La location sans loyer peut entraîner des problèmes de succession en France

Un cas récent montre l’impact de laisser un enfant adulte vivre gratuitement dans une propriété

Les frères et sœurs d’une femme ont fait valoir que son occupation à long terme avait réduit la valeur de la succession.

Une récente affaire judiciaire concernant un litige familial concernant l’héritage a montré à quel point permettre à l’un de vos enfants de vivre dans une propriété sans loyer peut avoir des conséquences en droit français des successions.

Il s’agissait de parents propriétaires de deux appartements en Ile-de-France (tous deux d’une valeur d’environ 300 000 €) qui permettaient à leur fille, en difficulté financière, d’y vivre gratuitement pendant 20 ans.

Après le décès des deux parents, les frères et sœurs de la femme ont fait valoir que son occupation à long terme avait réduit la valeur de la succession, car autrement les parents auraient pu louer la propriété. Ils réclamaient donc une indemnité équivalente à 1 100 €/mois sur la période.

Cependant, la loi limite ces réclamations aux cinq années précédentes, ce qui signifie que le montant est plafonné à 66 000 €. Celle-ci était considérée comme une dette de la fille envers la succession, qui était alors incluse dans le patrimoine à partager.

En pratique, cela signifiait que si la fille devait 66 000 €, elle avait également droit à un tiers de cette somme en tant qu’héritière, réduisant ainsi le montant qu’elle devait effectivement supporter.

Comme elle n’avait pas les moyens de payer, les héritiers ont finalement convenu qu’elle ne recevrait que sa part de succession légalement protégée, le reste étant partagé entre ses frères et sœurs.

Cette affaire montre à quel point les arrangements familiaux informels peuvent créer des complications en matière de succession.

Même en l’absence de loyer, une occupation de longue durée peut être prise en compte si elle s’avère avoir diminué la valeur du domaine.

Pour éviter les litiges, les experts recommandent de formaliser ces arrangements à l’avance, par exemple via un prêt à usage (prêt à usage), qui confirme que l’occupation est autorisée, ou par la mise en place d’un bail formel.

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