Vente de SFR convenue en France : quels changements pour les clients mobile et internet

Les contrats devraient être répartis entre trois concurrents, réduisant ainsi la concurrence dans le secteur

Les quatre opérateurs dominent le secteur des télécoms en France

Un accord pour racheter SFR, qui compte plus de 20 millions de clients, a été conclu par les trois autres grandes entreprises de télécommunications françaises après des mois de négociations.

Bouygues Telecom, Iliad (opérateur de Free) et Orange envisagent de racheter leur rival pour un montant cumulé de 20,35 milliards d’euros, ont annoncé les groupes dans un communiqué commun samedi 6 juin.

Le l’offre a été soumise plus tôt cette année après qu’une première offre de 17 milliards d’euros ait été rejetée et acceptée.

Aux termes de l’accord, les activités de SFR seraient réparties entre les groupes de la manière suivante :

  • Bouygues, contribuant à hauteur de 42% du prix de vente, héritera des activités B2B (professionnels/entreprises) ainsi que de la majorité des clients fixes et mobiles du groupe.

  • Free (31 %) reprendra la totalité des abonnements low-cost « RED » by SFR, ainsi qu’environ deux millions de forfaits mobiles et internet standards de SFR.

  • Orange (27%) se verra attribuer un peu moins de cinq millions de clients. Ils ont été limités à cela car ils détiennent déjà la plus grande part de marché dans le secteur des télécommunications et ne peuvent pas dépasser certains seuils anticoncurrentiels.

L’accord reste soumis à un examen officiel et pourrait encore être rejeté par le gouvernement en raison des règles de concurrence.

Certains craignent que la réduction du secteur – actuellement dominé par quatre opérateurs – à trois grandes entreprises puisse avoir des répercussions sur l’ensemble des clients sous la forme d’une hausse des prix.

Aucun changement pour les clients « jusqu’en 2027 »

Même si les titulaires de contrats RED et les entreprises savent désormais qui sera leur nouveau fournisseur, de nombreux clients standards resteront dans l’incertitude jusqu’à nouvel ordre.

Les médias français rapportent que Bouygues accueillera de nombreux clients – y compris la plupart des forfaits mobiles – dans les zones rurales, les contrats dans les zones plus urbanisées étant répartis géographiquement entre les trois opérateurs.

Une répartition similaire aura également lieu pour les contrats Internet et téléphoniques entre les trois groupes.

« La migration de millions d’abonnés, d’infrastructures et de systèmes constitue un programme de travail pluriannuel », ont déclaré les trois repreneurs dans un communiqué commun, soulignant que le changement prendra du temps.

Le média technologique Numerama estime que « rien ne changera avant le second semestre 2027 au plus tôt », date de l’achat s’il est approuvé.

Les clients doivent faire attention aux e-mails ou autres communications de SFR concernant leurs contrats avant et après la vente officielle (si elle a lieu).

Cependant, peu de choses changeront dans la gestion quotidienne des comptes, sauf du côté du fournisseur. Les numéros de téléphone mobile et fixe resteront les mêmes, et les contrats (y compris pour les connexions Internet) resteront les mêmes.

Ils doivent également faire attention aux fraudeurs. SFR était la récente victime d’une cyberattaque majeureet les fraudeurs peuvent chercher à utiliser la confusion provoquée par la vente imminente pour tromper les clients.

Si les consommateurs ne souhaitent pas attendre que leur contrat soit automatiquement modifié, ils peuvent choisir d’effectuer un changement manuel dès maintenant.

Le secteur en bénéficiera-t-il ?

L’une des principales préoccupations concernant cet accord est la réduction de la concurrence dans un secteur déjà contrôlé par un nombre limité d’opérateurs.

Les quatre groupes contrôlent la grande majorité des contrats de téléphonie fixe, internet et mobile, soit directement, soit via des filiales comme RED ou Sosh (Orange).

L’arrivée de Free en 2012 sur la scène des télécoms a bouleversé le trio originel (SFR, Bouygues, Orange), entraînant guerres de prix et deals pour attirer les clients.

Les consommateurs ont largement bénéficié et ont pu magasiner grâce à la baisse généralisée des prix, et la France reste l’un des pays d’Europe les moins chers pour les forfaits de téléphonie mobile et Internet.

On craint cependant que si les clients de SFR sont répartis entre les sociétés existantes, les prix connaîtront une tendance à la hausse, les groupes considérant moins la nécessité de détourner les clients les uns des autres.

De plus, malgré l’émergence de Free en 2012, il serait difficile pour une nouvelle entreprise d’accéder au marché.

Le fondateur de Free Xavier Niel aurait été motivé à perturber le secteur en raison des trois rivaux être reconnu coupable de collusion et de maintien de prix artificiellement élevés et à une amende de 534 millions d’euros pour cela.

Cependant, il bénéficiait du soutien de plusieurs entreprises prospères et d’une notoriété grâce aux contrats Internet de l’entreprise, ce que tout nouveau concurrent aurait du mal à obtenir en France.

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