Les autorités se précipitent pour contenir les fourmis électriques envahissantes dans le sud de la France
Les espèces se propageront rapidement si les efforts ne sont pas intensifiés, selon les scientifiques
Les scientifiques réclament davantage de moyens pour contribuer à éradiquer les fourmis électriques invasives après la découverte d’une troisième colonie dans le sud-est de la France. Ils préviennent que l’espèce pourrait se propager davantage si leurs efforts s’arrêtent.
Les chercheurs affirment que les retards liés au manque de financement et aux obstacles réglementaires ralentissent les tentatives visant à éliminer l’espèce avant qu’elle ne soit fermement établie en France métropolitaine.
« Il y a urgence », déclare Luc Gomel, agronome à l’université Paul Valéry Montpellier 3. La connexion.
« Le fait que nous les ayons détectés très tôt signifie que la situation est encore en grande partie entre nos mains. Mais nous devons agir avant qu’ils ne se propagent. »
La dernière colonie, vérifiée en mars à Cavalaire-sur-Mer, rejoint les détections antérieures près de Toulon en 2022 et de La Croix-Valmer en 2024.
Les chercheurs craignent que la réponse ne devienne plus difficile à mesure que la France resserre ses dépenses environnementales.
Un financement public de près de 200 000 € a été obtenu pour le traitement autour de Toulon, mais les militants affirment que les progrès à La Croix-Valmer sont au point mort.
L’AFP rapporte que seulement 10 000 € ont été récemment débloqués pour cartographier la propagation de l’infestation dans cette région.
Les scientifiques recherchent désormais également le soutien européen alors que des réductions imminentes du Fonds vert du gouvernement dans le cadre du budget proposé pour 2026.
Difficultés de traitement
Les efforts visant à éradiquer les fourmis ont également été compliqués par le manque d’insecticides efficaces approuvés en Europe.
Les pièges-appâts classiques vendus en France se révèlent largement inefficaces car les fourmis les évitent souvent.
Les chercheurs ont plutôt importé un insecticide australien appelé Campaign dans le cadre d’une exemption temporaire.
Les premiers essais utilisant des boîtes à appâts à Toulon ont donné des résultats décevants.
« L’insecticide australien que nous utilisons n’est pas idéal : il est très toxique, mais apparemment c’est le seul produit qui fonctionne », a déclaré M. Gomel.
Les autorités tentent désormais d’adopter une stratégie plus agressive déjà utilisée en Australie et à Hawaï, impliquant la dispersion directe d’insecticide sur les terres touchées, notamment par drone sur des terrains difficiles.
Plusieurs hectares devraient être traités cet été, mais les chercheurs estiment que l’éradication pourrait nécessiter au moins trois ans de traitement continu.
Inquiétudes concernant la propagation
Les fourmis sont probablement arrivées en France via des plantes importées ou des déchets verts.
L’analyse génétique suggère que les fourmis électriques trouvées dans le Var sont les mêmes que celles d’Israël et de Chypre, originaires d’Argentine et considérées comme plus résistantes au froid que leurs cousines tropicales. Cela a fait craindre que les fourmis ne se propagent éventuellement vers le nord.
L’expérience de la France avec d’autres espèces envahissantes – notamment le moustique tigre et le frelon asiatique – a accru les craintes que la possibilité de contenir l’insecte ne disparaisse rapidement.
« Nous n’avons pas encore suffisamment de recul », a déclaré M. Gomel. « Mais tout dépend de la rapidité avec laquelle nous réagirons maintenant. »
Que sont les fourmis électriques ?
Les fourmis électriques, également connues sous le nom de petites fourmis de feu, sont de minuscules insectes mesurant environ 1 à 2 mm et sont de couleur brun clair à roux.
Originaire d’Amérique du Sud, Wasmannia auropunctata est considérée comme l’une des pires espèces envahissantes au monde.
Leur piqûre, souvent comparée à un choc électrique, peut provoquer une douleur intense, un gonflement et, dans certains cas, des réactions allergiques ou un choc anaphylactique.
Dans les pays où l’espèce s’est largement répandue, des piqûres répétées autour des yeux ont provoqué la cécité chez les chats et les chiens.
Les fourmis sont également très destructrices des écosystèmes. Les chercheurs affirment qu’ils déplacent les insectes indigènes et attaquent les petits animaux, les nids d’oiseaux et les arthropodes.
Les autorités déconseillent de tenter un traitement avec des insecticides du commerce, qui sont généralement inefficaces.
Les observations suspectes doivent plutôt être signalées aux autorités ou organismes locaux, notamment Fredon PACA et l’Office français de la biodiversité.
