Mercure dans le thon en conserve : ce que montrent les tests en France

Les tests faisaient partie d’une campagne lancée par la célèbre marque Petit Navire

1 boîte de thon sur 10 dépasse le seuil réglementaire en mercure

Petit Navire, la marque française de thon en conserve, a lancé une campagne de transparence encourageant les consommateurs à envoyer leurs boîtes pour des tests de mercure gratuits. Que Choisir, une association française de consommateurs, a décidé d’y participer.

L’association a acheté deux boîtes de thon (une de thon germon et une de thon à nageoires jaunes), a rempli le questionnaire nécessaire et les a envoyées pour test dans le cadre de la campagne « Faites le test ».

Lorsque les résultats sont revenus, il a été confirmé que les canettes contenaient bien du mercure, bien que dans les limites réglementaires et aux niveaux autorisés à la vente. La première des deux boîtes testées (le thon germon) contenait 0,27 mg de mercure par kg de thon, tandis que la seconde en contenait 0,45 mg/kg.

La raison de cette concentration autorisée de mercure relativement élevée est que le thon est soumis à une norme plus élevée que celle appliquée à la plupart des autres poissons : 1 mg/kg contre 0,3 mg/kg pour certaines espèces de petits poissons (comme les anchois et les sardines) et 0,5 mg/kg pour la plupart des autres poissons.

Ces limites réglementaires s’appliquent aux produits de la pêche en général et sont basées sur la catégorie de poisson plutôt que sur la forme d’emballage (comme le poisson en conserve ou frais).

Bien que ces niveaux soient conformes à la réglementation, le mercure reste un problème de santé important. En fait, le métal est considéré comme « l’un des 10 produits chimiques les plus préoccupants pour notre santé », car il est associé à une toxicité pour le système nerveux central et peut affecter le développement cérébral des enfants qui y sont exposés avant la naissance ou peu de temps après.

De plus, les métaux lourds, dont le mercure, seraient présents dans presque tous les enfants et adultes en France, selon Santé publique Franceet se trouvent à des niveaux plus élevés que dans la plupart des autres pays européens.

Cette situation a conduit l’Agence française de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) à souligner ses inquiétudes concernant l’exposition au mercure et à recommander d’en limiter les apports, notamment pour les publics vulnérables. À l’heure actuelle, on estime que 890 000 enfants âgés de 3 à 17 ans dépassent les niveaux d’exposition recommandés, ainsi qu’environ 1,9 million d’adultes.

Cette campagne de transparence de Petit Navire s’est déroulée du 24 mars au 5 mai et a été lancée en réponse à une Rapport 2024 par les associations Bloom et Foodwatch, qui ont mis en évidence une contamination généralisée au mercure dans le thon et d’autres produits à base de poisson.

Selon Bloom et Foodwatch, 1 canette sur 10 dépasse le seuil légal.

Dans leur rapport intitulé « Poison in Fish », Bloom et Foodwatch ont analysé 148 boîtes de poisson provenant de plusieurs pays européens. Ils ont indiqué que tous contenaient du mercure, certains dépassant les limites réglementaires.

57 % des échantillons présentaient un taux de mercure supérieur à 0,3 mg/kg, et environ 1 échantillon sur 10 dépassait 1 mg/kg (la limite pour le thon).

Parmi eux, une boîte de Petit Navire achetée à Paris contenait 3,9 mg/kg de mercure (presque quatre fois la limite légale pour le thon).

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