Sarkozy est entré à La Santé pour y purger sa peine de cinq ans

Le privilège des élites : Sarkozy, 20 jours de prison ; les voleurs du Louvre, 25 ans

Vingt jours de prison contre des peines de sept à vingt-cinq ans, le privilège de ceux qui détenaient le pouvoir, par rapport aux criminels de droit commun. L’ancien président de la République française, Nicolas Sarkozy, est sorti de prison le 10 novembre après avoir passé seulement deux semaines, tandis que d’autres prisonniers, comme ceux arrêtés pour le vol du musée du Louvre, passeront plus de deux décennies derrière les barreaux.

Sarkozy a été reconnu coupable, ce que la cour d’appel tranchera en 2026 après l’appel de l’ancien président français, et condamné à cinq ans de prison pour complot, un délit passible dans le pays voisin d’une peine maximale de dix ans. Après avoir été reconnu coupable, il a été emprisonné, comme tant d’autres.



Le cas de l’ancien président français n’est pas un cas de détention préventive pour un homme prétendument innocent, mais dont on pense qu’il est capable de s’enfuir du pays pour échapper à toute sanction s’il est reconnu coupable. Il s’agit de la simple application du droit pénal après qu’une sentence a été prononcée.

Nicolas Sarkozy a même bénéficié d’une peine avec sursis et d’un peu plus d’un mois pour organiser ses affaires avant d’entrer au centre pénitentiaire de La Santé. Cependant, deux autres accusés du même complot n’ont pas subi le même sort, étant emprisonnés après l’audience du tribunal de septembre.

Mais Nicolas Sarkozy a fait appel le jour même de son entrée en lice. La Santémodifiant complètement sa situation juridique. Cet appel a paralysé l’exécution de sa peine et, bien qu’ayant été déclaré coupable, l’ancien président bénéficie à nouveau de la présomption d’innocence.

Cependant, l’emprisonnement, en l’occurrence provisoire, d’une personne encore considérée comme innocente suit les exigences posées par l’article 144 du Code de procédure pénale : la détention préventive doit constituer le seul moyen de préserver les preuves, d’éviter les pressions ou accords frauduleux entre éventuels complices, d’empêcher une évasion ou une nouvelle infraction de l’accusé, ou encore de protéger son intégrité.

C’est pourquoi la Chambre pénale de la Cour d’appel a conclu qu’il n’était pas indispensable de maintenir l’ancien président de Los Republicanos en détention provisoire afin de garantir l’impartialité de la procédure. Il a cependant exprimé quelques doutes puisque Sarkozy fait également l’objet d’une enquête pour recel présumé d’avoirs volés dans le cadre de subornation de témoins, puisqu’on lui attribue des pressions sur Ziad Takieddine, l’un des plaignants dans l’affaire liée à la Libye. Ainsi, Sarkozy a été libéré sous contrôle judiciaire.

Entre 3 et 20 ans de prison

Bien différente est la situation à laquelle sont confrontés les voleurs du musée du Louvre, allant jusqu’à quadrupler la peine infligée à l’ancien président de la République française. D’un point de vue pénal, le délit de vol peut entraîner des peines allant de trois à vingt ans de prison, toujours en fonction des circonstances de l’affaire. Dans ce cas, l’article 311-4-2 du Code pénal s’applique, qui prévoit que le vol d’un bien classé au patrimoine culturel est puni de sept ans d’emprisonnement et de 100 000 € d’amende.

Le parquet pourrait également qualifier d’arme la meuleuse d’angle, qui, selon la presse française, aurait pu être utilisée pour intimider un agent de sécurité. Si cette interprétation était acceptée, la peine potentielle serait considérablement plus élevée : jusqu’à vingt ans de prison et 150 000 euros d’amende. Toutefois, la considération d’un broyeur comme arme reste discutable.

A la punition des voleurs du Louvre pourraient s’ajouter des délits associés, comme les dommages causés à la couronne de l’impératrice Eugénie, que les auteurs ont laissé endommagée lors de leur évasion, et la vente ultérieure des objets volés.





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