se protège toujours pas adéquatement.
ASFODER recommande une prudence particulière dans les zones montagneuses, car l’intensité des UV augmente avec l’altitude. Une exposition accrue se produit également lors de travaux ou de sports en plein air, où un contact prolongé avec le soleil augmente le risque de lésions cutanées.
Les parents sont encouragés à veiller à ce que leurs enfants soient correctement protégés, notamment en utilisant un écran solaire, des chapeaux et des vêtements de protection lors des activités de plein air.
L’incidence du cancer de la peau en France a plus que triplé entre 1990 et 2023, selon l’Institut National du Cancer.
Le mélanome reste la forme de cancer de la peau la plus grave, avec 17 922 nouveaux cas et près de 2 000 décès par an.
Outre les tendances nationales, les différences entre les régions montrent pourquoi la prévention est importante. En Bretagne, la Ligue contre le cancer a multiplié les campagnes de sensibilisation après avoir constaté des taux de cancer de la peau jusqu’à trois fois plus élevés que dans le reste de la France.
Comment reconnaître les signes avant-coureurs du mélanome
La Santé Publique France recommande de rappeler la règle « ABCDE » pour aider à reconnaître les signes avant-coureurs du mélanome :
A signifie asymétrie : si un grain de beauté n’est pas régulier, rond ou ovale.
B correspond aux bordures irrégulières : si les bords du grain de beauté sont inégaux ou mal définis.
C pour couleur : si un grain de beauté a plus d’une couleur.
D est pour le diamètre : s’il est supérieur à 6 mm.
E est pour évolution : s’il change de taille, de forme, de couleur ou d’épaisseur.
Si l’une des situations ci-dessus s’applique, il est conseillé de faire examiner le grain de beauté par un professionnel de la santé.
En France, mai est le mois national de sensibilisation au cancer de la peau et l’Institut national du cancer organise généralement une semaine nationale au cours de laquelle les gens peuvent se faire examiner gratuitement.
Cependant, contrairement au cancer du sein, colorectal ou du col de l’utérus, il n’existe pas de programme national organisé de dépistage du cancer de la peau, en partie parce que la mortalité globale est relativement faible. De ce fait, le dépistage est généralement réalisé sur référence ou recommandation d’un médecin.
